La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
À l'affiche

8/12 au 17/12/2011, Théâtre du Rond-Point, Paris, "Golgota picnic"

"C’est que tout fout la trouille mes amis ! Faut voir l’état des toilettes publiques !" Machine de guerre lancée contre un monde d’hyper-consommation bovine, "Golgota picnic" met en scène une crucifixion tragique et trash. Cette épopée drôle et décalée s’attaque aux peurs de deux mille ans de christianisme.



Golgota Picnic © Foto Davir Ruano.
Golgota Picnic © Foto Davir Ruano.
Artiste hors norme, Rodrigo García a l’art de se soustraire aux définitions dans lesquelles on tente de l’enfermer. C’est qu’il fait feu de tout bois : auteur, metteur en scène, vidéaste, il transforme la scène en un lieu où la poésie prend le réel à bras le corps, sans ménagement ni concession. Le nom de la compagnie qu’il crée à Madrid en 1989 annonce la couleur : La Carnicería Teatro (La Boucherie Théâtre).

Chacun de ses spectacles procède au dépeçage systématique des rituels que la collectivité a mis en place, pour mieux dévoiler le désarroi des individus qui la composent. Dans sa dernière création, c’est au sommet du Golgotha qu’il nous convie, pour un pique-nique qui nous ramène aux sources de l’humanité et de l’écriture.

Au commencement de l’humanité, il y a la chute. Et au commencement de l’écriture, il y a la Bible. Dans "Golgota picnic", Rodrigo García revisite les Saintes Écritures et "l’iconographie de la terreur". Il multiplie les images, dédouble les perspectives, nous invite à observer la scène de différents points de vue, à ne pas nous fier aux apparences, à ne pas être de simples consommateurs d’art, questionnant ainsi la notion même de spectacle.

Pour Rodrigo García, la scène est tout sauf un espace convenu, le théâtre est un risque permanent. Quand les comédiens se taisent, les silences prennent corps dans une composition musicale, Les Sept Dernières Paroles du Christ sur la croix de Joseph Haydn, interprétée par le pianiste Marino Formenti.

8/12 au 17/12/2011, Théâtre du Rond-Point, Paris, "Golgota picnic"
Texte, mise en scène et scénographie : Rodrigo García.
Spectacle en espagnol, surtitré.
Traduction : Christilla Vasserot.
Piano : Marino Formenti.
Musique : "Les Sept Dernières Paroles du Christ sur la croix" de Joseph Haydn.
Avec : Gonzalo Cunill, Núria Lloansi, Juan Loriente, Juan Navarro, Jean-Benoît Ugeux.
Assistant à la mise en scène : John Romão.
Régie technique : Roberto Cafaggini.
Lumières : Carlos Marquerie.
Son : Marc Romagosa.
Vidéo : Ramón Diago.
Bande-son des vidéos : Daniel Romero.
Costumes : Belén Montoliú.
Durée : 2 h 10.

Spectacle du 8 au 17 décembre 2011.
Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.
Théâtre du Rond-Point, Paris 8e, 01 44 95 98 21.
>> theatredurondpoint

Annonce
Jeudi 8 Décembre 2011

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021 | Avignon 2022


Brèves & Com



Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À découvrir

"Salle des Fêtes" Des territoires aux terroirs, Baptiste Amann arpente la nature humaine

Après le choc de sa trilogie "Des Territoires", dont les trois volets furent présentés en un seul bloc de sept heures à Avignon lors du Festival In de 2021, le metteur en scène se tourne vers un autre habitat. Abandonnant le pavillon de banlieue où vivait la fratrie de ses créations précédentes, il dirige sa recherche d'humanités dans une salle des fêtes, lieu protéiforme où se retrouvent les habitants d'un village. Toujours convaincu que seul ce qui fait communauté peut servir de viatique à la traversée de l'existence.

© Pierre Planchenault.
Si, dans "La vie mode d'emploi", Georges Perec avait imaginé l'existence des habitants d'un bâtiment haussmannien dont il aurait retiré la façade à un instant T, Baptiste Amann nous immerge dans la réalité auto-fictionnelle d'une communauté villageoise réunie à l'occasion de quatre événements rythmant les quatre saisons d'une année. Au fil de ces rendez-vous, ce sont les aspirations de chacun qui se confrontent à la réalité - la leur et celle des autres - révélant, au sens argentique d'une pellicule que l'on développe, des aspérités insoupçonnées.

Tout commence à l'automne avec l'exaltation d'un couple de jeunes femmes s'établissant à la campagne. Avec le montant de la vente de l'appartement parisien de l'une d'elles, écrivaine - appartement acquis grâce au roman relatant la maladie psychiatrique du frère qui les accompagne dans leur transhumance rurale -, elles viennent de s'installer dans une usine désaffectée flanquée de ses anciennes écluses toujours en service. Organisée par le jeune maire survient la réunion du conseil consultatif concernant la loi engagement et proximité, l'occasion de faire connaissance avec leur nouvelle communauté.

Yves Kafka
17/10/2022
Spectacle à la Une

"Play/replay" The Rat Pack Compagnie fait son cirque… et son cinéma... Action !

Après le succès mondial de "Speakeasy", la compagnie circassienne The Rat Pack est de retour avec une création intitulée "Play/Replay". Explorant précédemment le genre "films de gangsters" au cœur d'un bar clandestin - que l'on appelait, au temps de la prohibition, un "speakeasy" -, nous les découvrons pour ce nouveau spectacle sur un plateau en plein tournage d'une scène caractéristique des "films d'action", le cambriolage d'un objet précieux. On retrouve donc avec plaisir ce qui fait aujourd'hui leur marque de fabrique… un cocktail explosif mêlant acrobatie, musique et cinéma… plus, cette fois-ci, l'humour décalé de Jos Houben !

© Zenzel.
Imaginez un joyau convoité, un œuf précieux - façon œuf de Fabergé - protégé par des faisceaux verts que l'on perçoit bien dans une nuit noire et volontairement enfumée. Quoi de mieux pour exercer ses talents d'acrobate que le franchissement subtilement chorégraphié de ceux-ci. Ainsi débute "Play/Replay" avec cette scène ô combien classique digne d'un "Mission Impossible", d'un Ocean's Twelve (référence directe à l'œuf) ou d'un James Bond... Et la magie opère. Les six artistes de The Rat Pack - usant souvent du jeu d'ombres chinoises et de ses effets de mystères en "noir et blanc" - déploient humour et créativité pour se jouer des codes de ce genre cinématographique et les détourner avec espièglerie et autodérision.

Au fil des séquences - certaines reproduisant des cascades ou des défis réputés impossibles, improbables ou nécessitants de judicieux trucages -, ils réalisent des numéros s'enchaînant avec fluidité, sans temps mort, où il est fait appel à la roue Cyr, aux nombreuses déclinaisons du main à main, aux multiples variations du corps à corps, aux périlleux exercices de voltige, etc. Ainsi, culbutes, chutes, bagarres, explosions, ralentis, flashbacks, courses-poursuites - tout autant haletantes que burlesques -, attitudes figées clownesques alimentent l'histoire qui nous est contée et les coulisses qui nous sont dévoilées.

Gil Chauveau
20/12/2022
Spectacle à la Une

Dans "Nos jardins Histoire(s) de France #2", la parole elle aussi pousse, bourgeonne et donne des fruits

"Nos Jardins", ce sont les jardins ouvriers, ces petits lopins de terre que certaines communes ont commencé à mettre à disposition des administrés à la fin du XIXe siècle. Le but était de fournir ainsi aux concitoyens les plus pauvres un petit bout de terre où cultiver légumes, tubercules et fruits de manière à soulager les finances de ces ménages, mais aussi de profiter des joies de la nature. "Nos Jardins", ce sont également les jardins d'agrément que les nobles, les rois puis les bourgeois firent construire autour de leurs châteaux par des jardiniers dont certains, comme André Le Nôtre, devinrent extrêmement réputés. Ce spectacle englobe ces deux visions de la terre pour développer un débat militant, social et historique.

Photo de répétition © Cie du Double.
L'argument de la pièce raconte la prochaine destruction d'un jardin ouvrier pour implanter à sa place un centre commercial. On est ici en prise directe avec l'actualité. Il y a un an, la destruction d'une partie des jardins ouvriers d'Aubervilliers pour construire des infrastructures accueillant les JO 2024 avait soulevé la colère d'une partie des habitants et l'action de défenseurs des jardins. Le jugement de relaxe de ces derniers ne date que de quelques semaines. Un sujet brûlant donc, à l'heure où chaque mètre carré de béton à la surface du globe le prive d'une goutte de vie.

Trois personnages sont impliqués dans cette tragédie sociale : deux lycéennes et un lycéen. Les deux premières forment le noyau dur de cette résistance à la destruction, le dernier est tout dévoué au modernisme, féru de mode et sans doute de fast-food, il se moque bien des légumes qui poussent sans aucune beauté à ses yeux. L'auteur Amine Adjina met ainsi en place les germes d'un débat qui va opposer les deux camps.

Bruno Fougniès
23/12/2022