Le silence est bien la grande affaire de cette quête. Percer le silence. Traquer les fantômes. Pour cela, elle va aller à la découverte d'une pratique peu connue qui consiste à enregistrer les sons de lieux supposés habiter ces fameuses âmes. D'origine espagnole, elle se rend en Espagne dans un petit village, Belchite, dont les ruines bombardées par les phalanges franquistes sont restées en l'état comme des vestiges d'une catastrophe. Là, elle va enregistrer les sons produits par ces ruines à l'écoute de manifestations de fantômes. Cette pratique, la psicofonia, consiste à transformer ces enregistrements en "bruits blancs", de manière à déceler le moindre changement imperceptible.
Toute cette histoire est en partie une fiction, en partie une réalité. La recherche de ces présences mystérieuses dans un lieu où la guerre d'Espagne a fait rage n'est pas du tout un hasard. Cette guerre et les suites de cette guerre se révèlent très vite comme la cause inconsciente de ce malaise de vie dont la narration initie ce récit. Mais il s'agit bien d'un parallèle frappant entre cette quête de fantôme et celle de l'exhumation des secrets que la famille de Faustine Noguès a si bien dissimulés durant des décennies.
Toute cette histoire est en partie une fiction, en partie une réalité. La recherche de ces présences mystérieuses dans un lieu où la guerre d'Espagne a fait rage n'est pas du tout un hasard. Cette guerre et les suites de cette guerre se révèlent très vite comme la cause inconsciente de ce malaise de vie dont la narration initie ce récit. Mais il s'agit bien d'un parallèle frappant entre cette quête de fantôme et celle de l'exhumation des secrets que la famille de Faustine Noguès a si bien dissimulés durant des décennies.
C'est la mémoire transgénérationnelle qui tient le centre de l'histoire. Cette mémoire de traumatismes familiaux tus qui se transmettent de générations en générations sans que le récit, sans que les mots rentrent en ligne de compte. De l'histoire de famille qui va par bribes être révélée au fil de ce récit, la grande histoire prend peu à peu la place. Celle de l'Espagne depuis la guerre civile de 1936 suivie de la dictature de Franco qui emprisonna, tua, menaça toute opposition politique, surtout communiste et anarchiste, jusqu'à sa mort, jusqu'après sa mort où la loi d'amnistie de 1977, si elle effaça les condamnations des prisonniers politiques, effaça également les crimes des gens au pouvoir.
C'est à l'aide d'un dispositif très élaboré et très simple que Faustine Noguès parvient à être seule sur scène sans paraître seule en scène. Une pierre posée sur un socle, sortie de l'ombre par un trait de lumière chaude, sera le témoin et le dépositaire parlant de ce passé qui resurgit. Une paire de souliers, lui aussi isolé dans un faisceau, sera ce grand-père chanteur de flamenco, qui a vu le début de la dictature avant de venir tenter de l'oublier en exil dans le sud de la France. Voilà pour la scénographie. Pour faire entendre ce bruit blanc, ce silence où l'on parvient à peine à entendre une semence d'existence, faire entendre cette omerta née de la peur d'un pouvoir brutal, les spectateurs disposent d'un casque qui diffuse ces sons en même temps que les mots de la comédienne, comme si elle était en confidence avec chacun.
L'intime ici rompt le silence de ces vies abîmées par la violence. Celle des conflits, celle des souffrances, celle des joies aussi qui tentent toujours de masquer bravement la noirceur par la musique, la danse, les jeux. Il y a dans ce spectacle la présence d'une vision généreuse et touchante de l'humain, de son passé, de l'inconscient qui parfois est troublé par l'héritage transgénérationnel. Un héritage qui, dans le cas de l'Espagne (qui a adopté il y a seulement quatre ans une loi permettant de fouiller dans le passé de la dictature), peut troubler tout un peuple.
Des images puissantes émaillent ce récit, comme celui de cette grand-mère et de sa petite-fille tondues après la fin de la guerre pour avoir été du côté des républicains. Des exactions qui expliquent cette peur qui clôt les lèvres et fait baisser les têtes, comme si la menace restait la même malgré la démocratie en place.
◙ Bruno Fougniès
Spectacle vu au Théâtre de la Cité Internationale à Paris le 13 avril 2026.
C'est à l'aide d'un dispositif très élaboré et très simple que Faustine Noguès parvient à être seule sur scène sans paraître seule en scène. Une pierre posée sur un socle, sortie de l'ombre par un trait de lumière chaude, sera le témoin et le dépositaire parlant de ce passé qui resurgit. Une paire de souliers, lui aussi isolé dans un faisceau, sera ce grand-père chanteur de flamenco, qui a vu le début de la dictature avant de venir tenter de l'oublier en exil dans le sud de la France. Voilà pour la scénographie. Pour faire entendre ce bruit blanc, ce silence où l'on parvient à peine à entendre une semence d'existence, faire entendre cette omerta née de la peur d'un pouvoir brutal, les spectateurs disposent d'un casque qui diffuse ces sons en même temps que les mots de la comédienne, comme si elle était en confidence avec chacun.
L'intime ici rompt le silence de ces vies abîmées par la violence. Celle des conflits, celle des souffrances, celle des joies aussi qui tentent toujours de masquer bravement la noirceur par la musique, la danse, les jeux. Il y a dans ce spectacle la présence d'une vision généreuse et touchante de l'humain, de son passé, de l'inconscient qui parfois est troublé par l'héritage transgénérationnel. Un héritage qui, dans le cas de l'Espagne (qui a adopté il y a seulement quatre ans une loi permettant de fouiller dans le passé de la dictature), peut troubler tout un peuple.
Des images puissantes émaillent ce récit, comme celui de cette grand-mère et de sa petite-fille tondues après la fin de la guerre pour avoir été du côté des républicains. Des exactions qui expliquent cette peur qui clôt les lèvres et fait baisser les têtes, comme si la menace restait la même malgré la démocratie en place.
◙ Bruno Fougniès
Spectacle vu au Théâtre de la Cité Internationale à Paris le 13 avril 2026.
"Psicofonía - Silences d'Espagne"
Texte et mise en scène et jeu : Faustine Noguès.
Stagiaire mise en scène : Mélody Fernandez.
Avec : Faustine Noguès.
Création sonore, composition : Colombine Jacquemont.
Dramaturgie et collaboration artistique : Joséphine Supe.
Création lumière : Willy Cessa.
Musique et voix enregistrées : Renaud Déjardin (violoncelle), François Aria (guitare), Nati James (danse flamenco), Olmo Hidalgo (voix).
Construction décor : Guillaume Jacquemont.
Compagnie Madie Bergson.
Tout public à partir de 15 ans.
Durée : 1 h 15.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 14 h. Relâche le mercredi.
Théâtre des Halles, Chapelle, 4, rue Noël Biret, Avignon.
Tél. : 04 32 76 24 51 .
>> Billetterie en ligne
>> theatredeshalles.com
Stagiaire mise en scène : Mélody Fernandez.
Avec : Faustine Noguès.
Création sonore, composition : Colombine Jacquemont.
Dramaturgie et collaboration artistique : Joséphine Supe.
Création lumière : Willy Cessa.
Musique et voix enregistrées : Renaud Déjardin (violoncelle), François Aria (guitare), Nati James (danse flamenco), Olmo Hidalgo (voix).
Construction décor : Guillaume Jacquemont.
Compagnie Madie Bergson.
Tout public à partir de 15 ans.
Durée : 1 h 15.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 14 h. Relâche le mercredi.
Théâtre des Halles, Chapelle, 4, rue Noël Biret, Avignon.
Tél. : 04 32 76 24 51 .
>> Billetterie en ligne
>> theatredeshalles.com
Tournée
Du 26 au 28 novembre 2026 : Odyssud – Blagnac (31).
1ᵉʳ décembre 2026 : Espace Michel Simon, Noisy-le-Grand (93).
3 décembre 2026 : Théâtre Jacques Carat, Cachan (94).
18 et 19 février 2027 : L'Archipel – Pôle d'action culturelle, Fouesnant (29).
Le 25 février 2027 : Théâtre Jean Vilar, Suresnes (92).
Les 22 & 23 avril 2027 : Théâtre de Brétigny - Cœur d'Essonne agglomération, Brétigny (91).
Du 26 au 28 novembre 2026 : Odyssud – Blagnac (31).
1ᵉʳ décembre 2026 : Espace Michel Simon, Noisy-le-Grand (93).
3 décembre 2026 : Théâtre Jacques Carat, Cachan (94).
18 et 19 février 2027 : L'Archipel – Pôle d'action culturelle, Fouesnant (29).
Le 25 février 2027 : Théâtre Jean Vilar, Suresnes (92).
Les 22 & 23 avril 2027 : Théâtre de Brétigny - Cœur d'Essonne agglomération, Brétigny (91).
























