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Théâtre

"Besame mucho" Frida

"Frida Kahlo", Musée de l’Orangerie, Paris

En ce moment, au Musée de l’Orangerie, se déroule la très belle exposition "Frida Kahlo/Diego Rivera. L’art en fusion". À cette occasion est jouée, par le Panta-théâtre, ce que les organisateurs nomment une "déambulation théâtrale" autour de la figure de Frida Kahlo. La pièce reprend des extraits de son "Journal" et de sa correspondance traduits par Rauda Jamis. La comédienne Véro Dahuron incarne avec superbe l’histoire de ce peintre devenu au fil des ans un véritable personnage.



Véro Dahuron © Panta théâtre D.R.
Véro Dahuron © Panta théâtre D.R.
Le spectateur est debout ; il piétine… Aux portes de l’exposition, il n’a pas encore idée du voyage qui l’attend. La comédienne tarde un peu à faire son entrée. En attendant, il observe… de chaque côté, quelques toiles de Diego Riviera, et surtout dans le fond, ce grand mur bleu. S’agit-il de celui de "la casa azúl", la fameuse maison de Diego et Frida ? De cette expo couplée à un spectacle, va-t-on réussir à nous immerger dans l’œuvre et nous faire pénétrer à ce point l’univers de Frida Kahlo ? Vu le personnage, l’entreprise est de taille.

Tu te balances de droite à gauche avec ton masque mortuaire. Ainsi as-tu décidé de faire ton entrée... "Besame mucho", Dis-tu ? Tu connais. Forcément, l’air est si connu.
N’est-ce pas une de tes spécialités ? Rire et danser avec la mort. À quoi d’ailleurs cela sert-il de la pleurer, la mort ?
En tutoyant de cette façon une Frida forte, une Frida drôle, une Frida tendre et sensible, tu honores avec beaucoup de justesse et d’intelligence sa mémoire. Ainsi, Guy Delamotte, avec tes choix de mise en scène, tu fais entrer de plain-pied le spectateur dans l’œuvre de ce peintre. Véro Dahuron, nous ne sommes qu’au début de la déambulation, et l’émotion est déjà forte.

Véro Dahuron © Panta théâtre D.R.
Véro Dahuron © Panta théâtre D.R.
Cahin caha poursuivons…
Une planche, trois bouts de ficelle et un corset. Il nous enserre la poitrine, nous entraîne dans sa marche bringuebalante, mais nous poursuivons. Le rire fuse (parfois), le sourire reste (souvent), même si un sanglot nous étrangle (aussi). Pourtant Frida, on connaît bien ton histoire, mais voilà, il faut que je t’avoue, je me suis laissée une fois de plus avoir. Surtout avec ta diatribe finale. Pourtant tes nombreux autoportraits où est peint à chaque fois ton regard fier et droit me disaient bien de ne pas succomber.

Ah oui mais… ce jour-là tu as laissé tout le monde coi. Est-ce le lieu ? Il forme à lui seul comme un petit écrin. La disposition choisie des tableaux est une jolie mise en abyme de la relation Diego avec Frida… "L’éléphant" qui continue à garder jusqu’au bout en son sein la "colombe". L’hommage est touchant.
Est-ce aussi le privilège de pouvoir jouer au milieu des œuvres de l’artiste ? C’est sûr, ta parole et ton jeu prennent là une dimension et une résonance particulières.
Pour le spectateur… l’expérience est singulière.

Ici pas de larmoiement. Les morceaux choisis du journal montrent à la fois la force et la faiblesse de cette femme. Toute l’antinomie qui n’a cessé de la poursuivre.
Un peu à la façon de cet air connu joué au début, cette Frida interprétée par Véro Dahuron a ce quelque chose que tout le monde reconnaît. Elle est ce tout un chacun quelque peu extraordinaire capable d’émouvoir et de surmonter bien des peines…

Danse, danse "Fridichita", même sur une jambe, peu importe, mais continue à nous hanter encore longtemps dans nos cœurs.

"Frida Kahlo"

Véro Dahuron © Panta théâtre D.R.
Véro Dahuron © Panta théâtre D.R.
Texte : D’après le "Journal" et des extraits de la correspondance de Frida Kahlo,
traduits par Rauda Jamis.
Mise en scène : Guy Delamotte.
Avec : Véro Dahuron (conception et jeu).
Costumes : Cidalia Da Costa.
Lumières : Philippe Hérail et Fabrice Fontal.
Régie : Kévin Paniez.
Accessoires : Olivier Thiebault.

Encore une seule représentation au Musée de l’Orangerie :
15 novembre 2013 à 19 h.
Musée de l’Orangerie, Paris 1er, 01 44 50 43 01.
(Accès libre, sur réservation)
>> musee-orangerie.fr

Spectacle joué à Caen, au Panta-théâtre.
>> pantatheatre.net

Jeudi 14 Novembre 2013

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J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

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