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Danse

"À mon bel amour"… Urbain, classique, éclectique et artistique

C'est sous le prisme des danses urbaines, contemporaine et classique que la chorégraphe Anne Nguyen interroge les identités au travers du corps et de son rapport à l'espace où le waacking, le popping, le voguing, le locking et le krump portent leurs signatures au détour de pointes, de balancés, de lock et de bounce.



© Patrick Berger.
© Patrick Berger.
Noir sur scène, puis un groupe se détache dans une lumière tamisée qui vient dessiner les creux de leurs silhouettes. La musique démarre à un rythme effréné. Au début, tout est homogène, ils forment une seule et même entité dans une intimité qui est balayée par le tempo musical. Comme un pied-de-nez à la sensation scénique d'un sentiment intime qui s'extériorise violemment.

À tour de rôle, comme une réminiscence des années soixante, soixante-dix, quatre-vingt, le waacking, le popping, le voguing, le locking, le krump, en appui des danses contemporaine et classique, apparaissent autour d'un socle artistique commun dans lequel chacun vient se nourrir au même humus. Des différences ? Oui, bien sûr, dans le tempo, la gestique, le rapport au corps, à la scène et à l'autre, mais tout ceci puise dans un même objectif, celle de faire communiquer une sensation, un état d'âme, une volonté farouche ou timide de montrer quelque chose sur le plateau, un ce je-ne-sais-quoi qui fait de l'artiste un buvard aux émotions qui a besoin, pour notre plus grand plaisir, de s'épancher.

© Patrick Berger.
© Patrick Berger.
Chacune de ces expressions artistiques est une continuité, un point d'attache de ce qui les ressemble et les sépare. Quel point commun entre ce membre qui se raidit, cet autre qui s'élance ou celui-ci qui se décompose ? Celle d'une manifestation propre, à la fois intime et universelle pour, selon Anne Nguyen, "appartenir à une communauté, pour se sentir exister".

Sur les planches, elles sont comme des grandes sœurs. Le tempo scénographique de l'une est différent de celui des autres permettant de les mettre en exergue. Par intermittence, les interprètes dansent leur art ou le délaissent pour adopter celui de leurs voisin(e)s.

D'un côté, le corps avec ses bras élancés toujours attirés vers le haut, le buste presque altier. De l'autre, il se courbe, avec des mouvements très rapides, un positionnement mi-fixe, mi-fuyant et qui revient à son centre. Deux axes apparaissent avec pour le premier, des mouvements allongés, comme tenus par le temps, étirant les membres vers un ailleurs quand le second l'est accompagné d'une latitude plus petite et rapide.

Des mains et des poignets aux courbures cassées tournent autour d'un visage qui reste droit. Plus loin, ce sont des mouvements de tête pris d'un raidissement qui ensuite repart dans une souplesse et une direction à l'opposé de sa position initiale. Ils sont saccadés, comme brisés, le corps semblant se décomposer en avançant. La danse contemporaine laisse voir une gestuelle des bras qui enlace le torse à distance avec des jambes aux mouvements amples et très rapides suivis par des sauts et des pointes de danse classique.

© Patrick Berger.
© Patrick Berger.
Cassant à dessein le rythme, les déplacements de groupe sont synchronisés et très marqués au sol, la plante des pieds tapant sur les planches. Les costumes sont variés avec, là, des baskets, ici, des plantes de pieds à découvert, plus loin, un tronc nu habillé d'une veste, quand d'autres sont en civil ou en habit très décontracté.

Le rapport des uns aux autres est un chacun pour soi qui devient un ensemble lié où chaque membre incarne sa propre identité tout en étant en relation avec le groupe, comme pièces d'un même puzzle. L'art montre, avec délectation et gourmandise, des différences sans les outrepasser, dépassant avec délice, les frontières des egos.

"À mon bel amour"

© Patrick Berger.
© Patrick Berger.
Chorégraphie : Anne Nguyen.
Danseurs : Sonia Bel Hadj Brahim (waacking, popping), Arnaud Duprat (popping), Stéphane Gérard (voguing), Pascal Luce (popping, locking, waacking), Andréa Moufounda (danse contemporaine), Sibille Planques (danse contemporaine), Emilie Ouedraogo (krump), Tom Resseguier (danse classique).
Musiques originales : Jack Prest.
Stylisme : Manon Del Colle.
Création lumière : Ydir Acef.
Compagnie par Terre Anne Nguyen.
Durée : 1 h.

>> compagnieparterre.fr

Tournée
12 février 2020 : Theater Rotterdam, Rotterdam (Pays-Bas).
26 février 2020 : Festival Hip Opsession, La Soufflerie, Rezé (44)
.
29 février 2020 : La ferme du Buisson - Scène nationale, Noisiel (77).
19 mars 2020 : Festival Le Grand Bain (CDCN Roubaix), Salle Josiane Balasko, Chambly (60).
26 mars 2020 : Festival Le Grand Bain (CDCN Roubaix), Maison Folie Wazemmes, Lille (59).
12 mai 2020 : La Ferme de Bel Ébat, Guyancourt (78).
15 mai 2020 : Théâtre Molière – Scène nationale, Sète (34).
3 au 5 juin 2020 : La Villette - Salle Charlie Parker, Paris (75).

Safidin Alouache
Mardi 10 Décembre 2019

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Pour son quatrième album, Bernard Adamus, avec son style blues très marqué, fricote avec le rock pour nous mener vers le grand nord sur des chansons qui se nourrissent de différents tempos aux paroles truculentes.

Bernard Adamus
Bernard Adamus, d'origine polonaise, a débarqué à ses trois ans au Québec. Depuis maintenant plus de dix ans, il trace une ligne artistique saluée par la critique avec ses albums "Brun" (2009), "No2" (2012) et "Sorel soviet so what" (2015). Du premier jusqu'au dernier LP, "C'qui nous reste du Texas", la qualité est toujours chevillée aux accords.

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Les chœurs sont discrets bien que parfois appuyés comme pour "Chipotle". Certaines compositions telle que "L'erreur" excelle dans un blues avec la contrebasse de Simon Pagé très présente, accompagnée de quelques notes de piano pour rendre un son plus clair quand celui-ci est, à dessein, légèrement étouffé par des percussions. La voix monte haut perchée au refrain où claironne un saxophone donnant un tournis musical, tel le reflet d'un état d'âme où la tristesse se berce d'incompréhension. C'est dans ces cassures de rythme que se mêlent d'autres éléments musicaux et vocaux donnant une tessiture aboutie. Le début d'une chanson peut ainsi être décharné à dessein comme celui d'un désert, d'un seul à seul avec l'artiste.

Safidin Alouache
05/05/2020
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