La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Remise du Prix Adami de l’Artiste citoyen 2018 à Angélique Kidjo  22/06/2018

© Cindy Angoulevent/Adami.
Angélique Kidjo, la chanteuse béninoise internationalement reconnue pour son talent et son engagement notamment pour les femmes en Afrique, a reçu le Prix Adami de l'Artiste citoyen, jeudi 14 juin 2018, remis par Bruno Studer en présence de Pascal Bois, Jean-
Jacques Milteau et Bruno Boutleux.


Après la cheffe d'orchestre Zahia Ziouani en 2017, ce prix couronne une personnalité impliquée dans le monde citoyen. Récompenser un artiste qui s'engage dans la société c'est aussi mettre en lumière la force de la parole artistique.

L'artiste et chanteuse, récompensée par ce prix doté de 10 000 euros, remettra cette somme à la fondation Batonga, qu'elle a créée pour l'éducation secondaire des jeunes filles en Afrique.
Angélique Kidjo, très émue, entourée de sa famille et ses amis, a entonné un chant superbe et a exprimé son engagement citoyen indéfectible auprès de ceux qui souffrent de par le monde en
affirmant avec force les valeurs qui lui sont chères : l'éducation, la transmission et la richesse de la culture. "Le talent du chant, dit-elle, c'est la voix de ceux qui n'en ont pas".

Jean-Jacques Milteau a souligné le rôle politique et social des artistes interprètes alors que Bruno Studer évoquait sur un ton très personnel la part essentielle de la culture dans nos vies. "Grâce aux artistes, le monde peut devenir meilleur, à leurs côtés notre regard change, maintenant que je vous ai rencontré, je ne suis plus le même". "La culture, c'est le droit à la nuance, si précieux en des temps si fragiles".

Lauréate des Grammy Awards et de l'Académie Charles Cros, Ambassadrice de Bonne Volonté de l'UNICEF depuis 2002, vice-présidente de la CISAC, Angélique Kidjo est mondialement connue à travers son travail artistique et ses interprétations musicales, quatorze albums et au moins autant de tournées internationales, mais aussi par son engagement en faveur des femmes noires.

Reconnue parmi les femmes les plus influentes d'Afrique, Angélique Kidjo défie les clivages politiques. Ses actions passent entre autres, par la Fondation Batonga qu'elle a créé et qui oeuvre pour un meilleur accès à l'éducation pour les jeunes filles africaines. Inlassable porte-parole, elle voyage à travers le monde pour promouvoir le commerce équitable ou collabore à des campagnes de communication comme celle de la vaccination contre le tétanos ou encore pour la protection de l'environnement.

Musique et combat citoyen sont intimement liés chez cette femme charismatique qui nous dit son engagement sans faille inscrit dans son ADN. "Cela vient sans doute du fait que j'ai un pied en Afrique et un pied dans le reste du monde. Et peut-être aussi par ce que mon continent d'origine reste au coeur de ma musique et de mes préoccupations. De la même façon qu'avec ma musique j'essaye d'établir un pont entre les cultures, je m'évertue de créer des liens entre les populations et les organisations.

Photo - De gauche à droite : Jean-Jacques Milteau, président de l'Adami, Bruno Studer, président de la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, Angélique Kidjo, le député Pascal Bois et Bruno Boutleux, directeur général gérant de l'Adami © Cindy Angoulevent/Adami.
La Rédaction

Nouveau commentaire :





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


PUB


    Aucun événement à cette date.
Publicité



À découvrir

"Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité

"Kanata", Théâtre du Soleil, Paris

Mais que sont devenus les Hurons, la Grande Forêt, les canoës ? Tous ces rêves de Canada des petits garçons et petites filles ? Quand Ariane Mnouchkine et Robert Lepage, avec les comédiens du Soleil, envisagent de monter un spectacle sur le Canada et son Histoire, personne n'imaginait l'hostilité, la violence des réactions qu'engendrerait là-bas ce projet*.

Que l'ambition affichée de montrer le sort des Amérindiens dans le monde moderne aboutirait à une contestation brutale du droit à les représenter. Face aux insultes anonymes, forcément sur Internet, venant de tous les bords, la troupe du Soleil (dont les comédiens appartiennent au monde entier) a réagi de la meilleure façon. En montant le premier épisode de "Kanata" sur la controverse. La troupe intègre, intériorise tous les tenants de la querelle.

La pièce prend pour fil conducteur un couple de jeunes Français primo immigrants naïfs qui s'installant à Vancouver, découvrent les réalités cachées sous les cartes postales. Les rues sordides, la misère, la drogue, la prostitution, les Amérindiens déchus, le crime, l'impuissance d'une police, la déforestation, la disparition des traces du passé. Un melting-pot qui n'est qu'un agrégat de souffrances travaillées pourtant par l'instinct de survie et l'espoir de s'en sortir.

Jean Grapin
07/02/2019
Spectacle à la Une

"Botéro en Orient"… tout en rondeur !

C'est un voyage où le physique et l'esthétisme ont une place prépondérante et dans laquelle les rondeurs sont revendiquées et montrées. Autour d'une création picturale qui l'a guidé, Taoufiq Izeddiou place l'identité au centre de sa création.

Le titre du spectacle est dû au fait que Taoufiq Izeddiou a été inspiré par l'œuvre autour d'Abou Ghraïb (Irak) de Fernando Botero, peintre et sculpteur colombien, où l'artiste s'était insurgé. Il avait en effet dessiné de superbes planches où la torture, l'humiliation et la violence s'étalaient. Les personnages des œuvres de Botero sont toujours des êtres ronds et épais. C'est dans ce rapport aux volumes que le chorégraphe a bâti son spectacle.

À l'entame de la représentation, le silence habille le plateau puis des ombres se détachent d'une demi-obscurité. Les déplacements sont séparés, la gestuelle des trois danseurs est propre à chacun, ceux-ci perchés sur un bloc de bois. La scénographie est déplacée tout au long du spectacle, les blocs changeant de lieu, bousculés et balancés sur scène. C'est une œuvre de construction et de reconstruction où les chorégraphies se suivent dans des thématiques où l'identité de chaque interprète est posée par rapport à son corps, rond, "volumétrique" selon les propos de Taoufiq Izeddiou.

Safidin Alouache
28/02/2019
Sortie à la Une

Roukiata Ouedraogo intègre avec une facilité déconcertante les facettes de l'art du comédien et du clown

"Je demande la route", Théâtre de l'Œuvre, Paris

Roukiata Ouedraogo présente son spectacle "Je demande la route". Difficile de ne pas lui répondre que la route est droite et belle en saluant tout le talent dont elle fait preuve sur scène.

Roukiata Ouedraogo intègre avec une facilité déconcertante les facettes de l'art du comédien et du clown
Roukiata Ouedraogo est pour ainsi dire une princesse qui, ayant découvert le secret des griots et leur art de raconter, donne corps et parole à tous les personnages qui ont marqué sa vie. Elle fait ainsi cadeau de l'humour africain et le fait savoir dans la joie de jouer.

Allant bien au-delà d'un soliloque moqueur ou sarcastique, Roukiata fait œuvre picaresque. En faisant vivre toutes ses ombres, en partant du village, quittant son enfance, sa famille : partant à la conquête du monde. Le public l'accompagne dans le rire.

Les récitations ânonnées à l'école communale, les conseils du grand frère, son arrivée en France, son grand-père ancien de la guerre, sa hantise du froid, son premier appart au dernier étage avec vue sur les chéneaux. De la bureaucrate de l'état civil aux femmes du salon de coiffure à Château-rouge, des métiers de gardienne d'enfants à celui de comédienne, tout fait conte, conte moderne, conte initiatique.

Jean Grapin
08/02/2019