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RV du Jour

Confinement… Et si nous en prenions pour plusieurs années : fiction ou réalité ? Non, science-fiction !

Au temps des veillées, puis des feuilletons et lectures radiophoniques, nos oreilles étaient le principal récepteur du théâtre, des contes, des aventures extraordinaires, des histoires romantique, policière, de science-fiction. Nos imaginaires se construisaient en vagabondant sur les chemins vocaux créés par des artistes narrateurs. Aujourd'hui, ces vecteurs sonores s'appellent des podcasts. En cette période d'enfermement, nous en avons choisi un qui redonne de la liberté à nos rêves, en embarquant pour des voyages romancés vers des sphères "science-fictionnelles".



"GLOBAL 404", un podcast de science-fiction - 12 épisodes d'environ 12 minutes - écrit par Pierre-Étienne Vilbert durant le confinement 2020.

Histoire :
2029. Le confinement dure depuis 9 ans. Il a été baptisé I.N.O.S. Le jeu vidéo a pris une place considérable dans la vie de tous. Les championnats représentent une occasion d'obtenir des "crédits" qui permettent une certaine liberté de déplacement.

Grégoire Python, surnommé, Py, est concepteur d'applications mobiles, le jour, et lanceur d'alerte, la nuit. Ermite et obstiné, il travaille depuis des années à créer SYANN, une Intelligence Artificielle (I.A.) dotée d'une pensée autonome. Dans une société de la surveillance, où la liberté de chacun est fortement menacée, cette I.A. représenterait une puissante alliée. L'histoire commence le jour où celle-ci "prend vie", révélant à Py bien plus qu'il ne l'avait imaginé.

Pierre-Étienne Vilbert © DR.
Pierre-Étienne Vilbert © DR.
C'est captivant dès les premières minutes. La richesse des ambiances sonores (bruitages et musiques) soutient et accompagne intelligemment la narration et permet une immersion immédiate dans cette dystopie où la surveillance est devenue omniprésente. La qualité d'enregistrement, le jeu des comédiens donnent de la matière, du relief à chaque séquence, lieu, atmosphère qui sont reconstitués.

Ce monde fictionnel imaginé par Pierre-Étienne Vilbert entre de manière inquiétante en résonance avec ce que nous vivons actuellement. Isolement pour beaucoup, mais aussi création de microcosmes pour certains, notamment ceux vivant dans un immeuble. Et ici sont notamment questionnées la relation à l'autre, la nécessité d'une solidarité, d'une bonne entente…

Au final, plein d’humour et d’espérance, le récit de GLOBAL 404 questionne l’importance de renouer avec un véritable esprit de fraternité. Seule issue pour bâtir une société qui soit plus juste et plus vivable, mais surtout respectant la liberté de l’individu.

"GLOBAL 404"
Texte, réalisation, montage et mixage : Pierre-Étienne Vilbert.
Avec : Anaïs Aouat, Azzedine Benamara, Caroline Berliner, Laure Brillaud, Simon Drahonnet, Eugène Egle, Estelle Franco, Chloé Larrère, Romain Pivard, Delphine Prouteau, François Sauveur, Vincent Sornaga, Naïma Triboulet, Alexandre Trocki, Pierre-Étienne Vilbert.
Produit avec le soutien d'INFILIGNES.

Pour écouter "GLOBAL 404" :
>> podcast.ausha.co/global-404

Gil Chauveau
Samedi 21 Novembre 2020

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"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

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© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021