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RV du Jour

À écouter : Philippe Torreton, "être ou ne pas être" (Épisode 1)

Humour et panache. Engagement, humanité et ouverture. Ce sont là les qualités que nous pouvons attribuer à Philippe Torreton. On ne va pas vous le cacher, on aime ce comédien. Mieux ! Nous estimons qu'il est peut-être un des meilleurs de sa génération. Bien que l’article publié sur "Hamlet" ait pointé quelques défauts du spectacle (c’est notre rôle aussi !), nous avons apprécié le beau travail réalisé par Jean-Luc Revol.



Philippe Torreton dans "Hamlet" © Andy Parant
Philippe Torreton dans "Hamlet" © Andy Parant
Et bien entendu, ce que Philippe Torreton fait du personnage. Seul défaut qu’on pourrait lui reprocher : sa force de jeu et ce qu’il fait du rôle prend une place importante dans la pièce. Il faudrait donc qu’un équilibre total puisse se trouver avec l'ensemble des comédiens, afin que le spectateur rencontre chaque soir le moment de grâce que ce spectacle mérite.

Vraiment, nous vous souhaitons de pouvoir vous y rendre. C’est un beau moment à partager et c’est bien là la démarche première de Philippe Torreton et des Fêtes nocturnes du Château de Grignan. Nous avons aussi aimé l’esprit ouvert et l’ambiance chaleureuse qui y règne.

Le théâtre ne devrait être que cela, un lieu fait pour le public et non un certain théâtre adressé à quelque spectateur averti. Aussi, voudrions-nous pouvoir jurer comme Hamlet : "Le théâtre sera la chose où je prendrai la conscience du roi". Une belle leçon à tirer quand on emporte à ce point la "conscience" du public !

Dans ce premier épisode, Philippe Torreton parle de Grignan et de son site exceptionnel, mais aussi du personnage qu’il interprète. Son souci constant de rendre accessible au plus grand nombre ce qu’il joue incite au respect. Pas étonnant qu’il soit autant applaudi.

"Hamlet"
Texte : William Shakespeare.
Traduction : Jean-Michel Desprats.
Mise en scène : Jean-Luc Revol, assisté de Xavier Simonin.
Avec : Philippe Torreton, Catherine Salviat, Anne Bouvier, George Claisse, Jean-Marie Cornille, Cyrille Thouvenin, Yann Burlot, José-Antonio Pereira, Christophe Garcia, Vincent Talon, Franck Jazédé, Antoine Cholet, Romain Poli, Jean-Luc Revol.
Scénographie : Sophie Jacob.

Du 1er juillet au 20 août.
Château de Grignan.
Réservations : 04 75 91 83 65.
www.ladrome.fr

Générique de l'interview composé et interprété par Pierre-Yves Plat.

À venir : épisode 2, Philippe Torreton et sa conception du personnage d'Hamlet... "telle est la question".
philippe_torreton,_pour_hamlet,_episode_1.mp3 Philippe Torreton, pour Hamlet, épisode 1.mp3  (5.92 Mo)


Lundi 11 Juillet 2011


1.Posté par Lauriou Baron le 11/07/2011 19:18
Que cela fait du bien de vous écouter Mr Torreton, après Mr Bohringer, mes oreilles se régalent d'entendre des discours censés, intelligents, accessibles, authentiques. Vous êtes la preuve messieurs que le théâââââââtre est une porte que tout le monde peut ouvrir.... cette porte souvent blindée que beaucoup essaient encore d'ouvrir pour se faire une toute petite place....
Vous êtes un comédien extra Ordinaire et ordinairement extra ! J'aimerais tellement que cette idée que vous avez lancée d'être ministre de la Culture devienne réalité !
Belle interview, c'est si bon de l'écouter et vous avez su poser des bonnes questions et écouter, laissé planer les rires derrière, les bruits des bouchons qui sautent.... un régal ! Alors à quoi sert la télé ? puisqu'il y a le théâtre et la revue du spectacle ?
Isabelle

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

De la guerre, de la fuite, de l'exil peut naître la folie. Lorsque l'on a vu sa famille, tous ceux que l'on aime se faire tuer, quand on a tout perdu, perdre la raison peut devenir un refuge, un acte de survie, une tentative désespérée de renaissance en s'inventant une nouvelle histoire…

Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.

Tout commença un matin où son fils, sa belle-fille et sa petite fille s'étaient rendus dans les rizières. Cette année-là, la guerre faisait rage. Ils sont tués durant leur travail. Tao Linh récupère sa petite fille, Sang diû (Matin doux) 10 mois - elle a les yeux de son père (son fils), dit-il - et entreprend une épuisante traversée, à l'horizon une terre occidentale. Apprivoiser ce nouveau pays, ces gens inconnus, cette promiscuité dans ce centre d'accueil pour émigrés. Puis, au bout d'un moment, se résoudre, se décider à sortir pour découvrir cette ville qui l'accueille.

Dans un parc, assis sur un banc, et l'arrivée de monsieur Bark. Premier contact, et les prémices d'une nouvelle amitié. Ils parlent de leur femme (mortes). Parle de la guerre, celle à laquelle a participé Bark dans le pays de Linh. Bark l'invite au restaurant, lui offre un cadeau, une robe pour la petite. Tao Linh va être déplacé mais dans la même ville. Se retrouve dans une chambre… Enfermement…

Gil Chauveau
09/09/2020
Spectacle à la Une

"Les Dodos" Virtuoses aux agrès comme aux guitares… pour des envolées poétiques et musicales, sensibles et rebelles !

Quel point commun peut-il y avoir entre un dodo, gros oiseau incapable de voler - et plutôt maladroit - et un acrobate ? L'inconscience naïve pour le premier, qui le conduisit à sa disparition, l'inconscience maîtrisée - avec une peur raisonnée pour la sécurité - qui le mène vers le spectaculaire et la performance virtuose pour le second... C'est en résumé l'étonnante création de la compagnie Le P'tit Cirk qui s'articule autour de la musique et de l'envol avec la guitare comme partenaire privilégié, instrument musical ou agrès des plus surprenants !

Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

Cette dernière création (en tournée depuis trois ans) confirme, si besoin était, leur statut de compagnie majeure dans le paysage du cirque de création à l'échelle européenne… et leur ouverture permanente à différentes pistes… de cirque. Chez les membres du P'tit Cirk, le sens du collectif, le côté pur, brut et extra-ordinaire de l'exploit sont aussi importants et incontournables que le jeu d'acteur, la mise en piste, la lumière et la scénographie. La performance est là mais n'occulte en rien la trame poétique présente à chaque instant.

Gil Chauveau
17/09/2020
Sortie à la Une

"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et l'une de ses figures majeures, Louise Michel, sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur des fondations soixante-huitardes bienfaisantes, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
31/08/2020