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Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, propose Stéphane Braunschweig au poste de directeur du Théâtre National de l’Odéon  17/12/2015

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, a proposé au Président de la République la nomination de Stéphane Braunschweig à la direction du Théâtre National de l’Odéon.

Actuellement directeur du théâtre national de la Colline, Stéphane Braunschweig y mène une aventure artistique qui témoigne depuis toujours de son ambition pour le théâtre et de son rayonnement européen.

Après des études de philosophie à l'École normale supérieure, Stéphane Braunschweig rejoint en 1987 l'École du Théâtre National de Chaillot dirigée par Antoine Vitez. Il est directeur du Centre Dramatique national d'Orléans de 1993 à 1998 où sont joués et créés de nombreux spectacles d’auteurs européens majeurs.

Directeur du Théâtre National de Strasbourg et de son école nationale supérieure de 2000 à 2008, il y développe fortement la dimension internationale en invitant de grands metteurs en scène et en y construisant un festival de très jeunes metteurs en scène européens. Il crée de nombreux spectacles dont "Brand" d'Ibsen, prix du Syndicat de la critique. Il met en scène de nombreux spectacles de théâtre à l'étranger, notamment "Mesure pour Mesure" de Shakespeare en anglais au Festival d'Edimbourg (1997), "Le Marchand de Venise" en italien au Piccolo teatro de Milan, et "Woyzeck" de Büchner en allemand au Bayerisches Staatsschauspiel de Munich.

Il s'est également tourné vers la mise en scène d'opéras pour lesquels il a signé de nombreuses productions, au Théâtre du Châtelet, pour le Festival d'Aix en Provence, le Staatsoper de Berlin, la Scala de Milan, l'Opéra Comique ou le Théâtre des Champs Élysées.

Depuis janvier 2010, directeur du Théâtre National de la Colline, il y poursuit avec succès son engagement pour un théâtre en prise avec son temps. Il présente des pièces d’Ibsen, de Wedekind, d’Arne Lygre ("Tage Unter, Jours souterrains", créé à Berlin et joué en langue en allemande à La Colline). En 2014, il met en scène "Le Canard Sauvage" d’Henrik Ibsen, présenté depuis au théâtre national d’Oslo, et "Glückliche Tage" ("Oh les beaux jours") de Samuel Beckett, créé à Düsseldorf. Cette saison, après "Les Géants de la montagne" de Pirandello à La Colline, il mettra en scène "Britannicus" de Racine à la Comédie-Française.

Stéphane Braunschweig souhaite que l’Odéon, Théâtre de l’Europe, puisse être le lieu militant d’un idéal européen que les artistes peuvent incarner : une Europe ouverte au reste du monde et en dialogue avec lui.

Il entend que l’Odéon, Théâtre de l’Europe, soit attentif aux enjeux générationnels, porteur d’un élan pour une meilleure représentation de la parité et de la diversité, sur les scènes comme dans les publics.

Le Théâtre National de l’Odéon, qui continuera à accueillir des noms prestigieux de la scène européenne, sera ainsi ouvert aux nouvelles générations de créateurs et à des artistes et auteurs encore peu connus en France. À ce titre, il souhaite associer des artistes étrangers de ces nouvelles générations au projet qu’il développera pour l’Odéon.

Il succédera à Luc Bondy disparu le 28 novembre dernier. La ministre rappelle l'hommage unanime qui lui a été rendu pour son engagement au service de l’ambition artistique et européenne du Théâtre.

Communiqué de presse du 16 décembre 2015.

Photo : Philippe Fourdan.
La Rédaction

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"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

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C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

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Brigitte Corrigou
08/09/2023
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"Hedwig and the Angry inch" Quand l'ingratitude de la vie œuvre en silence et brise les rêves et le talent pourtant si légitimes

La comédie musicale rock de Broadway enfin en France ! Récompensée quatre fois aux Tony Awards, Hedwig, la chanteuse transsexuelle germano-américaine, est-allemande, dont la carrière n'a jamais démarré, est accompagnée de son mari croate,Yithak, qui est aussi son assistant et choriste, mais avec lequel elle entretient des relations malsaines, et de son groupe, the Angry Inch. Tout cela pour retracer son parcours de vie pour le moins chaotique : Berlin Est, son adolescence de mauvais garçon, son besoin de liberté, sa passion pour le rock, sa transformation en Hedwig après une opération bâclée qui lui permet de quitter l'Allemagne en épouse d'un GI américain, ce, grâce au soutien sans failles de sa mère…

© Grégory Juppin.
Hedwig bouscule les codes de la bienséance et va jusqu'au bout de ses rêves.
Ni femme, ni homme, entre humour queer et confidences trash, il/elle raconte surtout l'histoire de son premier amour devenu l'une des plus grandes stars du rock, Tommy Gnosis, qui ne cessera de le/la hanter et de le/la poursuivre à sa manière.

"Hedwig and the Angry inch" a vu le jour pour la première fois en 1998, au Off Broadway, dans les caves, sous la direction de John Cameron Mitchell. C'est d'ailleurs lui-même qui l'adaptera au cinéma en 2001. C'est la version de 2014, avec Neil Patrick Harris dans le rôle-titre, qui remporte les quatre Tony Awards, dont celui de la meilleure reprise de comédie musicale.

Ce soir-là, c'était la première fois que nous assistions à un spectacle au Théâtre du Rouge Gorge, alors que nous venons pourtant au Festival depuis de nombreuses années ! Situé au pied du Palais des Papes, du centre historique et du non moins connu hôtel de la Mirande, il s'agit là d'un lieu de la ville close pour le moins pittoresque et exceptionnel.

Brigitte Corrigou
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"Zoo Story" Dans un océan d'inhumanités, retrouver le vivre ensemble

Central Park, à l'heure de la pause déjeuner. Un homme seul profite de sa quotidienne séquence de répit, sur un banc, symbole de ce minuscule territoire devenu son havre de paix. Dans ce moment voulu comme une trêve face à la folie du monde et aux contraintes de la société laborieuse, un homme surgit sans raison apparente, venant briser la solitude du travailleur au repos. Entrant dans la narration d'un pseudo-récit, il va bouleverser l'ordre des choses, inverser les pouvoirs et détruire les convictions, pour le simple jeu – absurde ? – de la mise en exergue de nos inhumanités et de nos dérives solitaires.

© Alejandro Guerrero.
Lui, Peter (Sylvain Katan), est le stéréotype du bourgeois, cadre dans une maison d'édition, "détenteur" patriarcal d'une femme, deux enfants, deux chats, deux perruches, le tout dans un appartement vraisemblablement luxueux d'un quartier chic et "bobo" de New York. L'autre, Jerry (Pierre Val), à l'opposé, est plutôt du côté de la pauvreté, celle pas trop grave, genre bohème, mais banale qui fait habiter dans une chambre de bonne, supporter les inconvénients de la promiscuité et rechercher ces petits riens, ces rares moments de défoulement ou d'impertinence qui donnent d'éphémères et fugaces instants de bonheur.

Les profils psychologiques des deux personnages sont subtilement élaborés, puis finement étudiés, analysés, au fil de la narration, avec une inversion, un basculement "dominant - dominé", s'inscrivant en douceur dans le déroulement de la pièce. La confrontation, involontaire au début, Peter se laissant tout d'abord porter par le récit de Jerry, devient plus prégnante, incisive, ce dernier portant ses propos plus sur des questionnements existentiels sur la vie, sur les injonctions à la normalité de la société et la réalité pitoyable – selon lui – de l'existence de Peter… cela sous prétexte d'une prise de pouvoir de son espace vital de repos qu'est le banc que celui-ci utilise pour sa pause déjeuner.

La rencontre fortuite entre ces deux humains est en réalité un faux-semblant, tout comme la prétendue histoire du zoo qui ne viendra jamais, Edward Albee (1928-2016) proposant ici une réflexion sur les dérives de la société humaine qui, au fil des décennies, a construit toujours plus de barrières entre elle et le vivant, créant le terreau des détresses ordinaires et des grandes solitudes. Ce constat fait dans les années cinquante par l'auteur américain de "Qui a peur de Virginia Woolf ?" se révèle plus que jamais d'actualité avec l'évolution actuelle de notre monde dans lequel l'individualisme a pris le pas sur le collectif.

Gil Chauveau
15/09/2023