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Théâtre

"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.



© Romain Dumazer.
© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

Éberlué par tant de perspicacité bienveillante mais non moins mordante, on jubile… Rien ne nous est épargné du grotesque qui sous-tend les comportements de la meute de ces (braves) gens commentant avidement la cavale du dangereux mécréant ayant bravé l'interdit suprême des fidèles du "Temple de la consumation". Et si le trait est grossi à l'envi, il déforme à peine la réalité des travers.

© Romain Dumazer.
© Romain Dumazer.
La caissière assurant le soutien psychologique de sa jeune collègue traumatisée par ce "drame", la police scientifique chargée d'analyser le poireau pour relever l'ADN du fuyard, la famille béate chantant des bluettes sur la route des vacances avec à son bord le fuyard incognito, l'interview des incontournables spécialistes sur un plateau de télé, le micro-trottoir réalisé avec la voisine inénarrable, la journaliste commentant en direct, les pieds dans les intempéries, les non-informations, la rencontre désopilante avec son amour de jeunesse… quelques-unes des figures de style balisant ce road movie au parfum carnavalesque.

Quant à la chute, elle sera le point d'orgue de cette fugue musicale. Le fuyard repris de justice sera soumis à une peine le propulsant à son corps défendant là-haut sous les sunlights, éclairant du même coup les curieuses onomatopées de l'énigme initiale. Sans une once de vulgarité, avec le sens juste du décalage et de l'absurde qui en résulte, "Zaï Zaï Zaï Zaï" est - à plus d'un titre - une découverte réjouissante, "à consommer" sans réserve aucune.

A été joué le jeudi 15 octobre 2020 au Cube à Villenave-d'Ornon (33) dans le cadre du FAB (2 au 17 octobre2020).

"Zaï Zaï Zaï Zaï"

Texte : Fabcaro (Édition 6 Pieds Sous Terre].
Mise en scène : Angélique Ovain.
Avec : Paul Audebert, Pierre Bedouet, Bertrand Cauchois, Clara Frère, Florence Gerondeau, Jeanne Michel, Valentin Naulin, Lucie Raimbault.
Lumière : Paul Bodet, David Mastretta.
Son : Pierre Morin, Jonathan Pervern.
Musique : Arnaud Edel, Jean-Pierre Pavis, Amaury Romé.
Mash-Up Production.
Durée : 1 h 10.
À partir de 13 ans.

Tournée 2020/2021

9 et 10 décembre 2020 : Pôle culturel des Coëvrons, Salle des Fêtes, Évron (53).
23 janvier 2021 : Le Plessis Sévigné, Argentré-du-Plessis (35).
1er et 2 avril 2021 : Onyx - Maison des Arts, Saint-Herblain (44).
10 avril 2021 : Quai des Arts, Pornichet (44).
11 mai 2021 : Espace Culturel René Monory, Loudun (86).
21 mai 2021 : Le Quatrain, Haute-Goulaine (44).

Yves Kafka
Jeudi 29 Octobre 2020

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

© David Dubost.
De la guerre, de la fuite, de l'exil peut naître la folie. Lorsque l'on a vu sa famille, tous ceux que l'on aime se faire tuer, quand on a tout perdu, perdre la raison peut devenir un refuge, un acte de survie, une tentative désespérée de renaissance en s'inventant une nouvelle histoire…

Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.

Tout commença un matin où son fils, sa belle-fille et sa petite fille s'étaient rendus dans les rizières. Cette année-là, la guerre faisait rage. Ils sont tués durant leur travail. Tao Linh récupère sa petite fille, Sang diû (Matin doux) 10 mois - elle a les yeux de son père (son fils), dit-il - et entreprend une épuisante traversée, à l'horizon une terre occidentale. Apprivoiser ce nouveau pays, ces gens inconnus, cette promiscuité dans ce centre d'accueil pour émigrés. Puis, au bout d'un moment, se résoudre, se décider à sortir pour découvrir cette ville qui l'accueille.

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Gil Chauveau
09/09/2020
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"Les Dodos" Virtuoses aux agrès comme aux guitares… pour des envolées poétiques et musicales, sensibles et rebelles !

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© Aristide Barraud.
Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

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Gil Chauveau
17/09/2020
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"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

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Gil Chauveau
31/08/2020