La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Lyrique

"Un Amour en guerre" à l'Opéra-Théâtre de Metz

Événement à Metz et seule création d'opéra dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, "Un Amour en guerre" de la compositrice Caroline Glory va permettre de retrouver deux de nos chanteurs préférés : Nathalie Manfrino et Sébastien Guèze. Attention deux seules dates sont prévues les 24 et 26 octobre 2014.



Photo de répétition © Opéra-Théâtre de Metz
Photo de répétition © Opéra-Théâtre de Metz
Une surprise de taille pour cette création lyrique, c'est Patrick Poivre d'Arvor qui s'est vu proposer par Caroline Glory d'écrire le livret de cette œuvre destinée à rendre hommage aux souffrances des Poilus et de leurs proches. Un défi pour le journaliste et romancier relevé sans hésitation et même avec panache : il l'a écrit en alexandrins.

Il faut dire que Caroline Glory et PPDA se connaissent depuis longtemps. Ils ont fait de nombreux récitals ensemble, elle comme membre du Quatuor Salieri, lui comme récitant. Pour cette violoncelliste de formation, la composition musicale est une évidence qu'elle pratique depuis longtemps (du temps des concerts du Trio Glory formé avec ses sœurs).

Cet opéra met en scène en 1917 les malheurs du jeune soldat Jacques parti au front sans avoir pu épouser sa fiancée, la belle Madeleine, qui l'attend quelque part dans un petit appartement mansardé à Paris. En quatre actes nourris de scènes du front et de l'arrière, l'amour et l'amitié devront tenter de résister à la violence de l'Histoire et aux basses menées des planqués.

Photo de répétition © Opéra-Théâtre de Metz
Photo de répétition © Opéra-Théâtre de Metz
Nous avons pu joindre le ténor Sébastien Guèze qui nous a livré quelques confidences sur les répétitions. Très contents, les chanteurs ont immédiatement été rassurés par la très bonne ambiance qui règne sur le plateau. Entre Caroline Glory, le librettiste qui est aussi le metteur en scène de l'opéra (avec Manon Savary), le chef Jacques Blanc et les artistes, le travail est fécond. Le ténor est heureux : "On a tous hyper accroché. J'ai de la chance en ce début de saison." Après leur triomphe à l'Opéra de Bordeaux dans "La Bohème" Nathalie Manfrino et lui sont investis à deux cents pour cent dans cette nouvelle production.

Et le ténor nîmois de nous confier son émotion de chanter pour la première fois l'air de Jacques devant le compositeur : "Avec des petites retouches autour de nuances musicales, on a l'impression de participer pleinement à l'histoire de l'art lyrique en direct." Notons que la distribution a de quoi contenter avec la soprano Sabine Revault d'Allones dans le rôle de France, et les jeunes chanteurs Antoine Chenuet et Jean-Baptiste Henriat.

Photo de répétition © Opéra-Théâtre de Metz.
Photo de répétition © Opéra-Théâtre de Metz.
Vendredi 24 octobre 2014 à 20 h.
Dimanche 26 octobre 2014 à 15 h.


Opéra-Théâtre de Metz, 03 87 15 60 60.
4-5 place de la Comédie Metz (57).
>> opera.metzmetropole.fr

"Un Amour en guerre".
Création mondiale.
Musique : Caroline Glory.
Sur un livret en français de Patrick Poivre d'Arvor.

Jacques Blanc, direction musicale.
Patrick Poivre d'Arvor, Manon Savary, mise en scène.
Valentina Bressan, décors et costumes.
Patrice Willaume, lumières.

Nathalie Manfrino, Madeleine.
Sébastien Guèze, Jacques.
Sabine Revault d'Allones, France.
Jean-Baptiste Henriat, Antoine.
Antoine Chenuet, Augustin.

Chœurs masculins de l'Opéra-Théâtre de Metz Métropole et de l'Opéra national de Lorraine.
Orchestre national de Lorraine.

Christine Ducq
Mardi 21 Octobre 2014

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique








À découvrir

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine

Ça commence limite "foutage de gueule", genre numéro de cirque en guise d'attraction préambulaire… Après le combat de catch de nains, pourquoi un match de foot féminin pour ouvrir la kermesse annuelle du journal L'Union à Reims ! Sauf que… les choses vont prendre une tournure inattendue… Avec une coupe du monde à la clé ! C'est la nouvelle et formidable histoire de femmes que nous racontent Pauline Bureau et sa compagnie.

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
Reims, été 68. Dans la perspective d'un événement footballistique important, coach et cadres de l'équipe locale cherche une attraction en préambule de la confrontation sportive… Et pourquoi pas des femmes courant après un ballon, c'est original et rigolo, du jamais vu !* Des filles sur un terrain de foot, voilà un divertissement apte à régaler les mâles… majoritaires sur les gradins.

S'ensuit un appel à candidates qui, à la grande surprise de l'initiateur (Nicolas Chupin), répondent présentes. Mais son étonnement est total quand il les voit taper dans le ballon ; et jouer avec enthousiasme, aisance, rapidité et une immense liberté, sans retenue. Elles ont entre 16 et 32 ans, venant d'horizons différents, et sont bien décidées à faire de cette mauvaise plaisanterie divertissante l'aventure de leur vie.

Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.

Gil Chauveau
06/12/2019
Spectacle à la Une

"Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde

Subvertir la pensée commune par des postures intellectuelles radicales, propres à faire passer ce pseudo conférencier circassien pour un autiste Asperger des plus performants, semble le crédo existentiel de cet artiste hors normes. Par le biais de son regard décalé, il recrée sous nos yeux un monde fabuleux, enchantant notre imaginaire et stimulant nos neurones assoupis.

Johann Le Guillerm, dès son apparition sur le plateau, poussant une improbable carriole-bureau à tiroirs, en impose. Son costume, sa cravate, sa tresse impeccable, sa voix monocorde… tout en lui dégage une inquiétante étrangeté mâtinée d'une sérénité au-dessus de tout soupçon. Comme si cet homme d'un autre temps, d'une autre époque, avait accumulé dans les plis de son être un savoir qui nous faisait défaut, nous les prisonniers de la caverne platonicienne condamnés à ne voir en toutes choses que le pâle reflet de nos vies formatées.

"Est-ce que quelqu'un dans la salle pourrait m'indiquer le chemin qui n'irait pas à Rome ?"… Dès sa première adresse au public, le ton est donné : si quelqu'un d'aventure, fort de ses nouveaux savoirs, s'était égaré là, conforté dans l'idée que la terre est ronde (suprême révélation datant d'à peine cinq cents ans) et que l'homme n'est pas maître en sa demeure (Freud, et la découverte de l'inconscient au début des années 1900), il pourrait illico "battre en retraite". Copernic, Galilée, Freud n'ont fait qu'ouvrir la voie… à nous de la poursuivre.

"La science de l'idiot" chevillée au corps, Johann Le Guillerm va faire exploser littéralement le prêt-à-penser confortant des idées manufacturées, fussent-elles actualisées, dupliquées à l'envi par la nécessité d'une reproduction sociale garante de l'ordre décliné par le savoir officiel. Penser autrement le monde, c'est ce qu'il fut amené à faire, d'abord à son corps défendant. Diagnostiqué enfant dys+++ (dyslexique, dysorthographique, etc.), il fut conduit à la rébellion de l'esprit en dessinant d'autres épures. Réflexe de survie.

Yves Kafka
21/12/2019
Sortie à la Une

"À mon bel amour"… Urbain, classique, éclectique et artistique

C'est sous le prisme des danses urbaines, contemporaine et classique que la chorégraphe Anne Nguyen interroge les identités au travers du corps et de son rapport à l'espace où le waacking, le popping, le voguing, le locking et le krump portent leurs signatures au détour de pointes, de balancés, de lock et de bounce.

Noir sur scène, puis un groupe se détache dans une lumière tamisée qui vient dessiner les creux de leurs silhouettes. La musique démarre à un rythme effréné. Au début, tout est homogène, ils forment une seule et même entité dans une intimité qui est balayée par le tempo musical. Comme un pied-de-nez à la sensation scénique d'un sentiment intime qui s'extériorise violemment.

À tour de rôle, comme une réminiscence des années soixante, soixante-dix, quatre-vingt, le waacking, le popping, le voguing, le locking, le krump, en appui des danses contemporaine et classique, apparaissent autour d'un socle artistique commun dans lequel chacun vient se nourrir au même humus. Des différences ? Oui, bien sûr, dans le tempo, la gestique, le rapport au corps, à la scène et à l'autre, mais tout ceci puise dans un même objectif, celle de faire communiquer une sensation, un état d'âme, une volonté farouche ou timide de montrer quelque chose sur le plateau, un ce je-ne-sais-quoi qui fait de l'artiste un buvard aux émotions qui a besoin, pour notre plus grand plaisir, de s'épancher.

Safidin Alouache
10/12/2019