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Du grand art sur la piste de Fontvieille  07/12/2017

© DR.
En 2018, le cirque moderne fêtera ses 250 ans et le comité d'organisation du festival international du cirque de Monte-Carlo, sous la présidence de la Princesse Stéphanie, a voulu proposer au public des numéros à la hauteur de cet événement. Pour cette 42e édition, la Chine, un des berceaux des arts de la piste, sera représentée avec des numéros comme toujours spectaculaires, basés autant sur la technicité que sur la mise en scène élaborée de chacun d'entre eux.

Huang Yang, équilibriste sur fil mou, est une jeune prodige qui réalise des exploits sur un support particulièrement difficile à maîtriser : elle marche sur les mains, se balance, monte l’arbre droit sur les barreaux d’une échelle posée sur le fil… et parvient même à le parcourir, la tête en bas, en équilibre sur son monocycle ! Dans cette discipline traditionnellement masculine, jamais une femme n’avait réalisé de telles prouesses !

La Troupe acrobatique de Shanghai, l’une des plus importantes organisations de cirque en Chine, viendra sous le chapiteau de Fontvieille avec deux surprises de taille :
>> un numéro de barre russe dans lequel un des acrobates exécute 3 triples sauts périlleux consécutifs ainsi qu’une succession de doubles et triples pirouettes, dans un style d’une pureté remarquable ;
>> un ballet acrobatique dans lequel les artistes réalisent des pyramides au sommet desquelles ils accomplissent des équilibres d’un seul bras, en planche et même en grand écart !

Le public pourra également découvrir un numéro de chiens dressés, venant de Russie. Ce sera l'occasion d'un clin d’œil à l’histoire car, en 1768, Philip Astley (créateur du cirque moderne), présentait déjà, à Londres, un numéro de chiens !

Evgeniy Komiarenko, ancien élève de la fameuse école du cirque de Moscou, mènera un groupe de caniches blancs. Ceux-ci, dressés dans la tendresse et dans une réelle complicité avec leur maître, s’ébattent en toute liberté sur la piste !

Trente numéros seront présentés pour la 42e édition du Festival International du Cirque de Monte-Carlo ainsi que de nombreuses surprises pour fêter comme il se doit les 250 ans du cirque moderne !

42e Festival International du Cirque de Monte-Carlo.
Du 18 au 28 janvier 2018.
>> montecarlofestival.mc
Réservation par téléphone : +377 92 05 23 45.

Photo : Troupe acrobatique de Shanghai © DR.
La Rédaction

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"Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux

"Sandre", La Manufacture, Avignon

Sur scène, c'est comme un trône. Un trône pitoyable. Fauteuil à l'ancienne. Pas vraiment voltaire. Pas vraiment club non plus. Plutôt crapaud. Juché sur un piédestal pas du tout en marbre. Ça ressemble plus à de la palette empilée. Peinte en noir. Et puis un abat-jour en vessie de mouton tendue. Beige très clair. Monté sur un pied trop haut. Et puis c'est tout. Un trône ordinaire. Un trône de maison de banlieue. Elle y est installée. Elle n'en bouge pas. Elle y règne sur son domaine. Son domaine.

Tout autour rien. Le vide obscur de l'irréalité, pourrait-on dire. Il n'y a qu'elle, juché sur son trône du quotidien, toute pâlotte dans cette nuit, qui brille. Qu'on voit. Et qui parle. Et qui trône sur son quotidien parce que c'est ça sa vie. La vie dont elle avait rêvé ou pas. La vie qu'on lui avait promise, c'est sûr. Et malgré les impondérables et le temps qui sabotent, elle la tenait sa vie, sa maison, son mari, ses enfants.

Qu'est-ce qu'elle dit ?... Elle s'explique, je crois. Elle parle à quelqu'un. À quelqu'un qui l'accuse, il faut croire. Quelqu'un qui l'accuse d'on ne sait pas quoi. On ne le saura qu'à la fin. Quand elle aura fini de parler. De s'expliquer. Enfin de raconter quoi, son domaine, son royaume, son empire, toutes ces années d'existence. Avec ses espoirs, très très humains. Très simples en fait. Et puis ses joies, ses plaisirs, ses émerveillements. Et puis ses déceptions bien sûr.

Une vie, c'est une sorte de succession de mondes qui s'écroulent, si on veut bien y réfléchir une seconde. On construit. On y croit. On flotte dans nos illusions jusqu'à ce qu'elles crèvent comme un ballon de baudruche et qu'on manque de crever avec elle. Parce que la petite pointe aigüe de la réalité est venue tout foutre en l'air, alors il y a plus qu'à en reconstruire un autre de bonheur. Ouais, il s'agit de parler de ça du bonheur.

Bruno Fougniès
09/03/2018
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Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

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Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

Marc Casa donne une intonation particulière aux mots de Barbara (1), de Brel (2), de Françoise Lo (3) ou de Georges Bérard (4), portant avec élégance une certaine fêlure dans la voix qui amplifie l'émotion exprimée, la fragilité sous-tendue. En même temps, le grain légèrement rugueux donne la force et l'énergie au chant, imprimant la trame musicale soutenue par la basse toute en rythmique associée au piano percussif, notamment dans le sublime "Perlimpinpin" presque guerrier, revendicatif… Le clip est d'ailleurs très révélateur et significatif de l'interprétation choisie, exprimée par Lou Casa. Voix parlée chuchotée, prenant doucement de l'amplitude. Derrière le piano roule les notes en une rivière sautillante mi-tango mi-reggae, appuyant certains mots scandés par Marc Casa.

Gil Chauveau
17/02/2018
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Représenter, questionner, polémiquer… un spectacle reflet d'une certaine société

"Le renard envieux qui me ronge le ventre", Centre Paris Anim' Les Halles Le Marais, Paris

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Représenter, questionner, polémiquer… un spectacle reflet d'une certaine société
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Désormais, le normal n'est plus de l'ordre du naturel mais s'inscrit dans un cadre sociétal. Les conventions se soumettent à des consignes latentes dans lesquelles tout le monde est plus ou moins empêtré. Nous revenons toujours dans les schémas qui nous ont été inculqués. Des interludes entrecoupent la trame narrative, qui sont fabulés, et dans lesquels se rejouent les thématiques abordées. Le cadre change mais la difficulté de s'imposer demeure : les individus sont piégés dans les rôles que la société leur a assignés.

Ludivine Picot
20/02/2018