La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle




Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

Pépites et futures étoiles au Festival de Pâques de Deauville

À écouter : Entretien avec Clément Mao-Takacs.

Soirée d'ouverture fastueuse au festival de musique de chambre de Deauville, la manifestation dédiée aux grands artistes de demain. Le jeune chef Clément Mao-Takacs à la tête de L'Atelier de Musique a fait forte impression samedi dernier dans un programme ambitieux cent pour cent allemand. Rencontre avec l'étoile montante de la direction d'orchestre française.



Clément Mao takacs et Irina de Baghy © Claude Doaré.
Clément Mao takacs et Irina de Baghy © Claude Doaré.
Pour cette XIXe édition, Yves Petit de Voize, le directeur artistique et fondateur du Festival de Pâques de Deauville, a une fois de plus invité la fine fleur des artistes de l'avenir. Une première soirée impressionnante a comblé les fidèles du festival comme les touristes friands d'expériences par son programme et par les interprètes tous excellents. Ouvrant le concert avec la Passacaille opus 1 d'Anton Webern et les Wesendonck-Lieder de Richard Wagner - chantés par l'émouvante mezzo canadienne Irina de Baghi - L'Atelier de Musique (formé du Secession Orchestra et de jeunes solistes déjà reconnus) s'impose sans coup férir après les quelques mises au point d'usage (particulièrement au début de "Der Engel" premier lied des cinq poèmes de Mathilde Wesendonck mis en musique par le compositeur allemand).

Mais c'est avec la Symphonie n°1 "Titan" de Gustav Mahler que la formation emmenée par Clément Mao-Takacs a marqué les esprits et suscité l'approbation des critiques. Dans une version pour ensemble de chambre transcrite par Klaus Simon en 2008 pour une quarantaine de musiciens (au lieu des cent vingt habituels) dont un accordéoniste et un pianiste, la symphonie monstre (longue de 55 minutes et quatre mouvements) n'a rien perdu de son éclatante dramaturgie avec ses riches couleurs entre lyrisme romantique et ironie souriante. Cette version de chambre dirigée de main de maître par Clément Mao-Takacs a de surcroît mis en lumière toutes les nuances d'une partition complexe sans sacrifier à sa grandeur et, ce, malgré l'effectif réduit : des bois presque seuls rejoints par une paire de clarinettes, deux cors, une trompette, un harmonium, les cordes.

Clément Mao takacs © Claude Doaré.
Clément Mao takacs © Claude Doaré.
J'ai donc voulu rencontrer ce jeune maestro dont la maîtrise étonne - mais la valeur n'attend pas le nombre des années a-t-on appris avec Corneille. Son nom (Mao-Takacs) rappelle sa double origine bretonne et hongroise. Ce pianiste passionné et érudit (il est diplômé de littérature comparée et prépare deux doctorats), fondateur en 2011 du Secession Orchestra, se situe quelque part entre "La Cathédrale Engloutie* et le Pavillon Sécession Mitteleuropa" - selon ses propres mots et son humour coutumier. Lauréat en 2008 du Festival de Bayreuth, il a bien voulu revenir pour nous avec passion et simplicité sur son parcours et ses projets.

Note : *Prélude de Claude Debussy.

Du 18 avril au 4 mai 2015.
Festival de Pâques de Deauville, 02 31 14 14 14.
Musique vocale et ensembles de chambre.
billetterie@congres-deauville.com
>> musiqueadeauville.com

Salle Elie de Brignac (salle des ventes des Yearling).
32 rue Hocquart de Turtot, Deauville (14).

Entretien réalisé le 21 avril 2015 par Christine Ducq pour La Revue du Spectacle.
entretien_avec_clement_mao_takacs.mp3 Entretien avec Clément Mao-Takacs.MP3  (12.42 Mo)


Christine Ducq
Mercredi 22 Avril 2015

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


Partenariat


Publicité



À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Reprise Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/12/2017
Spectacle à la Une

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

Il n'est jamais aisé de s'approprier et d'interpréter des chansons créées, portées, sublimées par des artistes tels que Barbara. Mais là où beaucoup échouèrent, Lou Casa et son chanteur Marc Casa relèvent le défi avec brio et donne une lecture étonnante, poignante et incroyablement juste de six morceaux choisis de la Dame en noir.

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

Marc Casa donne une intonation particulière aux mots de Barbara (1), de Brel (2), de Françoise Lo (3) ou de Georges Bérard (4), portant avec élégance une certaine fêlure dans la voix qui amplifie l'émotion exprimée, la fragilité sous-tendue. En même temps, le grain légèrement rugueux donne la force et l'énergie au chant, imprimant la trame musicale soutenue par la basse toute en rythmique associée au piano percussif, notamment dans le sublime "Perlimpinpin" presque guerrier, revendicatif… Le clip est d'ailleurs très révélateur et significatif de l'interprétation choisie, exprimée par Lou Casa. Voix parlée chuchotée, prenant doucement de l'amplitude. Derrière le piano roule les notes en une rivière sautillante mi-tango mi-reggae, appuyant certains mots scandés par Marc Casa.

Gil Chauveau
04/12/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016