La pièce à succès de l'auteure iranienne Aïla Navidi "4 211 km", écrite avant la naissance du mouvement "Femme, Vie, Liberté", racontait 50 ans d'histoire iranienne à travers l'exil des parents de la narratrice, contraints de fuir le régime autoritaire de l'ayatollah Khomeyni (4 211 km étant la distance séparant Téhéran de Paris). En septembre 2022, suite à la mort de Mahsa Jîna Amini, une jeune kurde de 22 ans assassinée par la police des mœurs iranienne pour "port de vêtements inappropriés", un mouvement de révolte éclate. Il passe par la désobéissance : les femmes retirent et brûlent leur voile, symbole de la République islamique, dont l'obligation du port est inscrite dans la Constitution. En 2026, les exactions perpétrées par le régime iranien continuent et chaque jour des femmes et des hommes sont assassinés.
Dans ce contexte, "Au plus près de ces voix", la pièce de la sociologue et écrivaine iranienne Chahla Chafiq, semble plus que jamais nécessaire. Née le 5 mai 1954 en Iran, Chahla Chafiq a participé à la révolution de 1979 qui a renversé le Shah, puis a été contrainte à l'exil en raison de son opposition au pouvoir islamiste. Elle vit en France depuis 1982. Ses premiers textes littéraires, des nouvelles en langue persane, ont été publiés par des maisons d'édition iraniennes en exil, en France et aux États-Unis. Aujourd'hui, elle écrit aussi bien en français qu'en persan.
Dans ce contexte, "Au plus près de ces voix", la pièce de la sociologue et écrivaine iranienne Chahla Chafiq, semble plus que jamais nécessaire. Née le 5 mai 1954 en Iran, Chahla Chafiq a participé à la révolution de 1979 qui a renversé le Shah, puis a été contrainte à l'exil en raison de son opposition au pouvoir islamiste. Elle vit en France depuis 1982. Ses premiers textes littéraires, des nouvelles en langue persane, ont été publiés par des maisons d'édition iraniennes en exil, en France et aux États-Unis. Aujourd'hui, elle écrit aussi bien en français qu'en persan.
Son œuvre compte des recueils de nouvelles et de poèmes, un roman ("Demande au miroir" (2015), un récit sur l'exil et la révolution de 1979), et de nombreux essais : "La Femme et le retour de l'islam" (1991), "Femmes sous le voile : face à la loi islamique" (1995), "Le Nouvel Homme islamiste : la prison politique en Iran" (2002), "Islamisme et Société : religieux, politique, sexe et genre à la lumière de l'expérience iranienne" (2009), "Islam, politique, sexe et genre" (2011), "Le Rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir" (2019), "La Prison politique en Iran - Logiques et ressorts de la terreur islamique" (2024), "Un orage de mots, La révolution iranienne Femme, Vie, Liberté dites par celles et ceux qui la font" (2025). "Au plus près de ces voix - Partie 1 : L'ère de Mahsa" est le premier volet d'un triptyque dont le troisième est en cours d'écriture.
De quoi parle la pièce ? Un professeur d'histoire vieillissant se trouve plongé dans un abîme de réflexion en voyant le peuple iranien se soulever au cri de "Femme, Vie, liberté". La vue d'une fillette de 8 ans enlevant son voile sous les applaudissements des voisins l'interpelle. Car cet homme, intelligent et instruit, professeur d'histoire de surcroît, a passé son existence dans une forme de retrait, évitant de se mêler à la vie politique de son pays. Il n'a pas participé à la révolution de 1979 et persiste depuis à rester à distance des protestations contre le régime. La révolte des femmes sortant massivement sans voile dans les rues, défiant avec intrépidité l'ordre dominant, l'interroge sur sa passivité, ses peurs et son manque de courage.
Au cours de cette introspection, l'intime devient politique et, au cœur de ces réflexions, surgit la figure de la poétesse rebelle Tahereh - Qorrat ol Ein (1817-1852). Tahereh, celle qui avait osé dire non. Dans un XIXe siècle iranien très conservateur, cette femme avait osé défendre l'égalité des sexes, la liberté pour tous et dénoncer, seule, un système où les hommes dictaient la loi. Elle n'avait pas hésité à répudier son mari et à enlever son voile pour parler devant une assemblée d'hommes. Au prix de sa vie. Première femme disciple du Bāb (NDLR, le Bāb est un prophète dont le nom en persan signifie "porte", celui qui cherche à ouvrir la porte vers la liberté et l'égalité, et fondateur du mouvement babiste), elle avait reçu de lui le nom de Tahereh, qui signifie "la Pure", "Consolation des yeux".
De quoi parle la pièce ? Un professeur d'histoire vieillissant se trouve plongé dans un abîme de réflexion en voyant le peuple iranien se soulever au cri de "Femme, Vie, liberté". La vue d'une fillette de 8 ans enlevant son voile sous les applaudissements des voisins l'interpelle. Car cet homme, intelligent et instruit, professeur d'histoire de surcroît, a passé son existence dans une forme de retrait, évitant de se mêler à la vie politique de son pays. Il n'a pas participé à la révolution de 1979 et persiste depuis à rester à distance des protestations contre le régime. La révolte des femmes sortant massivement sans voile dans les rues, défiant avec intrépidité l'ordre dominant, l'interroge sur sa passivité, ses peurs et son manque de courage.
Au cours de cette introspection, l'intime devient politique et, au cœur de ces réflexions, surgit la figure de la poétesse rebelle Tahereh - Qorrat ol Ein (1817-1852). Tahereh, celle qui avait osé dire non. Dans un XIXe siècle iranien très conservateur, cette femme avait osé défendre l'égalité des sexes, la liberté pour tous et dénoncer, seule, un système où les hommes dictaient la loi. Elle n'avait pas hésité à répudier son mari et à enlever son voile pour parler devant une assemblée d'hommes. Au prix de sa vie. Première femme disciple du Bāb (NDLR, le Bāb est un prophète dont le nom en persan signifie "porte", celui qui cherche à ouvrir la porte vers la liberté et l'égalité, et fondateur du mouvement babiste), elle avait reçu de lui le nom de Tahereh, qui signifie "la Pure", "Consolation des yeux".
Le professeur regrette dès lors de ne pas avoir parlé de Tahereh à ses étudiants dans ses cours. Comme il regrette de s'être opposé à ce que sa regrettée épouse, au talent de chanteuse reconnu, donne un concert en public, hors du cercle familial et amical. Sa prudence lui apparaît désormais comme un consentement implicite aux diktats du régime. Il ne s'agit dès lors, pour lui, non plus de comprendre, mais de répondre…
Pour sa mise en scène, le sociétaire de la Comédie-Française Gilles David a fait le choix de rester au plus près de la parole : un plateau nu donc, sans décor, aux sol et murs entièrement noirs. Un cube noir en quelque sorte. Seul en scène, le professeur (Jean-Paul Sermadiras), crinière blanche, costume gris et chemise blanche, porte son récit face au public, dans une adresse directe et un jeu quasi statique. Il est ponctué, par la suite, des interventions de la chanteuse iranienne Salmi Elahi, fantôme de l'épouse disparue, réminiscence de la poétesse Tahereh, voix des femmes iraniennes…
Vêtue de blanc, longs cheveux noirs en liberté, voile reposant sur les épaules, elle insuffle beauté, grâce et émotion. À son chant, viennent s'ajouter, à la toute fin du spectacle, projetées sur le mur du fond, des images d'actualités de femmes manifestant, leur voile à la main.
Une forme sobre pour un texte fort, et des voix que l'on se doit d'écouter.
◙ Isabelle Fauvel
Pour sa mise en scène, le sociétaire de la Comédie-Française Gilles David a fait le choix de rester au plus près de la parole : un plateau nu donc, sans décor, aux sol et murs entièrement noirs. Un cube noir en quelque sorte. Seul en scène, le professeur (Jean-Paul Sermadiras), crinière blanche, costume gris et chemise blanche, porte son récit face au public, dans une adresse directe et un jeu quasi statique. Il est ponctué, par la suite, des interventions de la chanteuse iranienne Salmi Elahi, fantôme de l'épouse disparue, réminiscence de la poétesse Tahereh, voix des femmes iraniennes…
Vêtue de blanc, longs cheveux noirs en liberté, voile reposant sur les épaules, elle insuffle beauté, grâce et émotion. À son chant, viennent s'ajouter, à la toute fin du spectacle, projetées sur le mur du fond, des images d'actualités de femmes manifestant, leur voile à la main.
Une forme sobre pour un texte fort, et des voix que l'on se doit d'écouter.
◙ Isabelle Fauvel
"Au plus près de ces voix"
Texte : Chahla Chafiq.
Adaptation : Jean-Paul Sermadiras.
Mise en scène : Gilles David, sociétaire de la Comédie-Française.
Avec : Salmi Elahi et Jean-Paul Sermadiras.
Création sonore : Evgueni Galperine et Salmi Elahi.
Lumières : Jean-Luc Chanonat.
Costumes : Cidalia da Costa.
Vidéo : Ludovic Lang.
Tout public à partir de 12 ans.
Durée : 1 h.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 18 h 30. Relâche le mercredi.
Théâtre de la Porte Saint-Michel (Salle Simone Veil) 23 Rue Saint-Michel, Avignon.
Réservation : 09 80 43 01 79
>> Billetterie en ligne
Adaptation : Jean-Paul Sermadiras.
Mise en scène : Gilles David, sociétaire de la Comédie-Française.
Avec : Salmi Elahi et Jean-Paul Sermadiras.
Création sonore : Evgueni Galperine et Salmi Elahi.
Lumières : Jean-Luc Chanonat.
Costumes : Cidalia da Costa.
Vidéo : Ludovic Lang.
Tout public à partir de 12 ans.
Durée : 1 h.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 18 h 30. Relâche le mercredi.
Théâtre de la Porte Saint-Michel (Salle Simone Veil) 23 Rue Saint-Michel, Avignon.
Réservation : 09 80 43 01 79
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