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Théâtre

L'héritage du mime Marceau est encore et toujours, oh joie !, un langage universel

"Out of place", Studio Hébertot, Paris

Dans un monde qui se cloisonne volontairement, et de plus en plus par les différences de richesses, de religions, de cultures, de couleurs de peau, de langues, de modes vestimentaires, de groupes ethniques, de mœurs, de sexes, d'âges… un langage capable d'être saisi et des histoires partagées par tous devient presque un miracle. Le mime est capable de ce miracle, comme la musique et d'autres arts transcendants.



© Hristo Kanchev.
© Hristo Kanchev.
Guérassim Dichliev est bulgare, il découvre le mime en 1989. En 1993, il est à Paris. Il entre à l'école de Marceau. Il en devient ensuite l'assistant. À l'image de son maître qui créa Bip, l'alter ego grâce auquel le mime Marceau entra dans tous les imaginaires, il revêt dans ce spectacle un personnage aux traits marqués, unique comme les grands clowns s'inventent leurs doubles de scènes qui autorisent leurs rires, leurs rêves, leurs paniques, leurs histoires.

C'est ainsi qu'il entre en jeu, comme un spectateur de plus, anonyme, jouant des coudes et des excuses pour finalement trouver sa place… comme le titre ironique du spectacle l'indique : "Out of place". C'est aussi une entrée ludique dans l'univers tonitruant de ce personnage en manteau long, en chapeau, comme sorti d'un film en noir et blanc. Non, plutôt que de rentrer dans son univers, c'est plutôt le contraire qui arrive. L'univers du bonhomme envahi soudain tout. Et c'est un déferlement d'histoires, comme un rêve qui se transforme en cauchemar et le cauchemar en rêve et ainsi de suite.

© Hristo Kanchev.
© Hristo Kanchev.
Guérassim Dichliev est l'antithèse physique de Marceau qui forçait ses traits avec du maquillage. Guérassim Dichliev a ce qu'on appelle une tête, un visage démesuré dans l'expression, un paysage à lui tout seul. Pas besoin de maquillage : un sourire, un front qui se dresse, une commissure qui s'abaisse et c'est comme si toute l'ambiance du plateau passait d'un sentiment à un autre.

Le mime devient alors, grâce à une bande-son quasi constante, aussi drôle et délirant que certains cartoons américains de la grande époque, celle de Tex Avery. Les références ciné foisonnent. Les bruitages aussi. Le rêve cauchemar passe par ces interventions sonores pour malmener le héros de folies douces en folies sévères.

Et puis, le mime a de tels côtés Fernandel qu'il est difficile de ne pas finir par être en empathie totale. Car on revient toujours la même histoire touchante de l'être simple, timide et maladroit. Une filiation qui va de Charlot à Bip jusqu'au Grand Blond. Voilà l'occasion de découvrir un autre personnage de cette grande famille d'êtres qu'on a envie de serrer dans ses bras ou de partir avec, voir le monde d'un œil neuf.

"Out of place"

© Evgeni Dimitrov – BulFoto.
© Evgeni Dimitrov – BulFoto.
De et avec Guérassim Dichliev.
Mise en scène d'Édouard Dedessus Lemoutier.
Durée : 1 h 15.

Du 11 octobre au 11 novembre 2018.
Du jeudi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h.
Studio Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.
>> studiohebertot.com

Bruno Fougniès
Mercredi 17 Octobre 2018

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Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

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Gil Chauveau
09/09/2020
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Gil Chauveau
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Gil Chauveau
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