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Lyrique

"La vie parisienne" Un opéra bouffe d'Offenbach chaleureux et coloré où le chant et l'humour font jeu égal avec la danse !

L'opéra bouffe d'Offenbach revient sur les planches dans une mise en scène de Valérie Lesort enjouée, où la scénographie et les costumes donnent le ton en colorant le jeu. L'enthousiasme est porté par toute la troupe, dont Benjamin Lavernhe, où le physique et le comique font alliance dans une société du Second Empire aux relents sexistes.



© Thomas Amouroux.
© Thomas Amouroux.
C'est avant tout un plateau et une scénographie composée de très beaux décors d'Éric Ruf qui se découvrent à la première scène. Raoul de Gardefeu (Benjamin Lavernhe) ouvre le bal et déploie un enthousiasme, un humour et une audace de jeu où le physique et la voix sont aux premières loges. Sans verser dans la caricature, les comédiens posent physiquement, à chacune de leurs entrées, leurs caractères. La mise en scène de Valérie Lesort marque en effet, pour chacun d'entre eux, un périmètre scénique porté par leur présence physique et vocale.

Tout est dans une représentation, voire un affichage, des personnages qui se décline autant par leurs échelons sociaux que leurs gestiques. Les sourires sont souvent ironiques et les rires sarcastiques ou de satisfaction. Les expressions sont des inflexions, voire fréquemment des catalyseurs à une entrée sur scène, à une humeur ou à une mise en situation.

Dans ce monde du Second Empire où le statut social est une carte de visite qui peut ouvrir ou fermer des portes, les protagonistes sont dominants ou dominés. Les superbes costumes de Vanessa Sannino, de couleurs vives, sont un repère qui les définit. Ils sont taillés, à dessein, dans des coupes fantaisistes et tape-à-l'œil, donnant ainsi un relief à chaque caractère avant même qu'il n'ait dit le moindre mot.

© Thomas Amouroux.
© Thomas Amouroux.
Ainsi, chaque entrée sur scène est un événement en soi, toujours comique. Les attitudes, postures, gestiques et mimiques accompagnent presque chaque début de répliques. Les protagonistes montrent ce qu'ils sont socialement pour mieux cacher qui ils sont réellement. L'œuvre étale l'hypocrisie d'une société dans laquelle on montre ce qu'on n'a pas et où on cache ce qu'on est. On se maquille de politesses feintes pour mieux cacher ses vices et ses travers.

Au travers d'une conquête amoureuse très intéressée où, avec quasiment tous les personnages masculins, les envies sexuelles sont à chaque coin de scène et de porte, les mécanismes dominés/dominants, avec la femme utilisée comme maîtresse, sont visibles comme un nez au milieu du visage. Le corps devient ainsi un élément d'accaparement avec touchers et contacts physiques. Il véhicule, au premier abord, une présence, puis un territoire et une ambition, celle d'être et de se montrer.

"La vie parisienne" est un opéra bouffe de Jacques Offenbach, sur un livret de Henri Meilhac et de Ludovic Halévy. Créé le 31 octobre 1866 au théâtre du Palais-Royal, une deuxième version a été adaptée le 25 septembre 1873 au théâtre des Variétés en quatre actes. C'est gai, comique et enjoué avec plusieurs entrées artistiques qui sont le chant, la danse et le théâtre. On y redécouvre un grand standard avec le rondo du Brésilien "Je suis Brésilien, j'ai de l'or" chanté et incarné par Serge Bagdassarian.

© Thomas Amouroux.
© Thomas Amouroux.
Ça danse, ça bouge sans que les chorégraphies de Rémi Boissy ne soient, à dessein, complexes. D'une simplicité comme il sied, elles sont surtout le lieu de synchronisation créant une gaieté et un effet de groupe. Le jeu théâtral est très physique, la plupart des personnages masculins jouant le mâle alpha. Les femmes sont aussi bien objets de convoitise sexuelle que parfois sociales. C'est le Paris du Second Empire avec une lutte du pouvoir et le sexe aux commandes. La subtilité des relations n'est gouvernée que par l'ambition d'un corps ou d'une place.
◙ Safidin Alouache

"La vie parisienne"

© Thomas Amouroux.
© Thomas Amouroux.
Opéra bouffe en quatre actes de Jacques Offenbach.
Livret : Henri Meilhac et Ludovic Halévy.
Direction musicale : Alexandra Cravero.
Mise en scène : Valérie Lesort.
Décors : Éric Ruf.
Costumes : Vanessa Sannino.
Chorégraphie : Rémi Boissy.
Lumières : Pascal Laajili.
Création des prothèses, volumes et marionnettes : Carole Allemand.
Collaboration à la création des prothèses, volumes et marionnettes : Valérie Lesort.
Concepteur effets son : Dominique Bataille.
Design sonore : Stéphane Ozkeritzian.
Coaching mouvement animal : Cyril Casmèze - Cie du Singe Debout.
Avec la troupe de la Comédie-Française : Véronique Vella, Elsa Lepoivre, Serge Bagdassarian, Christian Hecq, Nicolas Lormeau, Jérémy Lopez, Benjamin Lavernhe, Yoann Gasiorowski, Marie Oppert, Alphonse Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty, Mélissa Polonie.
Danseuses et danseurs : Rita Alves, Adèle Atay Petit, Jeanne Baudrier, Verdiano Cassone, Kevin Franc, Julie Galopin, Benjamin Gouy-Pailler, Joël-Elisée Konan, Justine Volo, Marta Zollet.
Choeur : Ensemble La Marquise.
Cheffe de choeur : Lucie Rueda.
Orchestre de Chambre de Paris (du 12 au 24 juin).
Les Frivolités Parisiennes (du 27 juin au 11 juillet).
Les décors et costumes ont été réalisés conjointement par la Comédie-Française et le Théâtre du Châtelet.
Durée : 2 h 30 avec entracte.

Du 12 juin au 11 juillet 2026.
Du lundi au samedi à 19 h 30 sauf jeudi, dimanche à 15 h.
1, Place du Châtelet, Paris 1er.
Réservation : 01 40 28 28 40.
>> Billetterie en ligne
>> chatelet.com

© Thomas Amouroux.
© Thomas Amouroux.

Safidin Alouache
Mercredi 1 Juillet 2026

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