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Prix de la Critique - Palmarès 2015/2016 Théâtre  20/06/2016

"Figaro divorce" © Simon Gosselin.
Grand Prix (meilleur spectacle théâtral de l'année) : "Vu du pont" d’Arthur Miller, mise en scène de Ivo van Hove (Odéon, Théâtre de l’Europe - Ateliers Berthier).

Prix Georges-Lerminier (meilleur spectacle théâtral créé en province) : "Figaro divorce" de Ödön von Horváth, mise en scène de Christophe Rauck (Théâtre du Nord, Lille / Le Monfort).

Meilleure Création d'une pièce en langue française : "Bovary" de Tiago Rodrigues, mise en scène de l’auteur (Théâtre de la Bastille).

Meilleur spectacle étranger : "Kings of war", d’après Shakespeare, mise en scène Ivo van Hove (Théâtre national de Chaillot).

Prix Laurent-Terzieff (meilleur spectacle présenté dans un théâtre privé) : "Qui a peur de Virginia Woolf ?" d’Edward Albee, mise en scène Alain Françon (Théâtre de l’Œuvre).

Meilleure Comédienne : Dominique Valadié dans "Qui a peur de Virginia Woolf ?" d’Edward Albee, mise en scène Alain Françon (Théâtre de l’Œuvre).

Meilleur Comédien : Charles Berling dans "Vu du pont" d’Arthur Miller, mise en scène Ivo van Hove (Odéon Théâtre de l’Europe - Ateliers Berthier).

Prix Jean-Jacques-Lerrant (révélation théâtrale de l’année) : Maëlle Poésy pour les mises en scène de "Candide, si c’est ça le meilleur des mondes" de Kevin Keiss, d’après Voltaire (Théâtre Dijon Bourgogne, CDN Théâtre du Gymnase, Espace des Arts Marseille, Scène nationale Chalon-sur-Saône) et "Le Chant du cygne/L’Ours" de Tchekhov (Comédie-Française - Studio Théâtre).

Meilleures créations d'éléments scéniques : Éric Ruf, Valérie Lesort, Carole Allemand pour "20 000 lieues sous les mers" de Jules Verne, mise en scène de Christian Hecq (Comédie-Française - Vieux-Colombier).

Meilleur Compositeur de musique de scène : Alexandre Meyer pour "Und" de Howard Barker, mise en scène de Jacques Vincey (CDR Tours, Théâtre Olympia/Théâtre de la Ville - Les Abbesses).

Meilleur livre sur le théâtre : "Le Théâtre et la Peur", par Thomas Ostermeier (Actes Sud).

Fondé en 1877, le Syndicat professionnel de la Critique de Théâtre, devenu l’Association professionnelle de la critique de Théâtre, de Musique et de Danse, a pour buts de resserrer les liens de confraternité entre ses membres, de défendre leurs intérêts moraux et matériels, d’assurer la liberté de la critique. Il regroupe aujourd’hui 140 journalistes de la presse écrite et audiovisuelle, française et étrangère. Il décerne chaque année des Prix pour le Théâtre, la Musique et la Danse, rendant ainsi hommage aux artistes qui ont marqué la saison.

Photo : "Figaro divorce" © Simon Gosselin.
La Rédaction

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•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

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… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
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•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

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Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
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•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

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Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019