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Nomination de Charlotte Ginot-Slacik à la direction de l'Orchestre Français des Jeunes (OFJ)  27/09/2022

Madame Rima Abdul Malak, ministre de la Culture, en accord avec le conseil d'administration de l'Orchestre Français des Jeunes (OFJ) présidé par Dominique Dujols, donne son agrément à la nomination de Charlotte Ginot-Slacik à la direction de l'Orchestre.

Le projet de Charlotte Ginot-Slacik a été apprécié pour son caractère innovant et exigeant sur les plans artistique et pédagogique.

La mission principale de l'OFJ est la mise en situation professionnelle des futurs musiciens d'orchestre. À cette fin, Charlotte Ginot-Slacik développera la mobilité territoriale de l'OFJ, les interactions entre les futurs professionnels de l'orchestre et les populations, prenant en compte la diversité culturelle. Cette double ambition leur permettra de mieux appréhender les nouveaux enjeux de l'orchestre du XXIe siècle. Elle souhaite en effet que l'OFJ reflète davantage la diversité de la société française en favorisant l'inclusion sociale.

Docteure en musicologie, Charlotte Ginot-Slacik est titulaire d'un master politique de la musique à l'EHESS et d'un prix d'esthétique au CNSMD de Paris. Elle possède une excellente connaissance du secteur symphonique acquise au sein de l'orchestre national du Capitole de Toulouse, une expérience très riche en matière de formation aux métiers d'orchestre dispensés au sein de CNSMD de Lyon et de programmation en tant que directrice artistique du festival "les musicales franco-russes" de Toulouse.

Fondé en 1982 sous l'impulsion du ministère de la Culture, l'Orchestre français des jeunes (OFJ) s'adresse à de jeunes musiciennes et musiciens en fin de cursus dans les conservatoires et complète la formation dispensée par les établissements d'enseignement supérieur du spectacle vivant.

Rima Abdul Malak salue le travail du précédent directeur de cet orchestre, Pierre Barrois, qui a dirigé l'OFJ pendant 25 ans et a œuvré à l'enrichissement de la formation des musiciens. Elle remercie également Catherine Puig qui a brillamment assuré la direction par intérim ces derniers mois.

L'OFJ fête cette année ses quarante ans en 2022 et se produira le 11 décembre prochain à la Philharmonie de Paris sous la baguette de son directeur musical Michael Schønwandt.

Communiqué du ministère de la Culture.
La Rédaction

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Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

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L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
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"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
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Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
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"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

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Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022