La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

Festival de Prades : Et Orphée apparut en Catalogne !

[En direct du Festival Pablo Casals à Prades.] Votre intrépide reporter vous a promis en exclusivité le récit d'une soirée INOUBLIABLE, la fameuse nuit du 8 août ! C'est qu'il faut bien reconnaître - en accord avec tous les festivaliers - que nous avons assisté au meilleur concert de cette soixantième édition.



Xavier de Maistre © Nemo Perier Stefanovitch.
Xavier de Maistre © Nemo Perier Stefanovitch.
Pourquoi ? D'abord, le programme était à tomber : la soirée était placée sous l'étoile du grand "Claude de France". Vous aurez reconnu Claude Debussy, digne chef (quoiqu'il en dît à l'époque) de cette insurpassable école française, et de cette admirable musique où la surprise et le plaisir priment sur toute autre considération au tournant des XIXe et XXe siècles.

Des chefs-d'œuvre tels que le "Prélude à l'après-midi d'un faune" et "Le martyre de Saint-Sébastien" ont donc fait l'objet de transcriptions pour des formations de musique de chambre, mais aussi beaucoup d'autres pièces d'un Maurice Ravel par exemple. Et ils ont résonné comme jamais sous les hautes voûtes de l'abbaye Saint-Michel de Cuxa.

La musique allemande post-romantique n'a pas été oubliée dans ce concert très riche : Richard Strauss, Gustav Mahler et Alban Berg - presque supportable avec ses "Quatre Pièces" pour clarinette (Michel Lethiec) et piano (Itamar Golan).

Xavier de Maistre © Nemo Perier Stefanovitch.
Xavier de Maistre © Nemo Perier Stefanovitch.
Des trésors donc. Mais pas seulement du côté des partitions ! Si la soirée fut exceptionnelle, ce fut grâce à la présence magnétique du harpiste français Xavier de Maistre - pourtant entouré de très bons musiciens. Rien d'étonnant, ce toulonnais d'origine a été le premier partout : au Conservatoire, aux concours internationaux prestigieux, à la Philharmonie de Vienne - il a été le premier instrumentiste français à y être amis en 1998. Et le premier à s'y produire comme soliste. Les connaisseurs apprécieront.

Avec son physique de jeune premier et son jeu virtuose - et la harpe est un des instruments les plus difficiles qui soient -, on ne pouvait ce mercredi soir que s'exclamer : c'est Apollon avec l'éloquence d'Orphée ! Se riant des six octaves et demie que permettent les 47 cordes de la harpe (lointaine descendante de la lyre), Xavier de Maistre a fait fondre unanimement les pierres et les cœurs dans l'abbaye.

Abbaye Saint-Michel de Cuxa © Josep Molina.
Abbaye Saint-Michel de Cuxa © Josep Molina.
Justement acclamé, cet interprète d'exception a galvanisé ses camarades - les Quatuors Artis et Shanghaï au top - dans une inoubliable transposition de l'Adagietto de la Ve Symphonie de Mahler par un jeu inspiré, conjuguant idéalement toucher aérien et glissandos envoûtants. Coup de foudre pour le public du Festival. Une soirée magique et une surprise de taille : c'était Orphée à Prades !

Festival Pablo Casals
Du 26 juillet au 13 août 2012.
33, rue de l'Hospice, BP 50 024, 66502 Prades.
Renseignements et réservations : 04 68 96 33 07.
>> prades-festival-casals.com
>> Le programme complet.

Christine Ducq
Lundi 13 Août 2012

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique


Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.







À découvrir

Bernard Adamus "C'qui nous reste du Texas"… Blues et beau

Pour son quatrième album, Bernard Adamus, avec son style blues très marqué, fricote avec le rock pour nous mener vers le grand nord sur des chansons qui se nourrissent de différents tempos aux paroles truculentes.

Bernard Adamus
Bernard Adamus, d'origine polonaise, a débarqué à ses trois ans au Québec. Depuis maintenant plus de dix ans, il trace une ligne artistique saluée par la critique avec ses albums "Brun" (2009), "No2" (2012) et "Sorel soviet so what" (2015). Du premier jusqu'au dernier LP, "C'qui nous reste du Texas", la qualité est toujours chevillée aux accords.

Avec ses dix titres, cet opus a une allure toujours foncièrement blues aux relents parfois rock. L'artiste a laissé très majoritairement son harmonica dans son étui. Sa voix, caractéristique, traînante, presque criarde, est utilisée comme effet multiplicateur de ses émotions.

Les chœurs sont discrets bien que parfois appuyés comme pour "Chipotle". Certaines compositions telle que "L'erreur" excelle dans un blues avec la contrebasse de Simon Pagé très présente, accompagnée de quelques notes de piano pour rendre un son plus clair quand celui-ci est, à dessein, légèrement étouffé par des percussions. La voix monte haut perchée au refrain où claironne un saxophone donnant un tournis musical, tel le reflet d'un état d'âme où la tristesse se berce d'incompréhension. C'est dans ces cassures de rythme que se mêlent d'autres éléments musicaux et vocaux donnant une tessiture aboutie. Le début d'une chanson peut ainsi être décharné à dessein comme celui d'un désert, d'un seul à seul avec l'artiste.

Safidin Alouache
05/05/2020
Spectacle à la Une

"I Fratelli Lehman" par la Cie Tom Corradini Teatro de Turin

Captation intégrale Ce spectacle sans paroles (ou très peu) - mais pas sans bruitages ! - devait être présenté au Théâtre Ambigu durant le festival Off d'Avignon cet été. Du fait de l'annulation, la compagnie italienne Tom Corradini Teatro de Turin vous invite à visionner cette pièce burlesque sur l'argent, la cupidité et l'amour raconté avec le langage du clown, sans interaction verbale, adapté à un public de tous âges et de toutes nationalités.

Comédie visuelle et physique interprété par deux talentueux clowns turinois (Tom Corradini et Michele Di Dedda), "I Fratelli Lehman" (The Lehman Brothers) raconte l'histoire d'un couple de banquiers et de financiers dont les capacités et les compétences les ont rendus célèbres et respectés dans tout le monde.

Apparemment, ils ont tout, des voitures rapides, de beaux secrétaires, des bureaux luxueux, un style de vie somptueux. Cependant, un jour leur fortune est anéantie en quelques minutes après un plongeon désastreux du marché boursier. Des richesses à la misère, ils doivent maintenant transformer leur échec en opportunité et gravir de nouveau la montagne du succès.

Gil Chauveau
21/04/2020
Sortie à la Une

Soigne le monde "Heal The World" de Michael Jackson par les Franglaises

Les Franglaises vous souhaitent encore et toujours un joyeux confinement en vous offrant une reprise franglisée de "Heal The World" de Michael Jackson ou "Soigne Le Monde" de Michel Fils de Jacques. Bonne écoute !

Soigne le monde
"Même confinés, les Franglaises récidivent en traduisant littéralement le très à-propos "Heal the World" de Michael Jackson : "Soigne le Monde". Enregistré et réalisé 100 % en confinement, les trente-cinq membres de la troupe donnent de la voix pour "faire de ce monde une meilleure place". "Enjoy… Euh, appréciez !"

Les Franglaises… le spectacle
Comédie musicale à la façon d'un "opéra pop" à l'américaine, le spectacle propose de traduire les plus grands succès du répertoire anglophone… histoire de vérifier, à travers un "test-aveugle", la pertinence de ces grands tubes mondiaux, des Scarabées à Reine, en passant par Michel Fils-de-Jacques et les Filles Épices… et bien plus encore…
Se prenant les pieds dans les incohérences des traductions littérales au premier degré à la manière de "google-trad", et emportés par la fiction de ces pièces musicales, les interprètes offrent une tournure explosive au spectacle qui vire au cabaret fou version Monty Python !
Durée : 1 h 45

Gil Chauveau
31/03/2020