La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Nomination de Richard Brunel à la direction de l'Opéra national de Lyon  23/10/2019

© Opéra national de Lyon.
Franck Riester, ministre de la Culture, agrée la candidature de Richard Brunel à la direction générale de l'Opéra national de Lyon, sur proposition de Gérard Collomb, maire de Lyon, et en accord avec Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon, le conseil d'administration de l'Opéra national de Lyon sous la Présidence de Rémy Weber. Richard Brunel prendra ses fonctions à compter du 1er septembre 2021.

Richard Brunel dirige actuellement le Centre Dramatique National de Valence dont il a fait un lieu majeur de production en France. Formé à la mise en scène au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris auprès de Robert Wilson, Krystian Lupa, Peter Stein et Patrice Chéreau, c'est en 2005 à l'Opéra national de Lyon que Richard Brunel crée sa première mise en scène d'œuvre lyrique. Il a depuis mis en scène de nombreuses productions tant d'œuvres du répertoire (Mozart, Donizetti, Berlioz, Poulenc, etc.), que de créations (Philip Glass, Thierry Escaich, Marco Stroppa…) en France et en Europe.

Il est notamment invité à plusieurs reprises au Festival d'Aix-en-Provence ("L'infedeltà delusa" de Haydn, "Les Noces de Figaro" de Mozart), à l'Opéra de Lille ("Le Trouvère" de Verdi), à l'Opéra-Comique ("Albert Herring" de Britten). "Le Cercle de craie" de Zemlinsky est sa dernière création à l'Opéra national de Lyon. Il a notamment travaillé avec Susanna Mälkki, Lothar Koenigs, Roberto Rizzi Brignoli, Jérémie Rhorer, Alexander Soddy…

Avec toutes les forces vives de l'Opéra national de Lyon, il développera un projet lyrique et chorégraphique ambitieux mêlant de grandes oeuvres du répertoire, des redécouvertes d’œuvres rares et des créations contemporaines. Fort de son expérience, et avec la complicité du chef principal Daniele Rustioni, il veillera à prolonger le rayonnement international et régional de l'institution. Il explorera de nouveaux processus de création qui permettront aux compositeurs, aux chefs d'orchestre, aux metteurs en scène et chorégraphes de la nouvelle génération de faire œuvre à Lyon aux côtés des grands noms d'aujourd'hui. Il portera une grande attention à la jeunesse, à la diversité et à l'accessibilité de tous les publics à l'Opéra national de Lyon, en dialogue permanent avec la cité.

Avant de prendre la direction en septembre 2021, Richard Brunel aura deux ans pour préparer ses premières programmations et assurer une liaison cohérente et efficiente avec Serge Dorny, l'actuel directeur général.

Franck Riester tient à saluer l'action de Serge Dorny, qui a su marquer de manière durable et remarquable la direction de l'Opéra national de Lyon, et déployer avec audace et innovation une programmation rythmée entre répertoire et créations, en attirant des interprètes, metteurs en scène et chorégraphes de tous les horizons.

Serge Dorny a également ouvert l'opéra sur la Ville et le territoire, en tissant des coproductions et tournées et en menant des actions culturelles de haute qualité. Serge Dorny a enfin considérablement développé les ressources propres, de mécénat et de coproduction pour l'opéra. Son travail a été reconnu par de nombreuses récompenses internationales, qui font aujourd'hui de l'Opéra national de Lyon une référence incontestable dans le monde lyrique européen.

Franck Riester salue l'engagement absolu de Serge Dorny au service du rayonnement de l'art lyrique dans un projet ambitieux de partage avec toutes et tous".
La Rédaction

Nouveau commentaire :








À découvrir

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine

Ça commence limite "foutage de gueule", genre numéro de cirque en guise d'attraction préambulaire… Après le combat de catch de nains, pourquoi un match de foot féminin pour ouvrir la kermesse annuelle du journal L'Union à Reims ! Sauf que… les choses vont prendre une tournure inattendue… Avec une coupe du monde à la clé ! C'est la nouvelle et formidable histoire de femmes que nous racontent Pauline Bureau et sa compagnie.

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
Reims, été 68. Dans la perspective d'un événement footballistique important, coach et cadres de l'équipe locale cherche une attraction en préambule de la confrontation sportive… Et pourquoi pas des femmes courant après un ballon, c'est original et rigolo, du jamais vu !* Des filles sur un terrain de foot, voilà un divertissement apte à régaler les mâles… majoritaires sur les gradins.

S'ensuit un appel à candidates qui, à la grande surprise de l'initiateur (Nicolas Chupin), répondent présentes. Mais son étonnement est total quand il les voit taper dans le ballon ; et jouer avec enthousiasme, aisance, rapidité et une immense liberté, sans retenue. Elles ont entre 16 et 32 ans, venant d'horizons différents, et sont bien décidées à faire de cette mauvaise plaisanterie divertissante l'aventure de leur vie.

Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.

Gil Chauveau
06/12/2019
Spectacle à la Une

"Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde

Subvertir la pensée commune par des postures intellectuelles radicales, propres à faire passer ce pseudo conférencier circassien pour un autiste Asperger des plus performants, semble le crédo existentiel de cet artiste hors normes. Par le biais de son regard décalé, il recrée sous nos yeux un monde fabuleux, enchantant notre imaginaire et stimulant nos neurones assoupis.

Johann Le Guillerm, dès son apparition sur le plateau, poussant une improbable carriole-bureau à tiroirs, en impose. Son costume, sa cravate, sa tresse impeccable, sa voix monocorde… tout en lui dégage une inquiétante étrangeté mâtinée d'une sérénité au-dessus de tout soupçon. Comme si cet homme d'un autre temps, d'une autre époque, avait accumulé dans les plis de son être un savoir qui nous faisait défaut, nous les prisonniers de la caverne platonicienne condamnés à ne voir en toutes choses que le pâle reflet de nos vies formatées.

"Est-ce que quelqu'un dans la salle pourrait m'indiquer le chemin qui n'irait pas à Rome ?"… Dès sa première adresse au public, le ton est donné : si quelqu'un d'aventure, fort de ses nouveaux savoirs, s'était égaré là, conforté dans l'idée que la terre est ronde (suprême révélation datant d'à peine cinq cents ans) et que l'homme n'est pas maître en sa demeure (Freud, et la découverte de l'inconscient au début des années 1900), il pourrait illico "battre en retraite". Copernic, Galilée, Freud n'ont fait qu'ouvrir la voie… à nous de la poursuivre.

"La science de l'idiot" chevillée au corps, Johann Le Guillerm va faire exploser littéralement le prêt-à-penser confortant des idées manufacturées, fussent-elles actualisées, dupliquées à l'envi par la nécessité d'une reproduction sociale garante de l'ordre décliné par le savoir officiel. Penser autrement le monde, c'est ce qu'il fut amené à faire, d'abord à son corps défendant. Diagnostiqué enfant dys+++ (dyslexique, dysorthographique, etc.), il fut conduit à la rébellion de l'esprit en dessinant d'autres épures. Réflexe de survie.

Yves Kafka
21/12/2019
Sortie à la Une

"À mon bel amour"… Urbain, classique, éclectique et artistique

C'est sous le prisme des danses urbaines, contemporaine et classique que la chorégraphe Anne Nguyen interroge les identités au travers du corps et de son rapport à l'espace où le waacking, le popping, le voguing, le locking et le krump portent leurs signatures au détour de pointes, de balancés, de lock et de bounce.

Noir sur scène, puis un groupe se détache dans une lumière tamisée qui vient dessiner les creux de leurs silhouettes. La musique démarre à un rythme effréné. Au début, tout est homogène, ils forment une seule et même entité dans une intimité qui est balayée par le tempo musical. Comme un pied-de-nez à la sensation scénique d'un sentiment intime qui s'extériorise violemment.

À tour de rôle, comme une réminiscence des années soixante, soixante-dix, quatre-vingt, le waacking, le popping, le voguing, le locking, le krump, en appui des danses contemporaine et classique, apparaissent autour d'un socle artistique commun dans lequel chacun vient se nourrir au même humus. Des différences ? Oui, bien sûr, dans le tempo, la gestique, le rapport au corps, à la scène et à l'autre, mais tout ceci puise dans un même objectif, celle de faire communiquer une sensation, un état d'âme, une volonté farouche ou timide de montrer quelque chose sur le plateau, un ce je-ne-sais-quoi qui fait de l'artiste un buvard aux émotions qui a besoin, pour notre plus grand plaisir, de s'épancher.

Safidin Alouache
10/12/2019