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Danse

"El Baile"… Identité et art en version argentine

De la pièce sans parole de Jean-Claude Penchenat, "Le Bal", qu'il créa en 1981, devenu - deux plus tard - un film d'Ettore Scola, Mathilde Monnier signe avec Alan Pons un spectacle où la danse est vue sous un prisme dans lequel les histoires façonnent la gestuelle d'artistes devenant les interprètes de ce qu'ils sont et de leur vécu.



© Christophe Martin.
© Christophe Martin.
Cela démarre tout doucement. Cinq danseurs sont assis de chaque côté de la scène. Ils se regardent ou plutôt se dévisagent. La présence de l'autre est dans cet instant accompagnée de silence. C'est une mise à distance, un positionnement par rapport à un alter ego. Chacun a sa propre attitude, un regard propre posé sur la situation. Chaque interprète y étale son mouvement, son geste, sa gestique. Rien n'est encore démarré mais pourtant tout est déjà presque joué au regard des comportements. Non pas que la chorégraphie se dessine dès le départ mais ce sont les personnalités des uns et des autres qui se font jour. Ils existent par eux-mêmes dans le silence de la scène.

Les danseurs font quelques mouvements, sortent pour certains des sons faisant de la voix un instrument rythmique. On s'observe tout en s'ignorant. Puis, le coup d'envoi musical s'opère avec du rap effectué a cappella. La danse devient aérienne, collective, avec des levées de jambes, le talon montant haut dans les airs accompagnés de mouvements de bras alors qu'ils étaient individuels, dans leur pré carré. Les bruitages vocaux sont un élément essentiel avec du chant qui parfois accompagne certaines chorégraphies.

© Christophe Martin.
© Christophe Martin.
Celles-ci sont, à dessein, dispersées. Le plateau devient un lieu autant de rencontres que d'expressions individuelles, chacun apportant sa touche personnelle, son tempo, sa propre gestique. Nous sommes dans une agora artistique où, à tour de rôle, le discours devient corporel, la parole chair.

Les comportements ont une connotation parfois sexiste, notamment avec une femme montrant son cul, la forme de ses seins, faisant étalage de sa féminité dans un rapport, non pas de séduction, mais objectal, dans l'entremise presque d'une mise en relation de subordination sexuelle. Elle montre les atours de ses atouts sexuels pour faire la différence avec l'autre sexe, celui de l'homme, qui se chausse de talons aiguilles pour l'un, ou y ressemblant étrangement ; et, pour l'autre, s'habillant d'une robe avec des déplacements le long de la scène. Ceux-ci sont prépondérants.

Avec parfois quelques longueurs, c'est ce passage entre identités, sexuelles ou non, qui est exploré. Qu'est-ce qui fait la caractéristique sociale et artistique d'une personne ? Qu'est-ce qui le relie à ce qui est extérieur à lui ? Mathilde Monnier, accompagnée dans cette création de l'écrivain argentin Alan Pauls, met en exergue cette expressivité autant personnelle que collective. Cela finit par un tango où un tanguero fait des pas en emmenant cinq femmes.

Puis c'est une tanguera qui prend le relais avec dix danseurs. Comme un retournement de tendance qui s'opère à l'identique et où les rôles des uns et des autres deviennent interchangeables.

"El Baile"

© Christophe Martin.
© Christophe Martin.
Conception : Mathilde Monnier, Alan Pauls.
Chorégraphie : Mathilde Monnier.
Avec : Martin Gil, Lucas Lagomarsino, José Lugones, Ari Lutzker, Carmen Pereiro Numer, Valeria Polorena, Lucia Garcia Pulles, Celia Argüello Rena, Delfina Thiel, Florencia Vecino, Daniel Wendler.
Dramaturgie : Véronique Timsit.
Scénographie et costumes : Annie Tolleter.
Lumière : Éric Wurtz.
Son : Olivier Renouf.
Conseil musical : Sergio Pujol.
Coaching vocal : Barbara Togander, Daniel Wendler.
Assistanat chorégraphique : Marie Bardet.
Répétitrice en tournée : Corinne Garcia.
Collaboration artistique : Anne Fontanesi.
Production et collaboration artistique : Nicolas Roux.
Durée : 1 h 30.
Très librement inspiré du spectacle "Le Bal" sur une idée originale et une mise en scène de Jean-Claude Penchenat, création collective.

© Christophe Martin.
© Christophe Martin.
Du 5 au 15 septembre 2019.
Du mardi au samedi à 18 h 30, dimanche à 15 h.
Relâche : 9 et 10 septembre.
Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 21.
>> theatredurondpoint.fr

Safidin Alouache
Mercredi 11 Septembre 2019

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Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
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Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
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Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
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En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

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Yves Kafka
29/10/2020