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RV du Jour

Teatro a Corte... La scène européenne prend ses quartiers d'été à Turin

À écouter – Épisode 1

Créé il y a onze ans dans une première formule sous l'intitulé "Teatro Europeo" par la Fondazione Teatro Piemonte Europa, le Festival Teatro a Corte existe dans sa forme actuelle depuis 2007 (notamment à la demande de la Regione Piemonte). Dirigé par son fondateur Beppe Navello et une équipe souriante et dynamique, ce festival offre un subtil et talentueux métissage où se retrouvent différentes formes et expressions artistiques, où se délient les langues et les histoires scéniques européennes, où la contemporanéité des arts s'installent dans le décor confortable et prestigieux de demeures à l'assise royale.



"Elektro Kif" de Blanca Li, le 6 juillet 2012 © Gil Chauveau.
"Elektro Kif" de Blanca Li, le 6 juillet 2012 © Gil Chauveau.
Ce qui fait la réussite d'un festival tient bien sûr à la qualité et à la pertinence de sa programmation... Mais à Turin, le Teatro a Corte connaît un succès croissant grâce à sa solide direction artistique (Beppe et sa jeune et très professionnelle équipe) empreinte d'une grande curiosité, d'une ouverture d'esprit transfrontalière et d'une immense générosité humaine.

L'épicurisme de Beppe Navello (qui sait aussi se nourrir des plaisirs terrestres - gastronomiques et œnologiques - qu'offre la belle région piémontaise) influence indéniablement l'ambiance du festival de sa munificence, lui donnant un caractère festif et joyeux. On retrouve cette atmosphère jusque dans les propositions artistiques où les mots "séduction" et "contemporanéité" prennent tous leurs sens métissés, nichés dans la beauté des lieux patrimoniaux de représentations.

Et cela malgré la situation économique particulièrement difficile de l'Italie actuellement - situation que nous retrouvons malheureusement dans des proportions plus ou moins importantes dans d'autres pays européens. C'est d'ailleurs l'un des premiers aspects que nous abordons avec Beppe Navello dans cette entretien réalisé ce week-end à l’occasion de l'ouverture de Teatro a Corte.
teatro_a_corte_beppe_navello_01.mp3 Teatro a Corte Beppe Navello_01.mp3  (11.32 Mo)


"Il Minautoro" par Teatro La Ribalta, le 7 juillet 2012 © Gil Chauveau.
"Il Minautoro" par Teatro La Ribalta, le 7 juillet 2012 © Gil Chauveau.
Ouverture qui nous donna l'occasion de voir - vendredi 6 - le nouveau spectacle de Blanca Li, "Elektro Kif", et ses huit jeunes danseurs nous faisant découvrir un spectacle inspiré de l'électro dance plein de fraîcheur, d'énergie... généreux et coloré ! Le samedi nous permit d'assister à un "Minautoro", par le Teatro La Ribalta, d'une grande beauté visuelle, à la chorégraphie finement dessinée et d'un bel onirisme. La surprise et l'originalité de la forme nous furent proposées avec "Éloge du Poil" de Jeanne Mordoj, une proposition intéressante - bien que manquant parfois de rythme - nous entraînant dans une réflexion sur la féminité (sa perception, ses tabous, sa réalité), sur nos rapports traditionnels au spectacle, aux objets... sur un fil clownesque décalé, naviguant en l'univers "monstrueuse parade" version "Freaks" et celui plus baroque de Burton.

Nous reviendrons bien sûr sur ces spectacles et sur ceux de Jérôme Thomas, de Peter Jasko (Les Slovaks), de la Dudapaiva Company et des créations de Me and The Machine programmés ce premier week-end de festival. En attendant, écoutons Beppe Navello nous parler de Teatro a Corte...

"Il Minautoro" par Teatro La Ribalta, le 7 juillet 2012 © Gil Chauveau.
"Il Minautoro" par Teatro La Ribalta, le 7 juillet 2012 © Gil Chauveau.
Du 6 au 22 juillet 2012.
Festival International "Teatro a Corte", Turin, Italie.
PuntoFestival :
Tous les jours de 11 h à 19 h,
Tél. : +39 011.5634352,
Via Verdi 9, Torino.

InfoPiemonte :
Tous les jours de 10 h à 18 h,
Piazza Castello 165, Torino.

Service de navette gratuit de Turin (Piazza Castello) pour les sites des spectacles.
Réservation obligatoire PuntoFestival.

>> teatroacorte.it
>> Programme du festival en anglais

Gil Chauveau
Jeudi 12 Juillet 2012

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© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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