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RV du Jour

"Mourons pour des idées... d'accord... mais de mort lente"

À écouter : Épisode 4

Quatrième et dernier épisode de l’interview de Philippe Torreton au sujet de son livre "Cher François Lettres ouvertes à toi Président", avec en bonus quelques annonces en avant-première.



Philippe Torreton © Patrick Fouque
Philippe Torreton © Patrick Fouque
Très cher François,

Si les lettres de Philippe ne t’atteignent et qu’elles ne te donnent pas quelques idées, je doute fort que la mienne te fasse un peu plus réagir.

Encore hier, un de mes amis directeur est venu me dire qu’il envisageait un automne blanc, qu’avec une baisse de 25 % de son budget, c’est un quart de sa saison qui sautait.

Un autre a carrément abandonné le navire. Il postule ailleurs, en n’étant pas dupe de cet ailleurs.

Et si, côté éducation, le budget est sauf, nos élèves, eux, s’appauvrissent. Tu expliques ça comment toi François ? Tu penses vraiment que chanter la Marseillaise suffira à faire changer les mentalités ?

Oh je suppose que je ne t’apprends rien. Même si tu ne prends pas le métro tous les jours et que ton palais se trouve sur une des avenues les plus chics du monde, tu dois bien être un peu au courant de tout cela.

Que veux-tu faire de nous François ? Quel sort réserves-tu à la France et aux Français ? Ne sais-tu pas que la culture est le cœur de notre société ? Sans elle, nous ne sommes rien, même plus des hommes…

"Or, s'il est une chose amère, désolante,
En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée,
Mourrons pour des idées d'accord, mais de mort lente…"*

Ah que j’aime notre vieux Brassens !
torreton4def.mp3 Ecoutez notre 4e et dernier RDV avec Philippe Torreton  (4.71 Mo)


"Cher François" Lettres ouvertes à toi, Président

Auteur : Philippe Torreton.
Éditeur : Flammarion.
Collection : Littérature française
Parution : 18/02/2015.
Format : 13,6 x 22 x 2 cm.
Prix : 18 €
EAN : 9782081334878.

Générique d'introduction de l'interview composé et interprété par Pierre-Yves Plat.

*Générique de fin : extrait de "Mourir pour des idées" de Georges Brassens.

>> À écouter aussi : Épisode 1
>> À écouter aussi : Épisode 2
>> À écouter aussi : Épisode 3

Jeudi 16 Avril 2015

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Isabelle Lauriou
05/02/2021
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© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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19/02/2021