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RV du Jour

À écouter : Jean-Claude Berutti. Y a-t-il un avant et un après Saint-Étienne ? (Épisode 3)

Ce troisième volet est la fin du bilan dressé par Jean-Claude Berutti sur ses trois mandats à La Comédie de Saint-Étienne, mais aussi sur la saison théâtrale qui vient de s’écouler. Moins heureuse semble-t-il… Comme on dit dans le jargon : "Le théâtre a eu plus de mal à rencontrer son public cette année". Pour quelles raisons ? Les choix artistiques d’une troupe européenne en sont-elles la cause ?



À écouter : Jean-Claude Berutti. Y a-t-il un avant et un après Saint-Étienne ? (Épisode 3)
Pour cette saison, Jean-Claude Berutti avait réuni des comédiens francophones venant de tous horizons (de l’Allemagne à la Russie en passant par le Togo). L’idée d’une troupe européenne est d’actualité. La Comédie Française elle-même le fait. Ce serait d’ailleurs une aberration aujourd’hui, de la part d’un théâtre, de ne pas ouvrir ses frontières quand il en a les moyens. Et c’est bien ce qu’à défendu son ancien directeur cette saison.

Cependant, par-delà l’expérience humaine et culturelle (indéniables), nous avions été peu convaincus par les qualités de jeu des comédiens. Et apparemment nous ne sommes pas les seuls. D'ailleurs, le travail effectué a-t-il été remis en question au point que Les Quarante, le dernier spectacle de la troupe résidente (qui était programmé pour mai), a été remplacé par un travail d’école (celui des troisième année de La Comédie de Saint-Étienne)? Cette dernière question, nous ne l’avons pas posée. Elle restera donc en suspens…

Musique : Pierre-Yves Plat

À venir : Quatrième et dernier épisode…L’actualité de Jean-Claude Berruti.
interview_de_j_c__berutti,_episode_3.mp3 Interview de J.C. Berutti, épisode 3.mp3  (8.56 Mo)


Sheila Louinet
Vendredi 29 Avril 2011

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"Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité

"Kanata", Théâtre du Soleil, Paris

Mais que sont devenus les Hurons, la Grande Forêt, les canoës ? Tous ces rêves de Canada des petits garçons et petites filles ? Quand Ariane Mnouchkine et Robert Lepage, avec les comédiens du Soleil, envisagent de monter un spectacle sur le Canada et son Histoire, personne n'imaginait l'hostilité, la violence des réactions qu'engendrerait là-bas ce projet*.

Que l'ambition affichée de montrer le sort des Amérindiens dans le monde moderne aboutirait à une contestation brutale du droit à les représenter. Face aux insultes anonymes, forcément sur Internet, venant de tous les bords, la troupe du Soleil (dont les comédiens appartiennent au monde entier) a réagi de la meilleure façon. En montant le premier épisode de "Kanata" sur la controverse. La troupe intègre, intériorise tous les tenants de la querelle.

La pièce prend pour fil conducteur un couple de jeunes Français primo immigrants naïfs qui s'installant à Vancouver, découvrent les réalités cachées sous les cartes postales. Les rues sordides, la misère, la drogue, la prostitution, les Amérindiens déchus, le crime, l'impuissance d'une police, la déforestation, la disparition des traces du passé. Un melting-pot qui n'est qu'un agrégat de souffrances travaillées pourtant par l'instinct de survie et l'espoir de s'en sortir.

Jean Grapin
07/02/2019
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"Botéro en Orient"… tout en rondeur !

C'est un voyage où le physique et l'esthétisme ont une place prépondérante et dans laquelle les rondeurs sont revendiquées et montrées. Autour d'une création picturale qui l'a guidé, Taoufiq Izeddiou place l'identité au centre de sa création.

Le titre du spectacle est dû au fait que Taoufiq Izeddiou a été inspiré par l'œuvre autour d'Abou Ghraïb (Irak) de Fernando Botero, peintre et sculpteur colombien, où l'artiste s'était insurgé. Il avait en effet dessiné de superbes planches où la torture, l'humiliation et la violence s'étalaient. Les personnages des œuvres de Botero sont toujours des êtres ronds et épais. C'est dans ce rapport aux volumes que le chorégraphe a bâti son spectacle.

À l'entame de la représentation, le silence habille le plateau puis des ombres se détachent d'une demi-obscurité. Les déplacements sont séparés, la gestuelle des trois danseurs est propre à chacun, ceux-ci perchés sur un bloc de bois. La scénographie est déplacée tout au long du spectacle, les blocs changeant de lieu, bousculés et balancés sur scène. C'est une œuvre de construction et de reconstruction où les chorégraphies se suivent dans des thématiques où l'identité de chaque interprète est posée par rapport à son corps, rond, "volumétrique" selon les propos de Taoufiq Izeddiou.

Safidin Alouache
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Sortie à la Une

Roukiata Ouedraogo intègre avec une facilité déconcertante les facettes de l'art du comédien et du clown

"Je demande la route", Théâtre de l'Œuvre, Paris

Roukiata Ouedraogo présente son spectacle "Je demande la route". Difficile de ne pas lui répondre que la route est droite et belle en saluant tout le talent dont elle fait preuve sur scène.

Roukiata Ouedraogo intègre avec une facilité déconcertante les facettes de l'art du comédien et du clown
Roukiata Ouedraogo est pour ainsi dire une princesse qui, ayant découvert le secret des griots et leur art de raconter, donne corps et parole à tous les personnages qui ont marqué sa vie. Elle fait ainsi cadeau de l'humour africain et le fait savoir dans la joie de jouer.

Allant bien au-delà d'un soliloque moqueur ou sarcastique, Roukiata fait œuvre picaresque. En faisant vivre toutes ses ombres, en partant du village, quittant son enfance, sa famille : partant à la conquête du monde. Le public l'accompagne dans le rire.

Les récitations ânonnées à l'école communale, les conseils du grand frère, son arrivée en France, son grand-père ancien de la guerre, sa hantise du froid, son premier appart au dernier étage avec vue sur les chéneaux. De la bureaucrate de l'état civil aux femmes du salon de coiffure à Château-rouge, des métiers de gardienne d'enfants à celui de comédienne, tout fait conte, conte moderne, conte initiatique.

Jean Grapin
08/02/2019