La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Paroles & Musique

L'ancien café des bouchers de la Villette se met à la chanson

La chanson en rêvait, Serge Hureau l'a fait... Le 4 avril sera inauguré le premier lieu culturel entièrement dédié aux répertoires de la chanson. Le Hall, Centre National du Patrimoine de la Chanson, ouvrira ses portes au Pavillon du Charolais (1), ancien café des bouchers de la Villette qui a successivement abrité le TILF puis Le Tarmac.



© DR.
© DR.
Depuis plus de vingt ans, Serge Hureau - que nous connaissons bien pour ses remarquables et mémorables spectacles sur Édith Piaf, Charles Trenet, Barbara ou récemment sur les cantiques avec le spectacle "Bêtes à Bon Dieu" - porte haut et fort l'étendard de la chanson... et de ceux qui lui donnent vie : auteurs, compositeurs, interprètes, lieux de spectacles, etc.

À travers le Hall de la Chanson (Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques Actuelles), dont le Ministère de la Culture et la Sacem lui ont confié la direction à sa création en 1990, Serge Hureau poursuit l'objectif de valoriser le patrimoine artistique que représentent les chansons et leurs créateurs trop souvent tombés dans l’oubli. Un répertoire vertigineux qui prend son sens dans les interprétations et les mises en scène de Serge Hureau comme dans sa direction des actions du Hall, quelles que soient leurs formes.

Depuis sa création, Le Hall a touché plus de 85 000 spectateurs, produit plus de 30 conférences chantées, plus d'une trentaine de spectacles, une dizaine de visites-spectacles, sans compter les concerts intégrés aux colloques et aux conférences qu’il organise…
C'est aussi un site Internet unique en son genre, à la fois création multimédia, reflet des actions menées et véritable "musée de la chanson" en ligne avec 6 000 titres conservés, 40 sites d’auteurs produits et édités par Le Hall, des anthologies, des captations, des sites éducatifs, des supports d’animation, etc.

© DR.
© DR.
Aujourd'hui donc, le Hall de la Chanson va enfin pouvoir disposer d'un lieu de création artistique (avec une salle de 140 places) mettant en valeur le vaste répertoire de la chanson, avec la volonté affirmée de faire (re)vivre le patrimoine de la chanson en France, en Europe et dans la francophonie... grâce notamment à des ateliers, stages, séminaires et universités, conférences chantées, formations, actions pédagogiques, etc.

À cet effet sont déjà prévus des spectacles et concerts réinterprétant, réarrangeant les œuvres du patrimoine de la chanson ; les "Rendez-vous du Hall" (rencontres autour d’un artiste, d’une œuvre ou d’un style de référence, associant interprétation analytique par des chercheurs, des journalistes et réinterprétation par des chanteurs d’aujourd’hui) ; des colloques chantés et journées d’étude en partenariat avec des universités et des écoles supérieures d’art, toujours transdisciplinaires, mêlant l’artistique et la recherche ; la création d’anthologies sonores de la chanson (enregistrement de centaines de titres jamais enregistrés jusqu’à présent) ; des stages d’interprétation et d’arrangement des œuvres du répertoire, pour chanteurs, musiciens et comédiens ; l'accueil des publics aux enregistrements, master-classes et répétitions ; la création d’une chorale mêlant professionnels et amateurs ; des actions de sensibilisation auprès des scolaires, centres de loisirs, groupes ; la création d’une web-radio-télévision ; et la mise en place d’un cursus de formation initiale et la poursuite d’un cursus de formation supérieure à l'automne 2013.

Un programme certes ambitieux mais à la mesure de l'énergie et du dynamisme de Serge Hureau et de son équipe... qui ont prouvé ces dernières années leur capacité à faire de la chanson un art majeur et une véritable spécificité culturelle française !

(1) Situé dans le parc de la Villette, entre la Grande Halle et le canal de l’Ourcq, le Pavillon du Charolais, ancien Café des Bouchers de la Villette, a successivement abrité le TILF (Théâtre International de Langue Française, dirigé par Gabriel Garran) et le Tarmac (dédié à la scène internationale francophone).

Programme inaugural :

© DR.
© DR.
Jeudi 4 avril 2013.
20 h 30 : "L’Être Intime".
Spectacle imaginé par Clotilde Courau à partir de la collection privée de Anne-Marie Springer (paru aux éditions Textuel), avec Lionel Suarez. Direction artistique : Serge Hureau (coproduction Clotilde Courau/Le Hall).

Puis tous les jeudis jusqu’au 13 juin (sauf le 2 et le 9 mai) à 20 h 30.
22 h : Cocktail-2-Chansons.
Concert-cabaret, savant et éclectique mélange de chansons d'hier et d'aujourd'hui, réunissant chanteurs et chanteuses de la scène actuelle ( avec Alexis HK, Albin de la Simone, Jil Caplan, Polo, Néry, Rachel des Bois... et bien d'autres !), les artistes familiers du Hall (Olivier Hussenet, Manon Landowski notamment), ainsi que de tout jeunes artistes (issus notamment des Conservatoires Supérieur d'Art dramatique et de Musique). Spectacle offert (réservation par avance au 01 53 72 43 00 ou sur reservation@lehall.com).

Vendredi 5 avril 2013.
20 h 30 : Cocktail-2-Chansons.
Spectacle offert (réservation par avance au 01 53 72 43 00 ou sur reservation@lehall.com).

Samedi 6 avril 2013.
16 h : "Chansons d’Enfance".
Avec Manon Landowski, Olivier Hussenet et François Marillier.
Comme les contes, les chansons dites "pour enfants" recèlent des trésors de monstruosités comiques et offrent des clefs pour aborder les mystères : la naissance, la rencontre de l’autre dans l’amour ou la guerre, le désir, la peur, la joie, le savoir, le travail, l’amitié, le deuil, les peines et les éclats de rire.
20 h 30 : "Inédite Piaf".
Par Serge Hureau (création), avec Claude Barthélemy et Olivier Hussenet.
A l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort d’Édith Piaf, Le Hall a souhaité faire découvrir la passion d’Édith pour le blues. Serge Hureau et ses acolytes se saisissent du répertoire non-enregistré de la môme et de quelques-unes de ses "faces  B", pour les repeindre en blues.

Le Hall, Pavillon du Charolais, Paris 19e, 01 53 72 43 00.
>> lehall.com

Gil Chauveau
Mercredi 3 Avril 2013

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021


Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.








Vidéos les plus récentes



À découvrir

Oui, nous pouvons permettre aux musiciens de pratiquer sans risque et sans mise en danger du public !

L'Institut Technologique Européen des Métiers de la Musique, le syndicat CSFI (Chambre Syndicale de la Facture Instrumentale), le syndicat Les Forces Musicales, c'est-à-dire les professionnels des instruments de musique, des orchestres et opéras français sont parvenus à établir un socle de connaissances solides scientifiquement prouvées sur les enjeux et les risques sanitaires liées à la pratique musicale et vocale. Il sont désormais en état de délivrer des préconisations et de nouveaux protocoles pour permettre aux musiciens de pratiquer sans risque et sans mise en danger du public. Fanny Reyre Ménard, à la tête du pilotage du Projet PIC VIC (Protocole pour les instruments de musique face au coronavirus, Pratique instrumentale et vocale) nous en a dit plus.

Bois & cuivres © Buffet Crampon.
Fanny Reyre Ménard est Maître Artisan luthière à Nantes depuis 1988 et vice-présidente du CSFI. Elle peut, au nom de ses collègues et camarades engagés dans ce groupe interdisciplinaire de travail (depuis avril 2020), affirmer aujourd'hui qu'une pratique musicale en ces temps de coronavirus n'est pas plus dangereuse que les principaux gestes et actes de notre vie quotidienne.

Un enjeu important puisqu'on parle ni plus ni moins que de rouvrir les salles de concert et les Opéras. Il s'agit également d'encourager la reprise normale d'une pratique musicale, instrumentale et vocale grâce aux outils et connaissances obtenus après quasiment une année de recherches.

Une recherche menée et des résultats obtenus grâce à une synergie de forces tout à fait exceptionnelle ; outre les professionnels des instruments de musique, des orchestres et autres opéras, les ingénieurs Recherche et Développement de structures importantes en facture instrumentale telles que Buffet Crampon, associés à des laboratoires de recherches en biologie, des spécialistes en aérosols ou en dynamique des fluides ont rejoint dans ce but commun (en savoir plus et agir en conséquence) l'Unité des Virus Émergents de l'Institut universitaire hospitalier de Marseille. Le milieu musical à l'arrêt en mars 2020 souhaitait reprendre l'avantage, la crise sanitaire ayant laissé tout le monde provisoirement sans réponse. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Christine Ducq
31/03/2021
Spectacle à la Une

"Respire" Un conte moderne qui traverse les airs comme un souffle magique

Johanne Humblet est funambule. Avec la Compagnie Les filles du renard pâle, elle parcourt le monde pour tendre ses câbles entre les immeubles, les monuments, les grues, elle les fait grimper, se courber en spirale, plonger dans des lacs, traverser des places, des rivières. "Le fil est le lien qui relie un point à un autre, au-dessus des frontières, des barrières, il rassemble. Un lien autant symbolique que concret", explique-t-elle. Elle tisse ainsi son parcours d'équilibriste : quelques dizaines ou quelques centaines de mètres de long et seulement 12 millimètres de diamètre.

© Les filles du renard pâle.
Mais la conception que cette funambule pleine de rêve fait de ses spectacles ne s'arrête pas à l'exploit. Et même si elle évolue sans sécurité aucune, elle ne cherche pas à provoquer chez celui qui regarde le nœud qui noue le ventre à l'idée de la chute dans le vide. Cette réaction est là, quoi qu'il en soit, mais Johanne Humblet ne s'en contente pas. Elle raconte des histoires. Et elle ne les raconte pas seule.

Avec elle, mais au sol, un groupe de trois musiciens rocks va l'accompagner tout au long de sa traversée. La partie musicale du spectacle est très importante. Un rock très teinté métal, trois musiciens aux looks punky qui suivent de leurs compositions l'évolution de la funambule là-haut. Ce sont des échanges, rythmes et regards, qui orchestrent l'évolution du chaperon rouge des airs tandis qu'au sol le loup surveille. Une autre partie importante du spectacle, qui a pour objectif de se jouer la nuit, est dirigée par l'équipe lumière, des lumières élaborées qui font le lien en collant à la musique et en découpant la funambule dans le ciel.

Bruno Fougniès
23/03/2021
Spectacle à la Une

"Adeno Nuitome" Une glorification de l'amour

Lola Molina questionne pour la deuxième fois les stigmates de l'amour. Dans sa pièce précédente intitulée "Seasonal Affective Disorder" (déjà dans une mise en scène de Lélio PLotton), elle s'était intéressée à la cavale hors normes, et pas correcte du tout politiquement parlant, d'une ado de 14 ans et d'un chanteur vaguement raté de 50 piges. Dans "Adeno Huitome", le couple est moins romanesque puisqu'ils ont à peu près le même âge. Lui est régisseur lumière, Elle, écrivain. Ils vivent ensemble en joyeux citadins et suivent chacun des carrières vouées à la réussite jusqu'au jour où le cancer s'immisce dans leur histoire. C'est sur Elle que ça tombe.

© Jonathan Michel.
Une nouvelle qui bouleverse leurs projets : ils changent de vie, abandonnent la ville, achètent une maison en pleine nature. C'est là qu'elle vit dorénavant entre la rivière, les arbres en fleurs, les animaux sauvages et l'écriture. Lui revient de ses tournées dès qu'il le peut. La pièce se construit ainsi en courtes interventions de l'une ou de l'autre et de scènes à deux. Mélanges de souvenirs, de narrations et moments de vie qui nous font découvrir peu à peu l'histoire de ces deux personnages et les variations de leur amour l'un pour l'autre.

Le texte autant que la mise en scène évitent avec bonheur tout réalisme. C'est plus vers une poésie de réconciliation avec la nature que vers l'analyse des dommages de la maladie que notre attention est tournée. Lola Molina scrute avec art et tendresse les remous intimes que la présence de cette menace provoque. Elle (le personnage féminin), prise entre la solitude de cette nouvelle maison et la solitude de son travail d'écriture navigue entre nostalgie de l'adolescence et besoin d'une vitalité que l'environnement bourgeonnant de la maison lui apporte. Lui se dévoue pour l'entourer de toute son attention.

Bruno Fougniès
15/04/2021