La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
À l'affiche

29/04 au 19/06/2011, Vingtième Théâtre, Paris, "Les Fourberies de Scapin"

N’ayant pour balancier que sa baguette magique, Scapin déploie ses acrobaties sur le ciel étoilé de Naples. Auteur, acteur, metteur en scène, montreur de marionnettes, le maître illusionniste conçoit les postiches, noue et dénoue les intrigues, donne vie et voix à des ombres, à des personnages. Scapin, prince des miracles ! Le génie même du théâtre ?



29/04 au 19/06/2011, Vingtième Théâtre, Paris, "Les Fourberies de Scapin"
Ennuyé de l’Olympe, le prince des chats décida un jour de faire voyage parmi les hommes. Descendu dans un port, il n’y posa pourtant qu’une sandale : l’autre restait suspendue dans les airs, toute prête au vol, à l’escapade. Il avait choisi Naples, pour la douceur de l’air et le charme du ciel. C’est là que par une nuit sans lune, juché sur une rambarde, il vit passer les baladins.
Il n’eut à faire qu’un bon pour se hisser sur leur tréteau fragile. Il inventa un fil, y sauta… et déploya sur le ciel étoilé tout l’art du funambule.
Émerveillés, les Comédiens de l’Art le reconnurent : Hermès, le polytrope ! Ils lui firent allégeance, et en apprirent les tours.

"La nymphe Maïa mit au monde un fils ingénieux et subtil : le Brigand, le Ravisseur de bœufs, l’Introducteur des songes, le Guetteur nocturne, le Rôdeur des portes. Il devait bientôt étonner les dieux Immortels de sa brillance. Né le matin, il jouait de la cithare dès le milieu du jour et, le soir… dérobait les vaches de l’Archer Apollon."
Hymne à Hermès

Plus qu’un comique terrien dans la tradition française de la farce, Scapin nous semble un funambule. N’ayant pour balancier que sa baguette magique, le prince des miracles déploie ses acrobaties sur le ciel étoilé de Naples.

"Le ciel s’habillera ce soir en Scaramouche !"

Scapin est frère de Prospéro… de Peter Pan : il règne comme eux sur une île enchantée, qu’il peuple de mirages. Auteur, acteur, improvisateur, metteur en scène, montreur de marionnettes, le maître illusionniste conçoit les postiches, invente, noue et dénoue les intrigues, donne vie à des voix, à des personnages…
On pourrait le prendre pour une de ces rugueuses canailles des ports qui hantent les quais à l’affût de quelque mauvais coup. Méfiance ! le fourbe s’est déguisé en fourbe. Sous le masque trompeur, c’est la force cosmique qui s’incarne.

Le mot "furbo" déploie ses harmoniques au carrefour de la duperie et de la brillance, de ce qu’on cache… et de ce que l’on montre…
Scapin le montreur d’ombre, le génie-même du théâtre…

"Dans le sac ridicule où Scapin s’enveloppe
Je ne reconnais pas l’auteur du Misanthrope…"


Ce distique dicton de Boileau-Despréaux, voici bientôt trois cents ans qu’on nous le serine. Est-il en rien fondé ? Laissons à d’autres le soin d’en décider. Peu préoccupé des impératifs de la raison raisonnante, l’art du comédien prend son essor sur les terres libres du sentiment et de l’imaginaire. Ce qui nous fait nous écrier dans un élan sans fin :

"Dans le sac ridicule où Scapin s’enveloppe
J’admire éperdument l’auteur du Misanthrope…"

Louis Jouvet

Texte : Molière.
Mise en scène : Jacques Bachelier.
Avec : Jacques Bachelier, Caterina Autelitano, Juliette Biry, Pauline Laulhe, Pierre Mirgaine, Jules Pan, Marc Schweyer, Frédéric Schalck, Yvon Wust.
Coréalisation : Vingtième Théâtre, La Mesnie H et Le PréO.

Du 29 avril au 19 juin 2011.
Du mercredi au samedi à 21 h 30 et Dimanche à 17 h 30.
Vingtième Théâtre, Paris 20e, M° Ménilmontant, 01 43 66 01 13.
www.vingtiemetheatre.com

Annonce
Lundi 2 Mai 2011

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2018 | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives



Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


PUB


    Aucun événement à cette date.
Publicité



À découvrir

"Dévaste-moi"… Persuasion et précision artistique… Pour une nouvelle façon de percevoir un spectacle

"Dévaste-moi", Tournée 2018/2019

Airs célèbres d'opéra, chansons rock, romances populaires. Dans son dernier spectacle "Dévaste moi"*, Emmanuelle Laborit chante et danse, livre des confidences à son public, elle fait le show. Avec ses musicos, (ses boys), tout le tralala et ses effets, les surtitrages qui ponctuent avec humour le tour de chant.

Elle met en place avec le soutien de Johanny Bert (qui met en scène) une forme éclectique de théâtre-danse et de music-hall mêlés. Le spectacle est à bien des égards vertigineux.

C'est que, au cas présent, l'artiste ne peut parler ni entendre les sons. Les mots et le sens ne peuvent pas sortir de la bouche. Tout le spectacle est en langage des signes. Interprété, pas traduit. En chantsigne.

Ce qui donne quelque chose de déroutant d'étonnamment maîtrisé qui dépasse très largement la notion de mimodrame et oblige le spectateur qui fait parti des "entendants" à reconsidérer sa manière de percevoir un spectacle.

Car à l'inverse des repères traditionnels qui élaborent un espace scénique dans lequel le sens circule entre les deux bornes de l'indicible : celles de l'obscène et du sublime, la prestation d'Emmanuelle Laborit passe par le bout des doigts et se transmet à tout le corps sans tabous avec la seule force de la persuasion et de la précision artistique. C'est toute la personne qui exprime le poids des sensations, la raison des sentiments ainsi que les effets de style.

Jean Grapin
20/09/2018
Spectacle à la Une

Le retour en grâce des "Huguenots" à Paris

Le retour des "Huguenots" de Meyerbeer sur la scène de l'Opéra de Paris est un des événements marquants de la commémoration des 350 ans de la noble maison. En dépit de contrariétés dues à des défections de dernière minute, le spectacle tient son rang et fait sonner de nouveau (à juste titre) les trompettes de la notoriété d'un compositeur longtemps oublié.

Le retour en grâce des
Le grand opéra à la française - un genre à la charnière de deux styles, celui du Bel Canto et du Romantisme - a fait les délices du public de la Monarchie de Juillet et bien au delà. Les opéras de la période française de Giacomo Meyerbeer ont en effet été parmi les plus joués et acclamés au XIXe et au début du XXe siècle.

Ouvrant la voie aux triomphes des Verdi, Offenbach, Gounod et autres Wagner, l'œuvre du compositeur allemand a par la suite subi un effacement presque total des scènes - nonobstant quelques rares reprises dont celle des "Huguenots" à l'Opéra national du Rhin (1), il y a un peu plus de cinq ans. On peut s'interroger à l'infini sur les raisons d'une telle désaffection (coût des productions, difficultés à trouver les chanteurs compétents, entre autres), mais on peut être assuré d'une chose : le nouveau spectacle de l'Opéra de Paris redonne aujourd'hui ses lettres de noblesse à une œuvre qui n'est pas sans attraits.

D'abord l'opéra lui-même est une sorte de super production d'avant l'invention du cinéma avec ses quatre heures de musique dédiées à un sujet historique (La Nuit de la Saint-Barthélémy en août 1572), une intrigue implexe trahissant sans vergogne la grande Histoire, avec ses chœurs impressionnants et ses sept rôles principaux nécessitant de solides chanteurs - sans oublier les nombreux figurants et un ballet ornant des tableaux qui doivent impressionner ou charmer. Et les bonnes surprises ne manquent pas à la (re)découverte de ces "Huguenots", qui furent le deuxième triomphe parisien d'un compositeur qui régna de son vivant sur Paris sans partage (2).

Christine Ducq
08/10/2018
Sortie à la Une

Une forme de miroir contemporain avec ses diaboliques bobards… façon fake news

"Le Maître et Marguerite", Tournée 2018/2019

"Le Maître et Marguerite" de Mikhaïl Boulgakov, c'est Dostoïevski, Gogol et Tchekhov réunis. Un roman qui est un désir de théâtre. Désir qu'Igor Mendjinsky exauce avec talent dans l'adaptation qu'il propose.

Une forme de miroir contemporain avec ses diaboliques bobards… façon fake news
C'est une nuit de pleine lune, une nuit de plein été, et dans Moscou, certains, nombreux, rencontrent des chats qui parlent. Un homme meurt décapité par un tramway, une jeune femme meurt à l'autre bout de la ville. Un écrivain voit son œuvre raillée et censurée. Une jeune femme à la tête romanesque quitte son mari et son ennui à la recherche d'un maître. Un dramaturge qui a écrit une pièce sur Jésus et Ponce Pilate, témoin de tout cela, se trouve enfermé chez les fous. Une sorcière chevauche un balai.

Les récits se choquent, cahotent et s'amplifient jusqu'à l'absurde, jusqu'à l'inquiétude.

C'est que c'est le diable qui mène la danse, sème le désordre, installe une autre réalité, la Sienne, qui dissout toutes les autres. Le Surnaturel s'impose. Ce qui est des plus réjouissant.

Et dans cette nuit de pleine lune, l'ombre d'un pouvoir s'étend sur la ville. Comprenne qui pourra.

Jean Grapin
21/05/2018