La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Cirque & Rue

"Fake"… Exploration dans le monde de l'info et de l'intox

"Fake - Tout est faux, tout est fou", Gare de l'Est, Paris

L'homme vagabonde sous la canopée, sous le toit de verre, il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news…



Sous la Canopée des Halles © Christophe Raynaud de Lage.
Sous la Canopée des Halles © Christophe Raynaud de Lage.
Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une exploration d'un nouveau type où le spectateur, équipé d'un casque audio, se laisse emmener, au sens littéral comme virtuel dans une promenade découverte entre vraies et fausses informations.

Dans ce périple artistique, ce dernier garde toute liberté d'action, plus précisément de mouvements, déambulant dans l'espace proposé au fil de ses envies, de ses inspirations ou guidé par l'histoire, narration sonore, vocale et musicale, composée en direct et diffusée dans le casque et/ou influencé par la vue, le cheminement de l'acteur, Abbi Patrix, interprétant à sa façon Peer Gynt, exprimant son ressenti du lieu, posant des questions sur la véracité du réel ou interrogeant le badaud passant.

Les éléments sonores audibles dans le casque sont superposés, sans apparente cohérence mais peuvent stimuler ou orienter la perception du spectateur qui fait le choix d'être actif ou passif, ponctuellement ou de manière permanente, redevenant alors un simple observateur.

© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.
Si l'écriture narrative et scénique peut paraître anarchique, décousu au premier abord, il n'en est rien. Pour la "première" à laquelle nous avons assisté, Abbix Patrix circulait dans les différents espaces et niveaux des Halles, sous la couverture protectrice de la Canopée - sur les passerelles, coursives, escalators et sous les verrières de la gare de l'Est tous les jeudis de mai et de juin -, et, équipé d'un micro et d'un casque, il posait des questions aux passants sur le lieu, l'endroit où il se trouvait. Les réponses pouvaient alors être intéressantes… ou pas.

Au final, la conception sonore est une superposition de voix, de sons, de séquences musicales, d'extraits radiophoniques (France Info… l'info vraie !)… Avec l'incursion sporadique de notes, de séquences rythmiques. Pas de ligne mélodique réellement, mais un assemblage, une composition de sons inventés/inventifs pouvant paraître disparate mais ayant leur propre logique, comme des impros ludiques, musique contemporaine où viennent s'insérer les narrations réelles naissant de "micros trottoirs" ou fictives… émergeant du texte d'Ibsen.

© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.
Le concept, expérience électro-contée sous casques audio et en interaction avec un lieu public, a été imaginé par Wilfried Wendling, directeur de La Muse en Circuit, centre national de création musicale, et Abbi Patrix, conteur, tous deux à la fois passionné par le personnage de Peer Gynt - menteur en quête de son identité, des trolls et de l'amour - et par la place que tiennent aujourd'hui les médias dans notre société… vecteurs menés par des vertueux comme des mythos… distillant tant les infos que les infox.

Cette performance, construite sur l'imaginaire de l'espace public et sur les préoccupations actuelles dues à la circulation effrénée d'informations venant de canaux exempts de contrôle et de la non-vérification, non-validation de leur véracité, vaut le coup d'être vécu, et nous l'espérons pourra se propager, se jouer de nombreuses fois, ayant l'avantage non négligeable de s'adapter à tous les environnements… urbains ou pas, privés ou publics !

"Fake - Tout est faux, tout est fou"

© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.
Une expérience électro-contée.
Conception et musique électronique live : Wilfried Wendling.
Conteur : Abbi Patrix.
Percussionniste : Linda Edsjö.
Avec la participation de : Anne Alvaro, Julien Desprez, Louis Laurain, de Musiciens de l’Orchestre national d’Île-de-France, et des invités surprise.
Proposition de La Muse en Circuit, Centre national de création musicale (dirigé par Wilfried Wendling).
Coproduction : La Compagnie du Cercle, direction Abbi Patrix et Lieux publics - Centre national de création en espace public.

Mai et juin 2019.
Tous les jeudis à 20 h.
Gare de l'Est, Point de départ Hall Saint-Martin, Paris 10e.
Réservation via le site de La Muse en Circuit.
>> alamuse.com
Point de rendez-vous :
Hall Saint Martin, entrée droite face à la gare, devant le Camaïeu.
Venir à partir de 19 h 45 pour retirer le casque audio. Il est obligatoire de se munir d'une pièce d'identité pour le retrait (dépôt de garantie).

11 juin 2019 : Château de Fontainebleau (77).

© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.

Gil Chauveau
Mercredi 22 Mai 2019

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives




    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Le Frigo" de Copi mis en scène par Clément Poirée

Captation intégrale Voici aujourd'hui une proposition du Théâtre de la Tempête, "Le Frigo", une création qui fut la première partie d'une aventure théâtrale intitulée "Dans le frigo" de Clément Poirée et présentée en ouverture de saison en septembre et octobre 2019.

"Un frigo, c'est la boîte du prestidigitateur la plus élémentaire quand on n'a pas de moyens", nous dit Copi. Exilé à Paris dans les années soixante, l'auteur et dessinateur franco-argentin est une figure emblématique et déjantée de la scène et de l'affirmation du mouvement gay. Atteint du sida, il se sait déjà condamné en 1983 lorsqu'il écrit "Le Frigo". "Je n'ose pas l'ouvrir. J'ai peur d'y trouver le cadavre de ma mère", confie L., le personnage principal. Qu'y a-t-il dans le frigo, dans nos frigos ?

"Macbeth" de Shakespeare et "Les Bonnes" de Jean Genet nouent à mes yeux des correspondances profondes et, tout comme "Le Frigo" de Copi, dévoilent, chacune à sa manière, nos monstres intimes, nos désirs les plus noirs, nos ressources les plus puissantes. Je cherche à tisser les liens sensibles qui font de ces trois pièces un seul spectacle et un seul parcours vibrant pour les spectateurs : un cheminement dans les recoins inavouables de nos âmes, à la recherche de ce qui est dissimulé, enseveli dans nos cœurs, scellé dans nos frigos intérieurs. Un parcours imprévisible, lui-même monstrueux. Clément Poirée.

Gil Chauveau
30/03/2020
Spectacle à la Une

"Où sont passés vos rêves ?" d'Alexandre Prévert, en public au Bataclan

Captation intégrale "Où sont passés vos rêves ?" est le nouveau stand-up classique écrit et interprété par Alexandre Prévert, jeune pianiste de 23 ans, accompagné par le groupe Believe et le label Naïve. Ce jeune Savoyard talentueux, diplômé du Conservatoire de Paris, associe à une originalité créative le piano et les grands compositeurs, l'humour, la poésie, les échanges avec le public et les anecdotes historiques. Joyeux et virtuose, son spectacle est une pause rafraîchissante qui sied bien au contexte actuel un chouia anxiogène !

Ce spectacle est une invitation à rire ensemble de nos petites histoires personnelles et de notre grande Histoire commune, en les partageant sans complexe à travers les codes du stand-up, de la musique classique et de la poésie.

Pour cette nouvelle saison, Alexandre Prévert vous propose un voyage dans le temps et dans l'Histoire à travers les rêves d'amour de Verlaine et de Liszt, les rêves de révolution de Beaumarchais et de Mélenchon, le rêve d'égalité de Martin Luther King ou encore le rêve d'un nouveau Monde partagé par Gérard et Christophe Colomb !

Sur votre route, vous pourrez également croiser Mozart, Apollinaire, Leonardo DiCaprio, Renaud, Schubert, Montaigne, Booba et Kaaris, Chopin, et même Napoléon III dans un Airbnb...

Alors, où sont passés vos rêves ?

Gil Chauveau
27/03/2020
Sortie à la Une

"Comment va le monde ?" de Marc Favreau, mise en scène de Michel Bruzat, avec Marie Thomas

Captation intégrale Proposée par RBD Productions, le Théâtre de la Passerelle (Limoges) et le Théâtre Les Déchargeurs (Paris), "Comment va le monde ?" a été filmé en 2017 dans ce théâtre parisien. Il s'agit d'une création de Marie Thomas permettant de découvrir les textes et de rendre hommage à Sol, le clown clochard imaginé et interprété pendant plus de quarante ans par le québécois Marc Favreau (1929-2005).

Parce qu'il a toujours eu envie de protéger la terre, Sol, pétrisseur, jongleur de mots, à la diatribe philosophique et humoristique, s'évade. Lui, il n'a rien, ce clown naïf nous fait partager sa vision du monde, il joue avec les maux/mots de la terre. La grande force de Sol, c'est de n'être rien, ça lui permet de jouer à être tout. Simplicité, liberté, folie, note bleue mélancolique dans les yeux.

"On est tous Sol seul au fond de soi et qu'il est le pôvre petit moi de chacun. Il se décarcasse pour que la vérité éclate. Il n'a pas d'amis, rien que des mots, il débouche sur la poésie pure. Liberté.

"Il est le plus petit commun dénominateur, c'est-à-dire qu'il a en lui, quelque chose de chacun de nous. Tout le monde finit par se reconnaître en lui. Pourquoi ? Un exemple de qualité, sans emphase, sans ostentation, avec humilité. Il insuffle au langage une énergie. Poète philosophe, médecin de l'esprit, menuisier, jardinier, autodidacte. Dans une époque secouée par toutes sortes de crises, cultivé, il transcende avec un grand éclat de rire. As du cœur, poète, rêveur, il rejoint le clown et l'Auguste. On s'enrichit à son contact. Enfant, il va jusqu'à l'absurde et dissèque ce petit peuple de tous les jours. Ce n'est pas une mise en accusation mais un constat témoin, malin. Il pose les questions, soulève des interrogations. Il est plus que jamais nécessaire de faire entendre les mots de ce clown/clochard, humaniste, qui nous parle de l'état de la planète, de la consommation.

"Et Marie Thomas lève la tête comme si le ciel lui parlait. Elle ne ressemble à personne, c'est fou comme j'aime. J'aime sa gaieté et sa mélancolie, ce vide et ce plein en elle. Un clochard aux traits d'un clown triste s'en va faire son "parcours" au milieu des mots. Il recrée tout un langage qui distrait le quotidien de sa banalité. Il dissèque la société et ses multiples aveuglements. Un marginal qui découvre le monde et le recompose avec humour. Tout est tourné en dérision avec délicatesse." Michel Bruzat, metteur en scène.

Gil Chauveau
26/03/2020