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Avignon 2023

•Off 2023• Le Théâtre des Lila's, un lieu dédié aux créatrices, qu'elles soient autrices, metteuses en scène, chorégraphes, compositrices, interprètes…

Pour cette édition du Off 2023, et de façon inédite à Avignon, le théâtre des Lila's (8, rue Londe) consacre sa programmation à la création féminine avec des spectacles, des concerts, lectures, tables-rondes, conférences-débats, exposition, installation interactive…



Façade Théâtre des Lila's © Pascal Nottoli.
Façade Théâtre des Lila's © Pascal Nottoli.
Créer et inventer un souffle nouveau dans ce lieu dont l'histoire a commencé avec deux femmes créatrices, liées par la danse, Christine Fernandez et Lila Nett, depuis disparue.
L'équipe de direction du théâtre pendant le festival a tenu à leur rendre hommage et à toutes celles qui ailleurs peinent encore à être entendues, lues, jouées, qu'elles soient autrices, metteuses en scène, compositrices, interprètes, genrées, dé-genrées, mal-genrées, non genrées, qu'elles fassent du théâtre, de la poésie, de la musique, de la danse, du clown, etc., à leur laisser le plateau pour exprimer leurs voix, porter leurs projets, raconter leurs histoires, partager leur vision, nous faire vibrer…

VIBRER !
Car c'est bien de cela dont il s'agit ardemment…Vibrons ensemble en ces moments uniques, le temps d'un spectacle !
En présence de Darina Al Joudi et Typhaine D, marraines des Lila's.

Au programme :

"Chapeau M. Satie !" © Thierry Méritan.
"Chapeau M. Satie !" © Thierry Méritan.
"Poetinha", Cie Étoile Secrète, mise en scène d'Odile Bertotto & Patrice Vandamme : un voyage au Brésil, dès 3 ans, avec les délicieuses poésies chansons du grand poète Vinicius, o Poetinha ! Bossa nova, sérénades, samba, en français et portugais.
À 9 h 55, du 7 au 17 juillet, relâche le mardi. (Jeune Public).

"Chapeau, M. Satie !", Cie Le Ver à Soie, création de Bénédicte Bonnet & Frédéric Vershoore, mise en scène d'Isabelle Dias : une journée avec Érik Satie qui, bien que compositeur et artiste, n'en est pas moins un monsieur comme tout le monde !
À 9 h 55, du 19 au 24 juillet. (Jeune Public).

"Grosse Fringale", Cie Céline Barbarin, création d'Annie Baudot-Guttin & Céline Barbarin : une clown taquine nous fait rire et rêver, faisant mijoter, pour notre plus grand plaisir, une Fontaine de fables.
À 11 h 30, du 7 au 29 juillet, relâche le mardi. (Clown tout public).

"Appels d'urgence", Cie Sud Lointain, texte d'Agnès Marietta, mise en scène d'Heidi-Eva Clavier : une femme qui se révolte contre l'air du temps, qui catapulte les barrières de l'âge, et qui montre que tout est encore et toujours possible. Être enfin soi-même.
À 13 h 15, du 7 au 29 juillet, relâche le mardi. (Seule en scène).

"Celle qui ne dit pas a dit" © Clara Amsellem.
"Celle qui ne dit pas a dit" © Clara Amsellem.
"Tristan et Iseut", Cie Le Vent Contraire, texte et mise en scène de Maëlys Simbozel : le mythe revisité comme un conte moderne où deux amants à jamais liés nous font plonger dans un songe mystique et merveilleux.
À 15 h 05, du 7 au 29 juillet, relâche le mardi. (Théâtre contemporain).

"Celle qui ne dit pas a dit", Cie Vent Debout, texte et mise en scène de Sarah Pèpe : l'histoire de trois femmes à la recherche d'une parole émancipée, émancipatrice, qui disent tout, ou presque, ou trop tard, même quand elles ne disent pas…
À 17 h, du 7 au 29 juillet, relâche le mardi. (Théâtre contemporain).

"Les 7 nuits de la reine", Cie Le Cartel, texte de Christiane Singer, adaptation d'Évelyne Pelletier, mise en scène de Philippe Lanton : le récit de 7 nuits de la vie d'une femme qui se raconte… événements, beaux ou tragiques, entre passion et désespoir. S'en suivra une renaissance, un hymne à la vie !
À 18 h 40, du 7 au 17 juillet, relâche le mardi. (Théâtre contemporain).

"Soudain Romy Schneider", texte de Guillaume Poix, mise en lecture d'Arlette Desmots : une salle plongée dans le noir… et une voix qui enveloppe … Une expérience théâtrale insolite, un voyage émotionnel bouleversant à la rencontre d'une Romy Schneider inconnue, plurielle et saisissante.
À 18 h 40, du 19 au 29 juillet, relâche le mardi. (Lecture immersive).

"Cultivez le désir comme une plante rare", textes d'Élisa Brune, Interprétation d'Odile Bertotto : les textes d'Élisa Brune, brisant les clichés sur la sexualité, "Nous sommes toujours convaincus que La sexualité a quelque chose de primaire, d'animal. Et si c'était le contraire ?"
À 20 h 30, du 7 au 17 juillet, relâche le mardi. (Seule en scène).

"Chair bleue", Cie L'Âme dans la pluie, textes et mise en scène de Marine Fabre : Chair bleue, c'est un Désir qui se déplie poème après poème et dessine les contours des corps hors des normes.
À 20 h 30, du 20 au 28 juillet, jours pairs (Lecture poétique).

"Là où tu regardes", Cie Invitez le monde, texte de L. Krasznahorkai, mise en scène de Régine Achille-Fould : le regard habité d'un gardien de musée qui, dans le flot des visiteurs du Louvre, renoue avec la Beauté.
À 20 h 30, du 19 au 29 juillet, jours impairs, (Théâtre contemporain).

Yamay, auteure, compositrice, interprète : performance vocale onirique & électronique, Yamay chante les horizons de notre monde en pleine mutation.
À 20 h 30, le 11 juillet, (concert).

"Moone en concert" © Sophie Grattepanche.
"Moone en concert" © Sophie Grattepanche.
Moone, auteure, compositrice, interprète : entre Électro-pop, Synth-pop et pop-rock, sur des textes en français, anglais et même en langue inventée, Moone déploie un univers synthétique sensuel et parfois expérimental. Accompagnée de Patrick Cereghetti.
À 20 h 30, les 18 et 25 juillet, (concert).

>> Ici >> Programme et billetterie en ligne

Les mardis du festival, un temps suspendu pour découvrir, échanger, partager :
LES EXTRAS DES LILA'S


Dans la salle Lila Nett du théâtre, vous pourrez entendre une chanteuse lyrique kurde, découvrir une exposition photos, assister à des lectures avec la présence exceptionnelle de Darina Al Joundi, Yann Collette, Typhaine D, Isabelle Jeanbrau, Irène Seye…

Façade Théâtre des Lila's © Pascal Nottoli.
Façade Théâtre des Lila's © Pascal Nottoli.
Ces jours-là, quand le théâtre débordera de ses murs pour envahir la place en face, ombragée de ses pins parasols, vous pourrez alors déambuler au cœur d'une installation interactive vous livrant les témoignages de femmes sans domicile, voyager aux sons de lectures musicales, participer à des débats animés entre créatrices engagées…
Tous les évènements des "Extras" sont gratuits.

>> Ici >> Programme des Extras des Lila's

Contact - l'équipe du Théâtre :
François Nouel, Romane Bernard, Claire Ramiro, Franck Lopez, Pauline Rettien.
Téléphone de réservation : 04 90 33 89 89.
Attachée de presse : Nicole Czarniak, 06 80 18 22 75.

La Rédaction
Dimanche 25 Juin 2023

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À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
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"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
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"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023