Quantcast
La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

"Systema naturae" ou l'invention du monde par Mauro Lanza et Andrea Valle

Une série de concerts met à l'honneur les compositeurs Mauro Lanza, en résidence à l'Ensemble 2e2m, et Andrea Valle associés depuis 2013 dans la création d'un cycle ambitieux en quatre parties consacré aux différents règnes d'une nature inouïe, "Systema naturae".



"Regnum vegetabile", Mauro Lanza et Andrea Valle avec les musiciens de 2e2m dirigés par Pierre Roullier, CRR de Paris (janvier 2016) © DR.
"Regnum vegetabile", Mauro Lanza et Andrea Valle avec les musiciens de 2e2m dirigés par Pierre Roullier, CRR de Paris (janvier 2016) © DR.
Après la création française le 19 janvier de "Regnum vegetabile", seront donnés les deux derniers chapitres de cette véritable "Histoire naturelle" musicale et scénographique. L'occasion d'une interview de Mauro Lanza à écouter ci-dessous.

L'Ensemble 2e2m, attaché à faire connaître le répertoire contemporain, accueille chaque année un compositeur en résidence. Après Francesco Filidei, c'est la rencontre avec l'univers de Mauro Lanza qui est proposée à travers une série de concerts, des conférences et un livre (collection "À la ligne").

C'est particulièrement la collaboration avec le concepteur d'objets sonores Andrea Valle qui est mise en lumière depuis le début de l'année. Avec cette "Histoire naturelle", le cycle des quatre "Regnum" (d'une durée de vingt minutes chacun), les compositeurs ont imaginé une œuvre destinée à différentes formations instrumentales et divers objets électromécaniques.

Les sources d'inspiration sont explicitement celles des bestiaires et herbiers médiévaux mais aussi l'esprit taxinomique de la "Systema naturae" du naturaliste Carl von Linné. Il s'agit de créer des objets sonores et visuels inédits grâce à d'ingénieuses installations. Le son est sculpté grâce à des instruments acoustiques traditionnels côtoyant des appareils électro-mécaniques (pilotés par ordinateur) construits à partir d'objets du quotidien tels des sèche-cheveux, des radio-réveils, entre nombreux autres.

Chaque "règne" du cycle comprend une vingtaine de pièces brèves dédiées qui à des animaux (pour "Regnum animale" concert le 10 mars), qui à des végétaux ("Regnum vegetabile"), qui à des minéraux ("Regnum lapideum" en création mondiale en avril) - tous bien entendu imaginaires.

Alors qu'il vient de figurer au festival Présence de Radio France, le compositeur Mauro Lanza a bien voulu répondre à nos questions sur cette œuvre, dans la continuité de ses précédents opus, avec son esprit ludique et inventif. Cet arpenteur de nouvelles contrées entend bien "donner une forme et une logique musicale à des sons normalement réfractaires à toute organisation". L'interview - réalisée par Skype le 4 mars, Mauro Lanza étant à Berlin - présente de légers défauts d'enregistrement à sa toute fin. Nos lecteurs (et auditeurs !) voudront bien nous en excuser.

Interview de Mauro Lanza (durée : 14 mn environ) >>
itw_mauro_lanza.mp3 Itw Mauro Lanza.MP3  (13.41 Mo)


10 mars 2016 à 19 h.
"Histoire naturelle, le monde animal".
"Regnum animale", Mauro Lanza, Andrea Valle.
"Karl Koop Konzert", Bernard Cavanna.
"Die sich sammelnde Erfahrung (Benn) : der Ton" (création française), Johannes Kreidler.
"Flower blossom with waving" (création mondiale), Dong-Myung Kim.

29 avril 2016 à 19 h.
"Histoire naturelle, le monde minéral".
"Regnum lapideum" (création mondiale), Mauro Lanza, Andrea Valle.
"Veitsanz" (création française), Martin Grütter.
"Valse une cour impériale, vers 1855", Frédéric Verrières.

Conservatoire à rayonnement régional de Paris.
Auditorium Marcel Landowski, 14, rue de Madrid Paris 8e.
Tél. : 01 44 70 64 00.
>> crr.paris.fr

Christine Ducq
Lundi 7 Mars 2016

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique


Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021