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Cirque & Rue

"Respire" Un conte moderne qui traverse les airs comme un souffle magique

Johanne Humblet est funambule. Avec la Compagnie Les filles du renard pâle, elle parcourt le monde pour tendre ses câbles entre les immeubles, les monuments, les grues, elle les fait grimper, se courber en spirale, plonger dans des lacs, traverser des places, des rivières. "Le fil est le lien qui relie un point à un autre, au-dessus des frontières, des barrières, il rassemble. Un lien autant symbolique que concret", explique-t-elle. Elle tisse ainsi son parcours d'équilibriste : quelques dizaines ou quelques centaines de mètres de long et seulement 12 millimètres de diamètre.



© Les filles du renard pâle.
© Les filles du renard pâle.
Mais la conception que cette funambule pleine de rêve fait de ses spectacles ne s'arrête pas à l'exploit. Et même si elle évolue sans sécurité aucune, elle ne cherche pas à provoquer chez celui qui regarde le nœud qui noue le ventre à l'idée de la chute dans le vide. Cette réaction est là, quoi qu'il en soit, mais Johanne Humblet ne s'en contente pas. Elle raconte des histoires. Et elle ne les raconte pas seule.

Avec elle, mais au sol, un groupe de trois musiciens rocks va l'accompagner tout au long de sa traversée. La partie musicale du spectacle est très importante. Un rock très teinté métal, trois musiciens aux looks punky qui suivent de leurs compositions l'évolution de la funambule là-haut. Ce sont des échanges, rythmes et regards, qui orchestrent l'évolution du chaperon rouge des airs tandis qu'au sol le loup surveille. Une autre partie importante du spectacle, qui a pour objectif de se jouer la nuit, est dirigée par l'équipe lumière, des lumières élaborées qui font le lien en collant à la musique et en découpant la funambule dans le ciel.

© Les filles du renard pâle.
© Les filles du renard pâle.
Seulement aidée d'un balancier, Johanne progresse, et son costume de sage personnage de conte, capeline et robe longue, tombe en voletant. Sous ces habits, un court plastron rouge vif sur un legging imprimé panthère révèle une tout autre femme : femme rebelle, rock, libre. Le corps, lui aussi, tangue et danse au rythme de la musique. Il abandonne son balancier et s'amuse à s'allonger sur le fil, s'y pendre des deux mains, se rétablir et repartir dans une lenteur décomposée aérienne qui apporte du sensible aux accords puissants de la guitare et aux percussions tendues de la batterie.

Johanne Humblet aime expérimenter. Plus loin, sur le fil, un autre balancier, vertical celui-là, lui permet de jouer avec la pesanteur. Facéties. Ses pas lancent un rythme qu'un séquenceur offre aux musiciens qui s'en emparent et donnent à fond. Bienfait de la musique live. La funambule, encore plus loin, exécute un tour complet autour du fil, appuyée à un balancier tournant. Mais toute histoire comme tout fil tendu a une fin. Dernier tour de malice pour finir avec une belle image, elle n'ira pas jusqu'au bout du fil, mais descendra dans les airs jusqu'au sol comme un oiseau étrange.

Vu à l'Atelier 231 - Centre National des Arts du Cirque et de l'Espace Public, Sotteville-lès-Rouen, dans la grande salle de ce très beau lieu de résidence. "Respire" est conçu pour être joué en extérieur, à une hauteur de 10 à 40 mètres, sur une longueur pouvant aller jusqu'à 200 mètres. Il fait partie d'un triptyque : "Résiste" (créé l'année passée), "Respire" et "Révolte" dont la création est prévue pour 2022… Un beau programme !

"Respire"

© Les filles du renard pâle.
© Les filles du renard pâle.
Funambule : Johanne Humblet.
Musiciens et musicienne : Jérémy Manche, Anatole Petit, Lison Maillet.
Musique : Deadwood, Johann Candoré, Djeyla Roz, Petit Petit.
Costumes : Solenne Capmas.
Coordinateur technique : Nicolas Lourdelle.
Techniciens cordistes : Nicolas Lourdelle, Yvan Bringard, Remy Legeay, Géraldine Rieux, Shaan Sauzéat, Arthur Ehret, Arnold Gautheron, Matthieu Duval, Pascal Voinet, Béatrice Contreras, Steve Duprez, Denis Russier.
Ingénierie rigging : Cie Gratte Ciel.
Création lumière : David Baudenon, Sylvain Chevallot.
Régie son : Mathieu Ryo, Johan Caballé.
Logistique : Romane Vanderstichele.
Construction : Steve Duprez, Cédric Bach, Rémy Legeay.
Production de la Compagnie Les Filles du Renard Pâle.
Durée : 30 minutes.

La création "Respire, Une traversée funambule"a été vue dans le cadre d'une sortie de résidence le 11 mars 2021 à l'Atelier 231 - Centre National des Arts du Cirque et de l'Espace Public, Sotteville-lès-Rouen (76).

Tournée

© Les filles du renard pâle.
© Les filles du renard pâle.
1er mai 2021 : Le Familistère de Guise, Guise (02).
7 mai 2021 : Festival Tadam, Théâtre de la Coupe d'Or, Rochefort (17).
Entre le 14 et le 16 juillet 2021 (date à définir) : Espace Malraux - Scène nationale Chambéry Savoie, Chambéry (73).
Du 17 au 19 juillet 2021 : CARTE BLANCHE funambule - Grande Balade, Bonlieu Scène Nationale Annecy, Annecy (74).
Fin août (option et date à définir) : Festival Cirk !, Aalst (Belgique).
Fin août (option et date à définir) : Melle (70).
2 octobre 2021 (option) : Juvisy-sur-Orge (91).

Bruno Fougniès
Mardi 23 Mars 2021

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© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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