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La bénédiction d'Alexis Michalik, porteur d'histoires, auteur vivant et authentique !

La chronique d'Isa-belle L

Michalik, lik, lik, lik, s'en va de bon matin, auteur, génial et inspiré… conquérir les salles du monde entier, en passant par Vibraye dans la Sarthe, et y déposer chacun de ses spectacles.
Michalik, lik, lik, lik, que les spectateurs soient ou ne soient pas "cathos", trace sa route, redonnant au théâtre le sourire, tout comme un temps, cette "Sœur" à Dominique*.



© Alejandro Guerrero.
© Alejandro Guerrero.
Peut-être ne le sait-il pas, Alexis, mais ce tube, "Dominique, nique, nique", qui rime avec son nom Michalik, a lui aussi connu un immense succès. Détrônant même à son époque, Elvis Presley et les Beatles en tête des ventes. Succès mondial, millions en cascade mais fin nettement moins idyllique.

L'auteure du tube religieux s'en est allée rejoindre les cieux pendant qu'Alexis, lui, continue sa route avec, à l'affiche, trois pépites qu'il a lui-même écrites. C'est ce qu'on appelle un auteur prolifique.

Et c'est sur "Intra Muros" que je jette, en cette rentrée chaude et bordélique, mon dévolu.
La Pépinière théâtre, non loin de la place de l'Opéra. Quartier chic. J'invite mon meilleur ami à m'accompagner voir la dernière création d'Alexis Michalik. Nouvelle, pas tout à fait. Elle a été créée l'an passé. J'ai loupé les premières, mais comme souvent Alexis revient et qu'il rafle en plus tous les "Molière", je n'allais pas me priver d'une virée offerte à la Pépinière.

Alexis Michalik est un auteur vivant. Auteur de théâtre vivant. C'est important. Je crois que, désormais, toute la famille du théâtre français s'accorde à dire qu'il est un incontournable, mais il aura fallu un peu de temps pour prouver à quelques fessiers bien calés dans leur fauteuil de velours, manquant un peu de curiosité, que le théâtre du XXIe siècle pouvait enfin compter sur de nouvelles têtes pour offrir au public un autre langage, une autre forme de théâtre.

© Alejandro Guerrero.
© Alejandro Guerrero.
Certes, il y aura toujours les éternelles reprises de nos classiques, de Molière à Musset, de Claudel à Racine puis Feydeau ou Courteline… Mais savoir que, dans notre monde moderne, les coups d'éclat d'un Visniec, Michalik ou Pommerat sont désormais identifiés, c'est une belle avancée. D'ici vingt ans, les femmes auteures pourront peut-être, elles aussi, s'inviter chez Ruquier.

"Intra muros", c'est un puzzle, une autre belle histoire qui, cette fois, se passe dans le milieu carcéral. Un metteur en scène vient dispenser son premier cours de théâtre en centrale, seuls deux détenus se présentent. Autant dire que le challenge n'est pas gagné !
Et pourtant…

Je ne vais pas m'attarder sur l'histoire parce qu'il faut la voir. Le théâtre, il faut y aller, c'est toujours compliqué de raconter. Je vais plutôt, et une nouvelle fois, applaudir de mes doigts dansant sur un clavier un peu abîmé les comédiens. Tous les comédiens que cet auteur et metteur en scène dégaine sur le plateau. Les comédiens sont bons. Excellents, même.

Hier soir, il y avait : Joël Zaffarano, Nicolas Martinez, Elizabeth Ventura, Marie Sang de Bourbe, Christopher Bayemi. Et un super musicien.

© Alejandro Guerrero.
© Alejandro Guerrero.
Alexis Michalik alterne ses équipes d'acteurs et, hier soir, je ne les connaissais pas tous. Moins identifiés (encore) mais magistralement bons. Voilà la réussite d'Alexis Michalik. Il maîtrise toujours son casting, et assure une direction d'acteurs soignée et précise.

Les comédiens s'amusent, donnent, redonnent. On rit, on s'émeut, le public n'a pas envie de les voir quitter le plateau.

C'est un pur moment de bonheur, c'est un grand instant de théâtre. Moderne. Avec de belles valeurs. La transmission, l'amour, les peurs, la vie quoi !

Je lui souhaite encore de belles heures, de l'envol, qu'il continue à remplir les salles de France, d'Amérique ou d'Océanie. Qu'il mette en valeur ce que le théâtre signifie aujourd'hui, sans lourdeur, sans cri, sans monologue qui dure des heures.

Sœur Sourire, et sa "Dominique", a connu le succès et la malédiction. Alexis Michalik connaît le succès et, pour la France aujourd'hui, pour le théâtre, il est une vraie bénédiction.

*Sœur Sourire, de son vrai nom Jeanine Deckers (1933-1985), a connu un succès mondial en 1963 avec sa chanson "Dominique" dont elle était auteure, compositrice et interprète.

"Intra Muros"

© Alejandro Guerrero.
© Alejandro Guerrero.
Texte : Alexis Michalik.
Mise en scène : Alexis Michalik.
Avec, en alternance : Jeanne Arènes, Christopher Bayemi, Bernard Blancan, Sophie de Fürst, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson, Elisabeth Ventura, Nicolas Martinez, Fayçal Safi, Joël Zaffarano.
Musiciens, en alternance : Raphaël Bancou, Sylvain Briat, Raphäel Charpentier et Mathias Louis.
Création lumières : Arnaud Jung.
Scénographie : Juliette Azzopardi.
Costumes : Marion Rebmann.
Musique : Raphael Charpentier.
Durée : 1 h 45.

Du 28 août 2018 au 2 mars 2019.
Du mardi au samedi à 21 h, matinée le samedi à 16 h.
Relâches exceptionnelles les 8, 9, 10, 15 et 17 novembre 2018 ainsi que les 10, 11 et 12 janvier 2019.
La Pépinière Opéra, Paris 2e, 01 42 61 44 16.
>> theatrelapepiniere.com

Isabelle Lauriou
Mardi 18 Septembre 2018

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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