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Concerts

"Mozart vs Stadler" au Centre de Musique de Chambre de Paris

Pour sa quatrième saison, le CMC de Paris, installé Salle Cortot, propose de nouveau un programme aussi alléchant que créatif, toujours hors des sentiers battus du concert classique.



"Mozart vs Stadler" © DR.
"Mozart vs Stadler" © DR.
Le fondateur et directeur artistique Jérôme Pernoo a voulu, il y a déjà quatre ans, créer un espace où la musique de chambre se partagerait sans façon dans "un esprit de convivialité, d'inventivité" entre de jeunes musiciens et un public invité à participer également à des ateliers de chant avec orchestre ("Bach and Breakfast"), des soirées spéciales comme le concert dans le noir (le "Dark Concert"), la découverte d'un jeune compositeur (le "Freshly Composed") ou le "Bœuf de Chambre".

Avec, à sa disposition, une carte illimitée ou des billets vendus pour un prix équivalent à une place de cinéma, ce public peut donc venir autant qu'il le souhaite, façon "venez comme vous êtes", entre le jeudi et le dimanche. Il peut ainsi réécouter deux œuvres phares du répertoire à 19 h 30 et 21 h, les découvrir et redécouvrir sous toutes leurs facettes en venant plusieurs fois pendant une même session. Accueillis par les musiciens et le violoncelliste Jérôme Pernoo, il lui est loisible de surcroît de déguster assiettes et vins de pays au foyer.

Et le succès est au rendez-vous, habitués et nouveaux venus se pressent dans le beau hall de la Salle Cortot (adossée à l'École Normale de Musique) de style Art Déco dû à l'architecte Auguste Perret. Dans ce bel endroit, à l'acoustique exceptionnelle, cette quatrième saison se construit encore en trois mouvements - "comme ceux d'un concerto" selon son souriant fondateur - avec un premier volet automnal consacré à une création, "Mozart vs Stadler : la grande partie", un spectacle qui met à l'honneur la "Gran Partita" du génial Amadeus affrontant aux échecs le clarinettiste Anton Stadler, son frère en maçonnerie et en musique.

© DR.
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Ce spectacle de 21 heures est précédé de deux récitals centrés donc sur des œuvres uniques (à 19 heures). Jusqu'au 8 décembre, le Trio Messiaen (David Petrlik, Volodia Van Keulen, Théo Fouchenneret) interprète le Trio n° 2 opus 66 de Felix Mendelssohn. Les six et huit décembre, l'Ensemble Messiaen (Raphaël Sévère, Volodia Van Keulen, Théo Fouchenneret) offre le Trio avec clarinette de Johannes Brahms.

Dans cet affrontement "Mozart vs Stadler", le public découvre à la fois un Mozart dont les paroles sont extraites de sa correspondance et la Sérénade en si bémol majeur KV361 composée pour douze instruments à vent (dont la clarinette d'Anton Stadler) et une contrebasse.

C'est l'Ensemble Appassionato de Mathieu Herzog qui accompagne le clarinettiste François Tissot dans le rôle de ce Stadler, qui crée ladite "Gran Partita" au Théâtre national de la Cour impériale de Joseph II (en 1784). Stadler et son frère Johann sont les piliers de l'orchestre de de la Cour et passent pour avoir été les premiers solistes professionnels à Vienne - qui ne connaît encore que peu la clarinette.

© DR.
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Mozart écrira aussi pour Anton Stadler son "Trio des Quilles" (KV498), le Quintette de 1789 (KV581) ou encore le Concerto K622 (de 1791) dont l'adagio embrasse si joliment les envolées lyriques du film "Out of Africa". Cette sérénade ou "Gran Partita" en sept mouvements accompagnent une grande partie d'échecs en sept coups censée se passer entre les amis et compagnons de loge dans l'auberge Griechenbeisl où ils ont leurs habitudes.

Cette musique de plein-air qui se joue en soirée, avec son style galant et dansant, est fort bien défendue par les membres d'Appassionato. Ils parviennent avec fougue à en rendre le charme, les nuances expressives et les climats divers (comme dans cet adagio de toute beauté en son milieu) avec des numéros où chacun brille à son tour ou se lance dans un dialogue plein de fantaisie avec la clarinette. Un spectacle qui donne vraiment le sourire.

Pour les deuxième (janvier/février 2019) et troisième (mars/avril 2019) mouvements, le public découvrira d'abord des Lieder de Richard Strauss et un spectacle "Beethoven Labyrinthus" qui sera illustré par la musique de chambre du géant viennois. Ensuite le "Souvenir de Tchaïkovsky" suivra les concerts consacrés aux Quatuors de Ludwig van Beethoven (dédiés au Prince Razumovsky).

© DR.
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Toute cette saison, on y applaudira, entre nombreux autres talents, la soprano Anara Khassenova accompagnée du pianiste Vincent Mussat, le Quatuor Akilone et la belle troupe de musiciens du Centre de Musique de Chambre - un îlot de simplicité, de talent, de bonheur et de joie qu'il ne faut pas rater.

Programme complet et réservations :
Centre de Musique de Chambre de Paris.
Salle Cortot, 78 Rue Cardinet, Paris 17e.
>> centredemusiquedechambre.paris

Christine Ducq
Jeudi 6 Décembre 2018

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Concerts | Lyrique








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Ouverte en septembre 2023, cette nouvelle salle finit sa saison en rendant hommage à celle qui lui a donné son nom : Maria Casarès. Une salle citadine née de la volonté des deux codirecteurs de la Maison Maria Casarès, Matthieu Roy et Johanna Silberstein. C'est dans les anciennes écuries de la caserne de Poitiers que deux grandes salles voûtées abritent maintenant ce nouveau lieu destiné à présenter au public tourangeau une programmation hivernale (et donc plus confortable) qui vient en complément des activités de la maison mère d'Alloue.

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En 2017, les éditions Gallimard, avec l'accord de la fille d'Albert Camus, publiaient la Correspondance entre ces deux artistes. Une correspondance amoureuse de plus de 800 lettres, écrites du début de leur relation (la première est datée du 6 juin 1944) jusqu'au 30 décembre 1959. Cinq jours plus tard, Camus décédait dans un accident de voiture. Ces lettres, Catherine Camus les avait collationnées des années auparavant, ayant racheté celles que possédait Maria Casarès. Cette dernière les lui avait cédées par besoin d'argent, pour réparer le toit de sa maison d'Alloue…

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© Ève Pinel.
9 mars 1971, un petit bonhomme, dans les premiers pas de sa vie, goûte aux derniers instants du ravissement juvénile de voir sa maman souriante, heureuse. Mais, dans peu de temps, la fenêtre du bonheur va se refermer. Le drame n'est pas loin et le bonheur fait ses valises. À ce moment-là, personne ne le sait encore, mais les affres du destin se sont mis en marche, et plus rien ne sera comme avant.

En préambule du malheur à venir, le texte, traversant en permanence le pont entre narration réaliste et phrasé poétique, nous conduit à la découverte du quotidien plein de joie et de tendresse du pitchoun qu'est Miguel-Ange. Jeux d'enfants faits de marelle, de dinette, de billes, et de couchers sur la musique de Nounours et de "bonne nuit les petits". L'enfant est affectueux. "Je suis un garçon raisonnable. Je fais attention à ma maman. Je suis un bon garçon." Le bonheur est simple, mais joyeux et empli de tendresse.

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