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Concerts

Le Festival d'Auvers-sur-Oise fête ses 35 ans !

Depuis le 29 mai et jusqu'au 9 juillet 2015, le Festival d'Auvers-sur-Oise ravit petits et grands mélomanes pour la 35e année consécutive. Pour fêter en beauté cet anniversaire, le festival fondé et dirigé par Pascal Escande nous offre une affiche de premier ordre et des rendez-vous passionnants comme toujours.



© D. Martinelli.
© D. Martinelli.
Imaginez un petit bourg charmant dans l'écrin du Parc naturel du Vexin dans le Val d'Oise. Auvers-sur-Oise est un de ces endroits qui paraissent n'avoir guère changé depuis le dix-neuvième siècle quand les peintres impressionnistes y venaient tels Corot, Cézanne et Pissarro. Construit en hauteur à même une falaise de calcaire, Auvers-sur-Oise abrita les derniers jours de Vincent Van Gogh - qui devait lui donner sa gloire actuelle. Vingt ans après la mort du génie hollandais, on commença à se presser sur les traces du peintre - d'autant plus que celui-ci est enterré dans le cimetière d'Auvers avec son frère Théo. Cette année, le plasticien Hervé Di Rosa est invité par le festival pour commémorer sa disparition il y a 125 ans.

Évidemment les champs de blés fameux, les petites rues désuètes et charmantes d'Auvers et les stations de la passion de l'Aztèque, désormais idolâtré pour son bleu cobalt et son jaune de chrome n°3, ne sont pas les seuls motifs de visite. Tous les amateurs de bonne musique vous le diront. Outre l'auberge Ravoux et le Musée Daubigny*, on peut pénétrer dans la fameuse Église Notre-Dame qu'immortalisa justement Van Gogh pour y écouter les meilleurs interprètes - jeunes et confirmés. Et les grands artistes n'ont pas manqué depuis trente-cinq ans : ils ont fait l'histoire du festival. Citons pêle-mêle Georges Cziffra, Christa Ludwig, Régine Crespin, Ruggero Raimondi et Aldo Ciccolini - et beaucoup d'autres encore.

Insula orchestra, Laurence Equilbey © Julien Mignot.
Insula orchestra, Laurence Equilbey © Julien Mignot.
Pour ceux des générations suivantes qui sont fidèles au festival, l'affiche n'est pas moins délectable. Cette année, la pianiste Hélène Grimaud est revenue à Auvers-sur-Oise se souvenant qu'elle y avait débuté à dix-neuf ans. Renaud Capuçon et Maria-Joào Pires y sont attendus eux aussi en dignes habitués qu'ils sont. La chef Laurence Equilbey (en résidence au festival) viendra pour la deuxième année consécutive avec Insula Orchestra.

Outre la venue de jeunes talents déjà célèbres tels le Quatuor Modigliani et la soprano Sabine Devieilhe (et tous ceux à découvrir), trois productions exceptionnelles assurent la continuité de ce rendez-vous devenu incontournable. "Le Messie" de Haëndel par le King's Consort de Robert King a ouvert cette 35e édition, les Arts Florissants de William Christie accompagneront le 3 juillet Emmanuelle de Negri. L'Ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi donnera en clôture l'imposante "Missa Solemnis" de Beethoven avec le renfort d'une pléiade de jeunes chanteurs prometteurs (dont le ténor Julien Behr).

Enfin, rappelons que le Festival d'Auvers-sur-Oise soutient la création contemporaine par des commandes (le compositeur invité est Jean-Charles Gandrille) et le soutien aux grands interprètes de demain grâce à son label "DiscAuvers". C'est un petit génie russe découvert l'an dernier à Auvers qui se voit offrir son premier enregistrement français. Le pianiste Miroslav Kultyshev a ainsi gravé les 24 "Études" opus 10 et 25 de Chopin en l’Église Notre-Dame en 2014. Réentendu en mars 2015 à Paris à l'occasion de la sortie du CD, ce jeune prodige a fait vivre au public un de ces moments d'émotion forte qu'il n'est pas prêt d'oublier. À vérifier au récital enregistré en live.

Note : *Je recommande l'exposition consacrée à "Van Gogh au cinéma" jusqu'au 20 septembre 2015.

Concerts jusqu'au 9 juillet 2015 à 21 h.

Festival d'Auvers-sur-Oise, 01 30 36 77 77.
Église Notre-Dame, Auvers-sur-Oise (95).
>> festival-auvers.com

● "Miroslav Kultyshev - Chopin / 24 Etudes".
Live in Auvers-sur-Oise.

Label : DiscAuvers.
Distribution : Socadisc.
Sortie : 19 mars 2015.

Christine Ducq
Vendredi 12 Juin 2015

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Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
En ces temps si particuliers, où nous sommes coincés - petits et grands - dans nos lieux de vie, notre disponibilité pour lire, écouter, songer, affabuler, s'évader sur des histoires anciennes ou nouvelles, est grande. C'est l'occasion aussi de redécouvrir nos classiques, mais en mode inédit, portés par des phrasés mélodiques et des conteurs aux personnalités affirmées et talentueuses.

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Gil Chauveau
15/11/2020
Spectacle à la Une

"Rabudôru, poupée d'amour" Une expérience intime de théâtre filmé, diffusée en direct via le web

L'incidence de la mise en sommeil de tous les spectacles, en ce mol novembre 2020, n'est pas la seule raison de cette représentation destinée aux internautes à laquelle nous à conviée la Compagnie La Cité Théâtre. Dès la conception du spectacle, Olivier Lopez, auteur et metteur, envisageait une double vision du spectacle : une en contact direct avec le public de la salle, l'autre en streaming par captation en temps réel.

© Julien Hélie.
"Le "ciné live stream" est un autre regard sur l'histoire de "Rabudôru". Accessible en ligne, cette "dématérialisation" interroge l'expérience théâtrale, la place du(de la) comédien(ne), entre l'image et le plateau. (Olivier Lopez/Dossier de presse).

Le plateau de théâtre devient également plateau de cinéma, avec cadreurs, techniciens et cabine de réalisation intégrée. Le but est de rechercher d'autres rapports à la scène que cet éphémère "ici et maintenant" dont le spectacle vivant a toujours été fier et dépendant. C'est un ici au ailleurs que propose Olivier Lopez mais pas seulement.

Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
16/11/2020
Sortie à la Une

"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

Éberlué par tant de perspicacité bienveillante mais non moins mordante, on jubile… Rien ne nous est épargné du grotesque qui sous-tend les comportements de la meute de ces (braves) gens commentant avidement la cavale du dangereux mécréant ayant bravé l'interdit suprême des fidèles du "Temple de la consumation". Et si le trait est grossi à l'envi, il déforme à peine la réalité des travers.

Yves Kafka
29/10/2020