La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
À l'affiche

● Avignon Off 2021 ● Boxing Shadows Par la Cie Isabelle Starkier - Star Théâtre - 03/07/2021

Une jeune migrante gagne sa vie en volant dans le métro. Un homme d'une soixantaine d'années se fait dérober son portefeuille. Ils habitent le même immeuble. Rencontre entre une jeunesse fragilisée en proie à une révolte sans but et un ancien boxeur devenu bibliothécaire en proie à la solitude et à l'ennui. Histoire d'une transmission : il lui apprend à transformer sa rage grâce à l'apprentissage...  

● Avignon Off 2021 ● Rhinocéros D'après Eugène Ionesco - 29/06/2021

"Rhinocéros" alerte sur les dangers de l'uniformisation et du totalitarisme. Dans un cirque, alors qu'un logicien-trapéziste disserte sur le syllogisme : "Tous les chats sont mortels, Socrate est mortel, donc Socrate est un chat", les humains se métamorphosent en bêtes puissantes et bornées, au mépris de l'humanité. Une fable d'une singularité hypnotisante. Au sortir de la guerre, Ionesco compose...  

● Avignon Off 2021 ● Mais je suis un ours ! D'après Frank Tashlin - 29/06/2021

Un jour, un ours s'endort dans une caverne pour l'hiver. Au printemps, quand il se réveille, une usine est construite juste au-dessus. Il ne reconnaît rien. Plus de forêt, plus d'herbes, et plus de fleurs ! Personne n'accepte de croire qu'il est un ours et on le met au travail à l'usine… et c'est ainsi que l'Ours ne sait plus qui il est… Une fable écologique qui dit l'absurdité de travail à la...  

● Avignon Off 2021 ● Je veux voir Mioussov D'après Valentin Kataïev - 28/06/2021

Un vaudeville soviétique burlesque et délirant. Dans la maison de "repos", Les Tournesols, des pensionnaires "hors-sol", courent dans tous les sens à la recherche du pauvre Mioussov venu se reposer le temps d'un week-end. Tout le monde se fait passer pour ce qu'il n'est pas. Entre Feydeau et Kafka, Alfred Jarry et les Marx Brothers. Incontrôlables et virevoltants, ils veulent tous… voir Mioussov...  

● Avignon Off 2021 ● Elle(s) Texte et mise en scène de Patrick Dray - 26/06/2021

Angela Davis, Olympe de Gouges, Nina Simone, Simone Veil, Myriam Makeba, Françoise Giroud, Simone de Beauvoir, Franca Viola, Georges Sand, Colette, Marie Curie, Hedy Lamarr, Louise Michel, Marguerite Duras, Nellie Bly, Christiane Taubira, Suzanne Buisson… et beaucoup d'autres encore ont ouvert la voie. Toutes ces femmes en une seule. Un seule en scène pour parler d'Elle(s). Sept ans aujourd'hui,...  

● Avignon Off 2021 ● Hommes Par la Compagnie du Soleil Noir - 23/06/2021

Qu'est-ce qu'un homme ? Un dominant viril et déterminé comme on en voit partout à la télé ? Ou une pluralité d'individus avec des doutes, des interrogations, des craintes, qui doivent sans cesse se comparer à cet idéal de virilité auquel ils ne ressemblent pas ? "Hommes" est un seul en scène drôle et tendre qui présente sept personnages masculins à différents âges : un petit garçon qui ne...  

● Avignon Off 2021 ● Darwin Factory Par David Levet - 23/06/2021

Chroniques simiennes pleines d'humanité. Librement inspiré par l'univers de Franz Kafka, "Darwin Factory" vous propose un voyage décalé, entre bestialité et humanité, à travers la curieuse destinée d'un singe qui choisit volontairement d'évoluer vers le genre humain pour échapper à la captivité dans laquelle les hommes l'ont plongé. Mais cela en valait-il la peine ? Darwin Factory offre la...  

● Avignon Off 2021 ● (Toujours) Deux Par David Delabrosse - 22/06/2021

Entre fiction et récit autobiographique, "(Toujours) Deux" est un concert mêlant chansons, vidéos, et apartés avec le public… à la croisée de la musique, du récit et du mapping vidéo. Ce récit musical aborde le thème de la dualité et de la réminiscence à travers la relation d'enfance entre deux frères jumeaux, celle de leurs parents ou d'un couple séparé. Cette dualité s'incarne sur scène grâce...  

● Avignon Off 2021 ● Comment Virginie D. a sauvé ma vie De et par Corinne Merle - 21/06/2021

Performance ! Un texte percutant incarné par l’autrice du texte, avec des extraits de King Kong Théorie de Virginie Despentes. Une petite fille, une mère, une grand-mère, une femme libre, racontent avec humour et rage son histoire avec les hommes. Des moments de vie portés par des personnages féminins qui ont subi le viol, le harcèlement de rue, la surcharge mentale. C’est décapant, émouvant,...  

● Avignon Off 2021 ● Accusé·e Par la Cie La Baronnerie - 17/06/2021

Une pièce d'une grande puissance émotionnelle. Une pièce coup de poing, malheureusement d'actualité, qui va placer le spectateur au cœur d'un procès en assises pour viol où la victime va se sentir devenir l'accusée. Louise Leduc est violée sous l'emprise de la drogue par Gaspard Valeur. Suite à ce drame qui déchire sa vie, plongez dans l'intimité du procès en assises de son violeur, mais procès...  
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À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

"Marilyn Inside" Dévoiler Marilyn pour tenter de retrouver l'intimité secrète de Norma Jean

Qui était-elle, réellement ? Être dual, aux structures intimes complexes, celles d'une âme en quête de sérénité, de sincérité. D'un côté Marilyn, sex-symbol fabriqué par le cinéma hollywoodien des années cinquante, ou Norma Jeane, femme-enfant à la vie chaotique, ballotée entre une mère atteinte de troubles psychologiques graves et les placements dans de multiples familles d'accueil. Confrontation ou rencontre imaginaire entre ces deux fantômes, souvenirs de ces deux réalités successives, tentative de traversée du miroir, c'est ce que nous propose l'étonnant et réussi "Marylin Inside".

© Clarisse Bianco.
Incarnation féminine idéalisée jusqu'à en devenir une icône planétaire, tempête sensuelle à la robe blanche virevoltante, blonde écervelée à la jeunesse intemporelle… Elle fut tout cela tout en restant une femme mystérieuse, secrète que seules la captation de regards fugaces, la perception de fragiles coups d'œil éphémères laissaient deviner. Actrice quasi vénérée malgré ses extravagances conjugales, ses dépressions et, parfois, ses excès de consommation d'alcool et/ou de médicaments, elle était à la fois saisissante et insaisissable.

L'auteure, Céline Barcaroli, nous propose une traversée intérieure dans la dualité d'une femme publique où se confronte et se rencontre les deux faces de celle qui bouleversa à jamais la représentation cinématographique féminine - registre "blonde incendiaire" - tout en exposant involontairement, puis volontairement, ce que peuvent être les fragilités et les failles d'un être sublimé. Son propos, fondé sur du réel, nous emporte dans le fictionnel pour effleurer, parfois approcher, ce qu'ont pu être les mystères, les fêlures indicibles, les tourments naissant d'une continuelle et insatiable quête d'amour.

Gil Chauveau
01/10/2021
Spectacle à la Une

"L'âne et la carotte"… Siège de chaises !

Dans un spectacle qui mêle l'humour à la réflexion, Lucho Smit se livre à une série de numéros circassiens où, autour d'un récit, l'artiste raconte ses doutes, sa vision du monde et celle du cirque.

© František Ortmann - Letní Letná.
L'un des nombreux attraits du nouveau cirque, nommé aussi cirque contemporain, est sa capacité à surprendre et à faire découvrir aux spectateurs des arts de la scène aussi différents que du théâtre, de la chanson et/ou de la musique en plus des acrobaties. Le décor est aussi très important. Dans "L'âne & la carotte", le plateau découvre une colonne de chaises, ce dernier élément étant la matrice même de la scénographie. Ionesco aurait pu se retrouver dans celle-ci où leur amoncellement tient lieu d'œuvres de construction.

Lucho Smit tient l'équilibre pour un art, mais aussi pour une compagne du déséquilibre, les deux sont sœurs d'armes à chaque instant dans sa création. Cela démarre en trombe dans une course sur des chaises où celles-ci s'écroulent bien que l'artiste finisse assis sur la dernière de la rangée. Ce pourrait être le résumé de la représentation. Tout est en équilibre au travers des déséquilibres et s'il ne devait en restait qu'un, ce serait une et elle aurait quatre pieds et un dossier.

La voix off de Lucho Smit accompagne le spectacle pour raconter ses états d'âme, sa vision du monde et du cirque. On peut aimer cette narration comme en être agacé. J'ai eu les deux sentiments, agacé au début puis intéressé par le récit à la fin avec quelques longueurs toutefois. Les choses sont dites avec humour, même si ce n'est pas là où il excelle le plus, l'acrobatie du trait d'esprit n'étant pas celui du corps.

Safidin Alouache
05/10/2021