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Avignon 2019

•Off 2019• Les Imposteurs Comme un rêve de rapports humains

Dans "Les Imposteurs" d'Alexandre Koutchevsky mis en scène par Jean Boillot, d'une certaine manière, il n'y a pas de public, pas de rampe qui sépare, pas de tréteaux, l'espace est une aire de plain-pied délimitée par quatre lignes de chaises…



© Éric Chenal.
© Éric Chenal.
… Il rassemble un groupe de participants écoutant ceux qui prennent l'initiative de parler d'eux-mêmes, qui racontent ce qu'ils sont, de simples comédiens, ces êtres mystérieux pleins d'aura et pourtant bien ordinaires. Rompant ainsi la timidité et le silence plein de curiosité.

Photos et anecdotes à l'appui, les deux personnages (Isabelle Ronoyette et Régis Laroche) dialoguent un peu gauches, de plus en plus vaillants évoquent les difficultés de parler de soi, de la manière d'échanger, de se découvrir, de révéler ses petits secrets, ces bribes de biographies qui rapprochent. Se livrer au regard de l'autre. Le poids des non-dits. Le charme des souvenirs.

On y croirait. Le spectateur confronté à une vraie fausse vraie improvisation se détend, écoute, attentif, se laisse prendre à la spontanéité du jeu et de la langue orale.

L'ordonnancement de la salle et le jeu conduisent à une proximité intime. Mine de rien, dans le concret de cette représentation, le spectateur avance dans la compréhension de l'identité, la connaissance de soi et de l'autre, participe à l'élaboration et l'apprivoisement d'autrui. C'est la force de ce théâtre où tout est écrit. Son pédagogisme souriant, son humour précis et plein de tact.

Dans "Les Imposteurs", le spectateur applaudit un rêve de rapports humains et un exercice de comédiens des plus réjouissants.

"Les Imposteurs"

© Éric Chenal.
© Éric Chenal.
Texte : Alexandre Koutchevsky.
Mise en scène : Jean Boillot.
Avec : Régis Laroche et Isabelle Ronayette, comédiens permanents du NEST, CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est.
Création lumières : Emmanuel Nourdin.
Musique : Hervé Rigaud.
Régisseur : Romain Szablewski.
Production NEST – CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est.
Durée : 1 h 15 (trajet navette compris).
À partir de 12 ans.

© Éric Chenal.
© Éric Chenal.
•Avignon Off 2019•
Du 5 au 26 juillet 2019.
Tous les jours à 10 h 45, relâche le mercredi.
11 • Gilgamesh Belleville - Hors les murs, Lycée Frédéric Mistral
11, boulevard Raspail.
Réservations : 04 90 89 82 63.
>> 11avignon.com

Jean Grapin
Dimanche 30 Juin 2019

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… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
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•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
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Yves Kafka
07/07/2019
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Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

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Yves Kafka
27/07/2019