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Agenda des spectacles et événements
● Avignon Off 2017 ● "Le Quatrième Mur", Julien Bleitrach questionne la place du théâtre en temps de guerre
Infos pratiques
du Vendredi 7 Juillet 2017 au Dimanche 30 Juillet 2017
Théâtre des 3 Soleils, 4, rue Buffon
84000 Avignon
Tel : 04 90 88 27 33
Description
"La guerre est folie. La paix doit l'être aussi. Tu vas monter Antigone à Beyrouth, Georges." Seul en scène, le comédien Julien Bleitrach joue pour la première fois "Le Quatrième Mur", adapté du roman de Sorj Chalandon (grand reporter et écrivain français), publié en 2013 et lauréat du prix Goncourt des Lycéens.

Une histoire sublime et déroutante sur une tentative qui donne le vertige - monter "Antigone" d'Anouilh en pleine guerre du Liban. Une tragédie, une utopie, une folie, avec une question en ligne de mire. Lorsqu'un pays est le théâtre d'une guerre civile débridée, est-il possible d'y apposer sa propre mise en scène ?


Puisque la guerre est folie, la paix doit l'être aussi. Il faut proposer l'inconcevable. Monter "Antigone" d'Anouilh à Beyrouth en pleine guerre du Liban. Voler deux heures au conflit, en faisant jouer sur la ligne de démarcation un fils ou une fille de chaque camp. Pour tenir cette promesse insensée faite à son meilleur ami, Georges part main tendue à la paix, avant que la guerre ne lui offre brutalement la sienne.

L'adaptation sur scène de Julien Bleitrach prend, comme point de départ, ce retour de Georges du Liban auprès de son ami Samuel, mourant à Paris. Il le rejoint. Il lui raconte. Et comme il aime le théâtre, il rejoue aussi. Il se plonge à corps perdu jusqu'à revivre ces souvenirs magnifiques, bouleversants, terrifiants. La scénographie épurée, une chaise et un tabouret en formica, renvoi à la sobriété d'une chambre d'hôpital des années quatre-vingt. Un lieu simple pour une situation réaliste entre souvenirs et confidences partagées avec un ami au crépuscule de sa vie.

"Le Quatrième Mur"
Spectacle à partir de 14 ans.
Texte : Sorj Chalandon.
Adaptation : Marc Baudin, Julien Bleitrach.
Mise en scène : Julien Bleitrach, Cyril Manetta.
Avec : Julien Bleitrach.
Création lumière : Cyril Manetta.
Création sonore : Mikael Filler, Johan Lescure.
Conception graphique : Rosalie Lonçin, Stella Rebouh.
Regard extérieur : Muriel Sapinho.
Administration, aide artistique : Élodie Ferrer.
Diffusion et développement artistique : Camille Bard.
Par la Cie L'Autre Monde.
Durée : 1 h 15. © DR.

● Avignon Off 2017 ●
Du 7 au 30 Juillet 2017.
Théâtre des 3 Soleils,
4, rue Buffon, Avignon.
Tous les jours à 15 h 15 (relâche le mardi).
Réservations : 04 90 88 27 33.
Tarif plein : 17 €, Tarif abonné : 12 €.




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À découvrir

Comme une horloge bien huilée qui remonte le temps des amours adultères

"Trahisons", Le Lucernaire, Paris

Reprise "Trahisons", la pièce de Pinter, est devenu un classique du répertoire contemporain. Un style, un mode de jeu que les élèves des écoles de comédie pratiquent chaque année en cours. Car ici, c'est la manière délicate de jouer ces échanges aux allures banales et quotidiennes qui prime sur le fond. Un théâtre du non-dit, du verbe rare, elliptique, où le sous-texte, le regard, le geste retenu valent autant que ce qui est dit, ce qui est joué.

Comme une horloge bien huilée qui remonte le temps des amours adultères
L'histoire elle-même semble toute convenue : deux amis, l'un éditeur, l'autre agent d'auteur. La femme du premier a une longue liaison avec le second. Avec ce lien d'amitié, ce lien amoureux et ce lien matrimonial se tissent une tapisserie de l'apparence qui dissimule les secrets, un voile fait de sentiments contradictoires.

Pourtant, l'originalité de cette pièce de Pinter tient dans sa construction. L'histoire commence par la fin et va remonter dix années de la vie intime de ces trois personnages. Elle tient également à la sobriété, on pourrait même dire le formalisme des scènes. Ce sont avant toute chose des Anglais de la classe moyenne haute, préoccupés par les apparences, les qu'en-dira-t-on, la politesse.

Une propreté toute javellisée des échanges. Des contacts. Des habitudes. Une organisation pratique des tromperies d'une grande méticulosité, réaliste. Ce sont de ces passions amicales et amoureuses totalement à l'opposée du feu et des flammes des passions latines.

Bruno Fougniès
24/01/2018
Spectacle à la Une

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

Il n'est jamais aisé de s'approprier et d'interpréter des chansons créées, portées, sublimées par des artistes tels que Barbara. Mais là où beaucoup échouèrent, Lou Casa et son chanteur Marc Casa relèvent le défi avec brio et donne une lecture étonnante, poignante et incroyablement juste de six morceaux choisis de la Dame en noir.

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

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Gil Chauveau
17/02/2018
Sortie à la Une

"Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde

"Bluebird", en tournée

Noctambules. Insomniaques. Travailleurs aux horaires décalés. Nomades de la nuit. Tous pris en charge par Jimmy le chauffeur de taxi au volant de sa Nissan Blue Bird. Les personnages de "Bluebird" pièce écrite par l'auteur anglais Simon Stephens sont des isolés de Londres.

Des atomes qui surgissent au fil du temps, au défilement des réverbères, au surgissement des ombres, à la fragmentation des halos des devantures et repartent. Comme égrenés sous le poids de lassitude du moment.

Ce chauffeur dont le spectateur suit la tournée nocturne est comme un ange gardien. Toujours à la parade d'un danger éventuel. Le désamorçant avec talent quand il se manifeste. Avec ses petits rituels du café partagé, sa cigarette offerte, sa question posée à l'abrupt. Son silence pesé aussi. Ménageant des instants de presque confiance, propices aux confidences. Autant d'amorces, qui laissent transparaître les petits secrets des uns et des autres et qu'il amasse comme le ferait un écrivain.

Au fur et à mesure des échanges, son propre secret apparaît. Bien plus lourd que ne le laissent entendre les indices donnés à chaque client. Jimmy est toujours sur le qui vive. Jimmy avance dans l'allégement de sa conscience. C'est un secret que le critique ne peut dévoiler car c'est le ressort de la pièce.

Jean Grapin
19/01/2018