Vingt ans après, comme le dernier tome de "Trois Mousquetaires" de Dumas, c'est vingt ans après s'être perdues de vue que les trois amies se retrouvent invitées chez l'une d'elles, Dagny. Leur amitié d'enfance s'est éteinte peu après leur quinzaine, s'est dissoute, a été oubliée. Et les retrouvailles ne sont pas des retrouvailles d'héroïnes, mais ressemblent à quelque chose de tendu, avec les caractères de chacune qui semblent crier bien fort son existence.
Trois caractères si différents qu'on a peine à les imaginer, copines d'enfance. Dagny, chez qui se passe la soirée, autoritaire, tranchante et maniaque de la propreté, et ses deux invitées qui déboulent, l'une alcoolique style destroy à deux doigts de se retrouver SDF, l'autre, mère de deux enfants – ils sont très très gentils, dit-elle, entre un trou de mémoire et une absence dus sans doute à un excès de Lexomil. Quant à Dagny qui les a réunies ce soir-là dans son joli appartement à crédit pour nettoyer leur mémoire, elle est, elle aussi, comme une naufragée accrochée à son appartement à crédit comme à une bouée de sauvetage.
Peu à peu, bribe à bribe, verre après verre, l'histoire de ces trois anciennes adolescentes va finir par être révélée, entre invectives, sautes d'humeur et provocations les unes envers les autres.
Trois caractères si différents qu'on a peine à les imaginer, copines d'enfance. Dagny, chez qui se passe la soirée, autoritaire, tranchante et maniaque de la propreté, et ses deux invitées qui déboulent, l'une alcoolique style destroy à deux doigts de se retrouver SDF, l'autre, mère de deux enfants – ils sont très très gentils, dit-elle, entre un trou de mémoire et une absence dus sans doute à un excès de Lexomil. Quant à Dagny qui les a réunies ce soir-là dans son joli appartement à crédit pour nettoyer leur mémoire, elle est, elle aussi, comme une naufragée accrochée à son appartement à crédit comme à une bouée de sauvetage.
Peu à peu, bribe à bribe, verre après verre, l'histoire de ces trois anciennes adolescentes va finir par être révélée, entre invectives, sautes d'humeur et provocations les unes envers les autres.
Le texte de Kristín Eiríksdóttir fait surgir des lambeaux de mémoire comme un effiloché de viande se détache de la masse, à coup de fourchette, de cette viande fibreuse, plat de côte ou le paleron, qui se libère mot après mots du corps et de la mémoire des trois amies, comme si trop de chair, de dérives, de fuites en avant avait peu à peu recouvert le dernier souvenir de leur adolescence. Des scènes courtes qui suivent la chronologie réelle de la soirée, entrecoupées d'ellipses, de style très cinématographique, où chacune des amies partage avec le public un moment clef de sa vie. C'est une écriture très libre, fulgurante et visuelle qui percute en permanence.
Dans cette histoire de femmes, de relations mères/filles âpres et violentes, les hommes sont quasiment absents : pères disparus, démissionnaires ou bellâtre vide de tout sentiment. Il y a aussi les autres adolescentes, les camarades du collège, celles qui dévident leurs calomnies jusqu'au harcèlement, celles qui cloisonnent les invitations aux soirées pour créer des groupes de parias dans les classes. Les trois adolescentes seront de celles-là. Isolées.
La pièce est construite comme une série de visions qui dévoilent les psychologies des personnages sans avoir recours, et c'est un bien, à des interprétations de causes à effets. Même si, dans leur enfance, les mères violentes et humiliantes, les mères aux charges mentales trop lourdes pour entourer les filles de chaleur humaine et les pères absents sont des blessures que les trois personnages portent chacune au fond d'elles-mêmes, jamais le texte de l'autrice islandaise n'en fait un déroulement psychologique. Les faits seuls s'additionnent, mais ne résument pas ces êtres complexes qui se débattent sans le savoir contre des démons qu'elles ne connaissent pas.
L'histoire est sans concession, mais elle est portée par trois comédiennes dont l'investissement et l'énergie donnent à celle-ci un rythme et une soif de vivre qui reste intacte. Les corps, les voix et le jeu sont en total liberté dans un décor symbolique qui délimite sur le plateau l'espace de l'appartement : frontière rigide qui les enferme comme dans un ring de boxe où le combat pour mettre au propre la mémoire commune se déroule. Quelques incursions de projections photographiques des trois personnages ensemble comme des amies inséparables donnent poétiquement à voir ce que cette relation aurait pu être sans le drame qui a mis un terme, vingt plus tôt, à ce trio.
◙ Bruno Fougniès
Dans cette histoire de femmes, de relations mères/filles âpres et violentes, les hommes sont quasiment absents : pères disparus, démissionnaires ou bellâtre vide de tout sentiment. Il y a aussi les autres adolescentes, les camarades du collège, celles qui dévident leurs calomnies jusqu'au harcèlement, celles qui cloisonnent les invitations aux soirées pour créer des groupes de parias dans les classes. Les trois adolescentes seront de celles-là. Isolées.
La pièce est construite comme une série de visions qui dévoilent les psychologies des personnages sans avoir recours, et c'est un bien, à des interprétations de causes à effets. Même si, dans leur enfance, les mères violentes et humiliantes, les mères aux charges mentales trop lourdes pour entourer les filles de chaleur humaine et les pères absents sont des blessures que les trois personnages portent chacune au fond d'elles-mêmes, jamais le texte de l'autrice islandaise n'en fait un déroulement psychologique. Les faits seuls s'additionnent, mais ne résument pas ces êtres complexes qui se débattent sans le savoir contre des démons qu'elles ne connaissent pas.
L'histoire est sans concession, mais elle est portée par trois comédiennes dont l'investissement et l'énergie donnent à celle-ci un rythme et une soif de vivre qui reste intacte. Les corps, les voix et le jeu sont en total liberté dans un décor symbolique qui délimite sur le plateau l'espace de l'appartement : frontière rigide qui les enferme comme dans un ring de boxe où le combat pour mettre au propre la mémoire commune se déroule. Quelques incursions de projections photographiques des trois personnages ensemble comme des amies inséparables donnent poétiquement à voir ce que cette relation aurait pu être sans le drame qui a mis un terme, vingt plus tôt, à ce trio.
◙ Bruno Fougniès
"Hystory"
Texte : Kristín Eiríksdóttir
Traduction de l‘islandais : Raka Asgeirsdottir et Claire Béchet.
Mise en scène : Andréa El Azan et Raka Àsgeirsdòttir
Avec : Alice Gozlan, Andréa El Azan, Caroline Marcos.
Création musicale : Étienne Glénat.
Création Lumières : Noémie Rade.
Photos et vidéos Christian Helgi Beaussier.
Production : Compagnie Asgeir.
À partir de 15 ans.
Durée : 1 h 05.
Du 17 septembre au 10 octobre2026.
17, 19, 24 et 26 septembre à 20 h, 1er octobre à 21 h, 3 octobre à 20 h, 8 et 9 octobre à 21 h et 10 Octobre à 20 h.
Théâtre de la Reine Blanche, 2 bis, passage Ruelle, Paris 18ᵉ.
Téléphone : 01 40 05 06 96.
>> Billetterie en ligne
>> reineblanche.com
Traduction de l‘islandais : Raka Asgeirsdottir et Claire Béchet.
Mise en scène : Andréa El Azan et Raka Àsgeirsdòttir
Avec : Alice Gozlan, Andréa El Azan, Caroline Marcos.
Création musicale : Étienne Glénat.
Création Lumières : Noémie Rade.
Photos et vidéos Christian Helgi Beaussier.
Production : Compagnie Asgeir.
À partir de 15 ans.
Durée : 1 h 05.
Du 17 septembre au 10 octobre2026.
17, 19, 24 et 26 septembre à 20 h, 1er octobre à 21 h, 3 octobre à 20 h, 8 et 9 octobre à 21 h et 10 Octobre à 20 h.
Théâtre de la Reine Blanche, 2 bis, passage Ruelle, Paris 18ᵉ.
Téléphone : 01 40 05 06 96.
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