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Avignon 2019

•Off 2019• 1936 Histoire(s) des Congés Payés Revivre la gaîté d'un été 36

Vroum, la célèbre journaliste est partie interviouvasionner Monsieur Paul sur les congés payés de 36. Les congés payés, c'est sa marotte et Monsieur Paul, il a un peu la grosse tête. Normal, c'est un témoin de l'époque… Vroum prépare bien ses dossiers même si elle s'emmêle un peu la zapette et les micros. C'est qu'elle est un peu vrac et un peu clown…



© Benjamin de Diesbach.
© Benjamin de Diesbach.
Dans la position du ventriloque dépassé, dialoguant avec sa poupée impertinente, Caroline Diesbach à elle toute seule installe un numéro virtuose de clown. C'est que, dans ce spectacle, les proportions traditionnelles sont inversées les poupées sont un plus grande que leur animatrice.

Le protagoniste, le pivot du spectacle, c'est Monsieur Paul à la fierté bourrue. Il est un représentant de l'excellence ouvrière. En témoigne le long défilé des tractions avant : la voiture la plus moderne du monde de son époque. Il reste épaté par cette semaine des deux dimanches offerte par monsieur Blum, si éduqué et qui fut dans sa jeunesse si séduisant. Au castelet, d'autres représentants des catégories sociales, des contradicteurs hauts en couleurs. Y a même monsieur Churchill au chômage (battu aux élections) qui peint en amateur sur la Côte d'azur !

© Benjamin de Diesbach.
© Benjamin de Diesbach.
Ainsi tout le plateau, avec son mur d'images, entre en imaginaire, se remplit de souvenirs, de chansons, rappelle des faits oubliés et, mine de rien, de manière drôlatique et pédagogique, restitue une époque avec ses contradictions.

Les marionnettes prennent progressivement le pas sur leur animatrice, deviennent plus que vraies. Un sentiment d'euphorie douce envahit alors le spectateur qui revit la gaîté d'un été 36, entracte entre deux guerres. Un peu comme quand en vélo, après le boulot, que "tout est beau… Quand on s'promène au bord de l'eau,.Quel renouveau …/… et trémolos des p'tits oiseaux ".

Le spectateur applaudit.

"1936 Histoire(s) des Congés Payés"

© Benjamin de Diesbach.
© Benjamin de Diesbach.
Avec : Caroline Diesbach.
Regisseur : Olivier Colombet.
Création marionnettes : Valérie Margot.
Musique : Marielle Tognazzoni.
Collaboration artistique-écriture : Mélanie Diesbach.
Direction marionnettes : Fleur Lemercier.
Regard extérieur et graphisme : Agnes Lalle.
Regard extérieur : Magalie Basso.
Durée : 1 h 15.
Par la Cie TECEM.

© Benjamin de Diesbach.
© Benjamin de Diesbach.
•Avignon Off 2019•
Du 5 au 26 juillet 2019.
Tous les jours à 15 h, relâche le lundi.
Théatre de la Bourse du Travail
8, rue Campane.
Réservation : 06 08 88 56 00.
>> avignonleoff.com

Jean Grapin
Vendredi 5 Juillet 2019

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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler à Vienne… Purgatoire collectif et laboratoire des âmes

"Le vaste pays", dans le titre de la pièce d'Arthur Schnitzler, se réfère aux âmes humaines. Barbara Frey saisit cette métaphore à la plénitude dans sa nouvelle mise en scène à l'Akademietheater de Vienne. Une disposition parfaite pour une distribution de premier rang où figure, entre autres, Michael Maertens (Friedrich Hofreiter), Katharina Lorenz (Génia), Itay Tiran (le docteur Mauer), Bibiana Beglau (Aigner) et l'acteur vétéran Branko Samarovsksi (le banquier Natter).

© Matthias Horn.
"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler, parut en 1911, a été rapidement apprécié à Paris. Tombé sous le charme de la pièce, le feuilletoniste Henry Bidou a consacré un article pour louer "le talent incisif et net de l'auteur" et encourager une adaptation française. Un projet d'adaptation suivit en 1912, avec le titre traduit "Le Pays mystérieux", qui ne connut malheureusement aucune suite. Qualifiée de tragi-comédie, la pièce présente un portrait d'une société viennoise de la première moitié du XXe siècle qui se trouve dans l'entre-deux entre l'héritage du tournant de siècle et des nouveaux codes socio-culturels émergeant de la modernité.

Le drame se déroule autour du couple Hofreiter, l'industriel Friedrich et sa femme Génia, dont le mariage s'est depuis longtemps refroidi et est marqué par des infidélités mutuelles. Friedrich est récemment sorti d'une liaison avec Adèle, la femme de son banquier Natter et on suspecte Génia d'être la cause du suicide soudain du célèbre pianiste russe Korsakov, fou amoureux d'elle. Après une confrontation, Friedrich décide à l'improviste de rejoindre son ami, le docteur Mauer, dans son voyage.

Vinda Miguna
30/11/2022