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Théâtre

"Tous mes rêves partent…" dans un imaginaire collectif… petite république éphémère…

"Tous mes rêves partent de gare d’Austerlitz", Studio-Théâtre, Stains (93)

Quel bel espace de liberté que cette bibliothèque là ! Dans "Tous mes rêves partent de gare d'Austerlitz" (mise en scène de Marjorie Nakache), l'auteur Mohamed Kacimi donne à partager les instants de liberté de Zélie, Rosa, Lily, Barbara, Frida, Marylou. Ce petit groupe d’amies qui se rencontrent à l'abri des regards, pour suivre un programme simple : rire, fumer, boire et rêver. Le spectateur partage leur vitalité, leur joie, leur gaîté.



© Benoîte Fanton.
© Benoîte Fanton.
La salle est un peu grise, elle est celle d'une prison, et les amies, au passé très chargé, sont des détenues condamnées. Provocatrices ou trop nature, extraverties, elles forment une micro-société où s'agglutinent toutes les tensions de la société contemporaine. La prison comme un chaudron. Le club bibliothèque comme exutoire. Qui prend très vite l'allure d'un club happening avant de se polir en club théâtre : découverte de l’œuvre d'Alfred de Musset aidant.

Les allées et venues des filles, leurs tempéraments, leurs petits vices et leurs gros soucis, les trafics qui passent sous les tables, les récits trop à durs à dire pour n'être pas enfouis profond, tout cela perturbe les opérations de récolement. L'ensemble prend la forme d'un vaudeville trépidant.

C'est que les comédiennes sont pétulantes, explosives, subtiles. Elles s'emparent avec gourmandise et respect de leurs personnages : ces femmes, ces prisonnières. Elles osent aborder sans complexe, par une forme de réalisme pur, les différents tabous, préjugés et interdits qui enferment les femmes et plus précisément les êtres humains d’aujourd’hui dans des catégories et des archétypes.

© Benoîte Fanton.
© Benoîte Fanton.
Chaque scène est l'occasion de les faire exploser au profit de véritables caractères animés par le sens de la justice et de la fraternité (pardon sororité). Grâce à leur action, les récits dormant dans les pages des livres, les désirs inavoués fusionnent dans un imaginaire collectif. Celui du théâtre, cette petite république éphémère.

Le spectateur ébloui assiste à l'apparition de vrais personnages contemporains, populaires, qui choisissent de dissoudre, par le rire partagé, les murs imaginaires. C'est ce chemin de la catharsis qu'ont choisi de suivre ces Scapins au féminin. Le spectateur applaudit très fort.

"Tous mes rêves partent de gare d'Austerlitz"

© Benoîte Fanton.
© Benoîte Fanton.
Texte : Mohamed Kacimi.
Mis en scène : Marjorie Nakache.
Avec : Jamila Aznague, Gabrielle Cohen, Olga Grumberg, Marjorie Nakache, Marina Pastor et Irène Voyatzis.
Décor : Jean Michel Adam.
Costumes : Nadia Remond.
Lumière : Lauriano De La Rosa.
Son : Théo Errichiello.
Régisseurs : Hervé Janlin et Rachid Baha.
À partir de 13 ans.

Du 29 mars au 13 avril 2018.
Mardi, vendredi et samedi à 20 h 45, jeudi à 14 h, dimanche à 16 h.
Studio-Théâtre, Stains (93), 01 48 23 06 61.
>> studiotheatrestains.fr

Jean Grapin
Samedi 7 Avril 2018

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© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

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Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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