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Concerts

La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris

L'Orchestre de Paris effectuait sa rentrée en invitant la cheffe américaine Marin Alsop et la pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili à la Philharmonie de Paris.



Concert en 2015 © Beaucardet.
Concert en 2015 © Beaucardet.
Exit les "Chichester Palms" pour chœur mixte et orchestre de Léonard Bernstein, le programme du concert de rentrée de l'Orchestre de Paris a été légèrement revu à la baisse afin de répondre aux exigences des décrets concernant la situation sanitaire actuelle. Demeuraient au programme le Concerto pour piano numéro un de Beethoven et la cinquième symphonie de Chostakovitch, pour une soirée sans entracte et avec distanciation physique sur la scène comme en salle.

L'orchestre de Paris, visiblement heureux de jouer, accueillait pour la deuxième année consécutive une femme pour le diriger. La cheffe Marin Alsop de passage à Paris, puisqu'elle est membre du jury du concours "la Maestra" organisé actuellement à la Philharmonie de Paris, était la candidate idéale. Petite mais énergique, Marin Alsop cultive manifestement une vraie entente avec l'orchestre. Son entrée sur scène avec la sculpturale Khatia Buniatishvili en robe longue scintillante a manifestement plu au public. On sait à quel point la pianiste géorgienne est populaire après ses nombreux passages télévisuels - n'en déplaise à certains esprits chagrins ou jaloux, n'hésitant pas à lui reprocher une tendance au narcissisme et à l'épate - un jugement, de fait nullement confirmé lors de ce concert.

Choeurs de l'Orchestre de Paris © DR.
Choeurs de l'Orchestre de Paris © DR.
Pour ce premier concerto pour piano de Beethoven composé fin 1795 ou en 1796, où s'entend encore la double influence d'un Haydn et d'un Mozart, le jeu de Khatia Buniatishvili est d'une sensualité radieuse dans l'Allegro con brio - mais aussi subtil dans les délicates arabesques qui ornent les deux thèmes énoncés par l'orchestre. Son interprétation du Largo en la bémol mineur n'est certes pas le plus bouleversant qu'on puisse entendre, mais là encore délicatesse extrême et toucher souple sont notables, témoignant d'un beau contrôle sur la matière sonore. Le Rondo final, vite engagé, est aussi brillant que virtuose.

Après un bref entracte de dix minutes, place à la cinquième symphonie de Chostakovitch. Donnant une occasion certaine de faire briller l'orchestre et ses solistes virtuoses, la cinquième symphonie opus 47 composée en 1937, en pleine terreur stalinienne, est une réponse du compositeur à "de justes critiques", celles violemment formulées dans la Pravda pendant l'affaire "Lady Macbeth de Minsk" - un opéra qui avait fortement déplu à Staline. Susceptible d'être envoyé au goulag comme n'importe quel citoyen soviétique à cette période, Chostakovitch écrit : "Je me suis efforcé à ce que l'auditeur soviétique ressente dans ma musique un effort en direction de l'intelligibilité et de la simplicité".

Marin Alsop © Grant Leighton.
Marin Alsop © Grant Leighton.
À l'écoute de cette fresque de trois quarts d'heure, son langage paraît pourtant à peine moins novateur que celui de la symphonie numéro 4, dormant au fond d'un tiroir depuis 1936 pour éviter les problèmes avec les autorités. Marin Alsop ne nous offre pas l'interprétation du siècle mais elle parvient à susciter un discours qui ne démérite pas : la tension émotionnelle surgit parfois comme la puissance des éclats. Cette angoisse qu'on aurait aimer parfois plus douloureuse fait place dans l'Allegretto à la gaieté et à la verve, pour réapparaître dans le troisième mouvement du Largo. Le finale, tout en puissante vitalité nous entraîne irrésistiblement dans un maelström énergique et vers une apothéose sonore éminemment ironique.

Si on peut déplorer que la version offerte par la cheffe américaine ne soit pas toujours des plus prenantes, les contrastes sont sèchement marqués, les cordes tranchantes comme espérées, les bois vifs, entre autres. L'ensemble ne manque certainement pas de force. Les musiciens de l'orchestre font merveille comme toujours. Dans les solos, le premier violon Roland Daugareil, remarquable, est tour à tour primesautier ou bouleversant dans ses interventions. On notera aussi celles de la clarinette de Pascal Moraguès, celles du hautbois d'Alexandre Gattet. Sans oublier tous les autres musiciens et pupitres (harmonie, percussions) qu'on ne peut nommer in extenso et qui sont chaleureusement (en toute justice) salués par un public chauffé à blanc. Une ouverture de saison réussie, qui console et divertit comme il se doit en cette période si difficile.

Concert entendu le 9 septembre 2020.
Disponible à l'écoute sur le site de la Philharmonie de Paris.

Programme de la saison 2020/2021 :
>> orchestredeparis.com

Christine Ducq
Mercredi 16 Septembre 2020

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Gil Chauveau
09/09/2020
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Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

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Gil Chauveau
17/09/2020
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"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et l'une de ses figures majeures, Louise Michel, sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur des fondations soixante-huitardes bienfaisantes, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

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Gil Chauveau
31/08/2020