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Théâtre

Abbi Patrix, conteur néo trouvère, nous narre façon polar électro-conté les aventures du Poulpe

"Le Poulpe", L'étoile du nord Théâtre, Paris

"Une bière, mais pas de rhum"... Accoudé au bar, Gabriel Lecouvreur alias le poulpe découvre, en page intérieure de son journal préféré, le fait divers macabre du jour. Une tête d'homme aux oreilles coupées trouvée dans la halle aux poissons de Rungis. Il subodore un règlement de comptes lié à un univers du crime tentaculaire...



© Philippe Stisi.
© Philippe Stisi.
Il se lance aussitôt dans une enquête qui, de bagarres en crimes, de courses-poursuites dans des hangars en courses poursuites au travers de la foule ou à moto, de haltes en cérémonies secrètes, de courte nuit d'amour imprévue en longs séjours à fond de cale, suit la route des rumeurs et le conduit à la réunion et aux Kerguelen, entre rugissants et hurlants, avant de trouver la clé de l'énigme.

Celle d'une vieille légende dont la mémoire archaïque est réactivée par des esprits un peu faibles, un peu aliénés façon secte. Le fait divers de Rungis n'est qu'un maillon faible d'un crime organisé et de groupes terroristes au sein des échanges mondialisés… De Rungis à Rungis ou la surexploitation des ressources halieutiques.*

Abbi Patrix, accompagné de Phil Reptil à la guitare et de Vincent Mahey à la flûte, réalise avec son polar électro-conté une véritable performance qui dépasse, par sa qualité et son originalité, les catégories du conte, du théâtre ou du musical ; et lance au spectateur des bribes d'une véritable enquête journalistique.

© Philippe Stisi.
© Philippe Stisi.
Le Poulpe de prime abord paraît bien loufoque. Son mode de récit est nourri d'archétypes et de clichés. Tout en tiroirs, l'histoire avance, passe par des tours convenus, se révèle être un modèle de littérature populaire à l'esprit d'escalier bien appuyé.

Les signes de théâtralité sont minimaux et se résument à un accompagnement musical au relief très précis, une pesanteur de démarches, une légèreté d'allure, une modulation de la voix, un simple blouson, une capuche, voire au balancement d'un micro. À la fascination que pourrait avoir l'image léchée d'un film d'action et d'aventure en 3D technicolor, se substitue une puissance d'attention et d'écoute et d'imagination. Tant est forte la présence physique du conteur et son adresse à changer de rythme, à revenir au naturel neutre de la scène.

La performance est rythmée. C'est tout un art de la rhétorique qui, prenant au filet du plaisir et de la pédagogie le spectateur, nourrit son esprit et stimule son interrogation.

Assurément Abbi Patrix est un néo trouvère.

*Les marines française et australienne arraisonnent régulièrement des bateaux-usines pirates. Ainsi la légine (dissostichus eleginoides), objet du conte de Julien Tauber, est un poisson des profondeurs dont on connaît peu de choses et qui a failli disparaître. Elle fait l'objet de quotas de pêche extrêmement contraignants qui, pour ce qui concerne la France, sont surveillés par les autorités scientifiques du muséum d'histoire naturelle.

"Le Poulpe"

Polar électro-conté.
De Julien Tauber.
D’après le personnage créé par Jean-Bernard Pouy, avec l’aimable autorisation des éditions Baleine.
Texte original : Julien Tauber.
Adaptation pour la scène : Julien Tauber & Abbi Patrix.
Avec : Abbi Patrix (récit), Phil Reptil (guitare, steel log, lap top) et Vincent Mahey (flûte, lap top, electronics).
Composition sonore et musicale : Vincent Mahey & Phil Reptil.
Lumière et scénographie : Sam Mary & Laura Mingueza.
Compagnie du Cercle.
Durée : 1 h 30.

Du 10 février au 28 février 2015.
Mardi, mercredi et vendredi à 20 h 30, jeudi à 19 h 30, samedi à 17 h.
L'étoile du nord Théâtre, Paris 18e, 01 42 26 47 47.
>> etoiledunord-theatre.com

Jean Grapin
Vendredi 13 Février 2015

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Jean Grapin
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Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
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Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.

Gil Chauveau
06/12/2019
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