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Avignon 2019

•Off 2019• Ventre Une montée à la conscience de l'amour

Tabernak ! Faut il qu'il s'aiment, ces deux-là, pour se déchirer comme ça ! Assurément, ce couple venu du Québec vit en état de choc. En voie de désintégration, leur couple ! Avec "Ventre" de Steve Gagnon, mis en scène par Vincent Goethals, les relations prennent une forme torrentueuse, tumultueuse, un orage tropical qui, de crises de moi en crises de crise moi-moi, avance vers le gouffre. Au mauvais hasard de la rixe et du piège permanent.



© Or Katz.
© Or Katz.
Dans cette pièce, la mise à nu du couple est sans concession. Le langage est crû, contemporain. Le jeu est direct, physique, le geste paroxystique. L'engagement des comédiens est total.

Ainsi placés dans une situation réaliste pour ne pas dire triviale, prisonniers du texte et du plateau scénique avec son rideau de fond scène, ils avancent par paliers de crise sans jamais couper le fil qui relie les personnages. Ils maintiennent la tension, ménagent des temps de suspend. Refusent ostensiblement de sombrer dans l'histrionisme (ce narcissisme du théâtre).

Ainsi sont préservés des instants de latence, de respiration, de repos. Marqués par un souci esthétique maitrisé, ils reflètent un désir de la beauté commun. Cette forme de réserve au sein même de la violence est comme une pudeur des sentiments, un besoin de caresse qui ne sait s'exprimer.

© Or Katz.
© Or Katz.
Dans "Ventre", il est question métaphoriquement de ce que justement les personnages ont dans le ventre. Une montée à la conscience de l'amour.

Ces deux-là seront peut-être des inséparables. Le spectateur les aime.

"Ventre"

© Or Katz.
© Or Katz.
Texte : Steve Gagnon.
Mise en scène et scénographie : Vincent Goethals.
Avec : Clément Goethals, Julie Sommervogel.
Regard chorégraphique : Louise Hakim.
Création lumière : Philippe Catalano.
Environnement sonore : Bernard Valléry.
Par la Cie Théâtre en Scène-Vincent Goethals.
Durée : 1 h 20.

•Avignon Off 2019•
Du 5 au 28 juillet 2019.
Tous les jours à 20 h 10, relâche le lundi.

Présence Pasteur, Salle Pasteur
13, rue du Pont Trouca.
Réservations : 06 08 80 73 58 et 06 51 01 32 72.
>> theatre-espoir.com

Jean Grapin
Jeudi 4 Juillet 2019

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021