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Lyrique

15/03 au 21/04/2012, Opéra Bastille, "Don Giovanni" ou l'enfer du Dow Jones

Nous regardons, hébétés, sur nos écrans les chiffres du dernier krack, les indices de la dernière crise, les images de notre lente apocalypse. Et nous sommes accros aux images mondialement diffusées des orgies de nos maîtres. Le grand cinéaste allemand Michael Haneke a choisi de nous parler d’eux - trader, business man, golden boy ou milliardaire cynique - à l’Opéra Bastille.



Véronique Gens (Donna Elvira), Peter Mattei (Don Giovanni) et Gaëlle Arquez (Zerlina) © Opéra national de Paris/Charles Duprat.
Véronique Gens (Donna Elvira), Peter Mattei (Don Giovanni) et Gaëlle Arquez (Zerlina) © Opéra national de Paris/Charles Duprat.
Et c’est à travers le personnage de Don Giovanni : idée géniale, comme toujours, pour l’auteur de films aussi dérangeants que pertinents (souvenez-vous de "La Pianiste" d’après d'Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature 2004), mise en scène dès 2006 à l’invitation du regretté Gérard Mortier, alors directeur de l’Opéra de Paris. Mise en scène reprise cette année 2012, toujours d’actualité.

Dans les bureaux glacés d’une multinationale, à la City, au Stock Exchange de Singapour, sur les ruines du World Trade Center, ou peut-être dans un paradis fiscal, Don Giovanni, requin de la finance, viole la fille du Président du groupe, Donna Anna, et va courir le train d’une carrière folle, celle des appétits et des pulsions mortelles. Jusqu’en enfer.

Le chef d’œuvre de Mozart revivifié, au service d’une analyse roborative et intelligente de notre temps ? C’est bien l’idée que nous nous faisons de la création artistique. Précipitons-nous à Bastille et retrouvons l’excellent Philippe Jordan, à la direction d’orchestre, et les délicieuses divas, Véronique Gens et Patricia Petibon ! Nous en reparlerons...

"Don Giovanni"

David Bizic (Leporello) et Peter Mattei (Don Giovanni) © Opéra national de Paris/Charles Duprat.
David Bizic (Leporello) et Peter Mattei (Don Giovanni) © Opéra national de Paris/Charles Duprat.
Dramma giocoso en deux actes.
Musique : Wolfgang Amadeus Mozart.
Livret : Lorenzo da Ponte.
Direction musicale :
Philippe Jordan (15, 18, 21, 23, 25 mars, 3, 8, 12, 14 avril) ;
Marius Stieghorst (16, 19, 21 avril).
Mise en scène : Michael Haneke.
Décors : Christoph Kanter.
Costumes : Annette Beaufaÿs.
Lumières : André Diot.
Chef de chœur : Alessandro Di Stefano.
Avec : Peter Mattei (Baron Don Giovanni), Paata Burchuladze (Il Commendatore), Patricia Petibon (Donna Anna), Bernard Richter (Don Ottavio, 15, 18, 21, 23, 25 mars, 3 avril), Saimir Pirgu (Don Ottavio, 8, 12, 14, 16, 19, 21 avril), Véronique Gens (Donna Elvira), David Bizic (Leporello), Nahuel Di Pierro (Masetto), Gaëlle Arquez (Zerlina).
Durée : 3 h 40 avec un entracte.

Du 15 mars au 21 avril 2012.
À 19 h 30.
Opéra Bastille, Paris 12e, 01 73 60 26 26.
>> operadeparis.fr

Christine Ducq
Mardi 20 Mars 2012

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"Salle des Fêtes" Des territoires aux terroirs, Baptiste Amann arpente la nature humaine

Après le choc de sa trilogie "Des Territoires", dont les trois volets furent présentés en un seul bloc de sept heures à Avignon lors du Festival In de 2021, le metteur en scène se tourne vers un autre habitat. Abandonnant le pavillon de banlieue où vivait la fratrie de ses créations précédentes, il dirige sa recherche d'humanités dans une salle des fêtes, lieu protéiforme où se retrouvent les habitants d'un village. Toujours convaincu que seul ce qui fait communauté peut servir de viatique à la traversée de l'existence.

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Appel à candidatures pour la création d'un spectacle patrimonial de divertissement

La ville d'Orange a confié depuis le 1er avril 2022, la gestion et la valorisation du Théâtre antique, du Musée d'art et d'histoire et de l'Arc de triomphe, à la société Edeis pour une durée de 10 ans.

© Edéis Orange février 2023 - DR pour l'appel à projet.
Dans le cadre de sa délégation, Edéis l'allié des territoires, a pour ambition :
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- D'agir en pleine cohérence et en parfaite synergie avec la politique culturelle de la ville.

Le projet décennal est de faire d'Orange, la scène de l'innovation sonore.
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1. Reprise des éléments du contrat de Délégation de service public entre la ville d'Orange et la société Edéis :
Article 2 – Définition des missions confiées au délégataire.
"Le délégataire sera notamment chargé des activités suivantes :
La création de contenus culturels, d'animations, d'évènements et de spectacles adaptés et cohérents avec la politique culturelle, patrimoniale et touristique de la ville et en lien avec les propositions des services concernés (Culture, Musée, Office de tourisme) ainsi que le développement significatif des flux de visiteurs. De manière générale, il s'agit de faire évoluer le Théâtre antique vers un statut de lieu de vie aux animations multifacettes (diurne et nocturne, saison, hors-saison, ailes de saison…) ouvert à différents types de publics cibles.

Gil Chauveau
02/02/2023
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Dans "Nos jardins Histoire(s) de France #2", la parole elle aussi pousse, bourgeonne et donne des fruits

"Nos Jardins", ce sont les jardins ouvriers, ces petits lopins de terre que certaines communes ont commencé à mettre à disposition des administrés à la fin du XIXe siècle. Le but était de fournir ainsi aux concitoyens les plus pauvres un petit bout de terre où cultiver légumes, tubercules et fruits de manière à soulager les finances de ces ménages, mais aussi de profiter des joies de la nature. "Nos Jardins", ce sont également les jardins d'agrément que les nobles, les rois puis les bourgeois firent construire autour de leurs châteaux par des jardiniers dont certains, comme André Le Nôtre, devinrent extrêmement réputés. Ce spectacle englobe ces deux visions de la terre pour développer un débat militant, social et historique.

Photo de répétition © Cie du Double.
L'argument de la pièce raconte la prochaine destruction d'un jardin ouvrier pour implanter à sa place un centre commercial. On est ici en prise directe avec l'actualité. Il y a un an, la destruction d'une partie des jardins ouvriers d'Aubervilliers pour construire des infrastructures accueillant les JO 2024 avait soulevé la colère d'une partie des habitants et l'action de défenseurs des jardins. Le jugement de relaxe de ces derniers ne date que de quelques semaines. Un sujet brûlant donc, à l'heure où chaque mètre carré de béton à la surface du globe le prive d'une goutte de vie.

Trois personnages sont impliqués dans cette tragédie sociale : deux lycéennes et un lycéen. Les deux premières forment le noyau dur de cette résistance à la destruction, le dernier est tout dévoué au modernisme, féru de mode et sans doute de fast-food, il se moque bien des légumes qui poussent sans aucune beauté à ses yeux. L'auteur Amine Adjina met ainsi en place les germes d'un débat qui va opposer les deux camps.

Bruno Fougniès
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