La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
À l'affiche

● Avignon Off 2021 ● Peer Gynt est de retour ! Par la Cie Les Affamés - 04/06/2021

Parti sans le sou de sa Norvège natale à l'âge de vingt ans, Peer Gynt, le vaurien, le menteur, revient au pays des années plus tard, riche comme Crésus. Il a réussi sa vie. Il compte bien le faire savoir. Sur le pont du bateau qui le ramène chez lui, entre récits de ses multiples aventures et souvenirs de jeunesse, Peer se raconte. L'épopée tragi-comique d'un superbe menteur, parti se chercher...  

● Avignon Off 2021 ● En attendant Gadot par Robert Sullon - 03/06/2021

Directeurs et animateurs durant trente ans de plusieurs cafés-théâtres en Belgique, Alexandra et Robert Sullon se sont installés depuis quelques années à Avignon. "En attendant Gadot" est leur nouvelle création qui sera à l'affiche de l'Atypik Théâtre. À l’instar de la pièce de Beckett, des clowns Belges parlent de tout et de rien. "Pour bien parler de rien, il faut en parler comme si c’était...  

● Avignon Off 2021 ● Léonard de Vinci ou l'éternité d'un génie par Pierrette Dupoyet - 03/06/2021

Dans ce spectacle, c'est Léonard de Vinci chercheur audacieux, visionnaire, rêvant de faire s’envoler l’Homme au-dessus de sa condition que nous retrouvons… Nous suivons ce génie pas à pas dans sa quête de progrès jusqu'au crépuscule de sa vie, où il ne parvient plus, à son grand désespoir, à relire ses carnets de notes… Léonard de Vinci, visionnaire de génie, s'est passionné pour bien autre...  

● Avignon Off 2021 ● Acquittez-la ! par Pierrette Dupoyet - 31/05/2021

Alexandra L., femme battue depuis des années par son mari, finit par l'assassiner. Elle est passible de 20 ans de prison… Toutefois, le réquisitoire de l'Avocat Général va surprendre tout le monde… Ce récit nous plonge dans la spirale que vivent des milliers de femmes violentées qui, bâillonnées par la peur, se murent dans le silence… Quand le drame éclate au grand jour, les questions pleuvent :...  

Début d'année solidaire avec "Alice traverse le miroir" et "Political Mother Unplugged" au Théâtre de la Ville - 12/01/2021

Après les succès d'audience relevés en décembre, le Théâtre de la Ville poursuit sa diffusion de représentations filmées retransmises en direct et proposées gratuitement au public. Pour ce début janvier, c'est toujours "Alice traverse le miroir" qui est à "l'affiche", côté théâtre, et "Political Mother Unplugged", côté danse. Après l'opération Noël solidaire qui fut une réussite tant du point de...  

Entendre le théâtre… Un voyage sonore dans le théâtre français au XXe siècle - 25/02/2020

Le théâtre, au-delà de la scène, du plateau, de l'expression et des mouvements de ses protagonistes, de la représentation imagée, symbolique, imaginée des décors, c'est le texte, les sons, la musique et la voix, les voix… Le théâtre peut donc être écouté… et a été écouté ! Dans l'exercice de son rôle patrimonial, la BnF (associée au CNRS) crée un site et une série de podcasts dédiés à la...  

● Avignon Off 2019 ● Le Dernier Ogre par la Cie Le Cri de l'Armoire - 17/06/2019

Entre slam, concert et live painting, une mise en abîme de la figure de l'ogre traversée par le récit d'une famille d'aujourd'hui. Face A : un ogre raconte, l'irruption de sept garçons dans sa maison. Face B : un homme explique sa décision de partir de la ville avec sa famille, pour tenter un changement radical de mode de vie. Les deux histoires se télescopent et font apparaître une motivation...  

● Avignon Off 2019 ● Envers par la Cie La Mazane - 16/06/2019

La vision de la danse de Marie Fulconis, 23 ans, mêle tendresse et dureté. Dans ses chorégraphies, le mouvement abstrait laisse apparaître les émotions. Sa recherche repose sur un véritable travail psychologique mettant à nu les interprètes. Entre Paris et Montréal, les danseuses ont une double culture de la danse qu'elles s'amusent à entre-mêler. "Envers" est un trio qui danse pour proposer au...  

● Avignon Off 2019 ● Guerre, et si ça nous arrivait ? par le Théâtre du Rictus - 16/06/2019

Imagine… Et si, aujourd'hui, il y avait la guerre en France… Où irais-tu ? Astucieusement et sans violence, le texte entraîne les spectateurs dans un voyage qui les mène de l'autre côté de la Méditerranée. Ils sont alors confrontés à une nouvelle vie, une culture qu'ils ne connaissent ni ne comprennent et deviennent ainsi l'objet de clichés, voire de rejet. De cette inversion du parcours des...  

● Avignon Off 2019 ● 68 Mon Amour par la Cie Vue sur Scène - 16/06/2019

Dans "68 Mon Amour", Roger Lombardot règle leur compte aux mythes et aux clichés qu'on a bien voulus ressasser jusqu'à la nausée. Il témoigne avec force de ce qui fut pour lui une re-naissance, de cette utopie dont nous avons bien besoin aujourd'hui. C'est aussi le début d'un amour qui a traversé le temps, l'amour pour la femme de sa vie. Ludovic Salvador nous fait vivre la jeunesse de Roger avec...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022