La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Festivals

Nouvelle édition des Rencontres Musicales au Manoir des Arts de Jaugette

Pour sa onzième édition le festival, sis à Obterre dans l'Indre, au cœur du Parc Naturel de la Brenne, propose de mêler concert, danse et création visuelle autour du thème de la Nature, des Animaux et de la Musique.



© DR.
© DR.
Dans un territoire éloigné de tout gros pôle de création, la pianiste et présidente de l'association "Jaugette, Manoir des Arts", Irina Kataeva-Aimard, mise à nouveau sur un programme ambitieux mêlant création musicale et visuelle. Dans un manoir des XVe et XVIIe siècles à Obterre dans l'Indre, le festival promeut une création exigeante en milieu rural.

Dans une belle grange rénovée et aménagée en salle de spectacle sont donnés des concerts sur instruments anciens, des créations d'œuvres contemporaines, des conférences et des master-classes. L'association y organise trois festivals de musique classique par an dont ces Rencontres estivales. Le dernier jour de chacun de ces trois festivals est par ailleurs consacré aux étudiants des conservatoires régionaux de Tours, Châteauroux et Paris. C'est assez montrer l'importance de la transmission des savoirs entre professionnels et élèves.

© DR.
© DR.
Six concerts entre le 19 et le 21 juillet seront donnés avec, en point d'orgue, deux nouvelles créations musicales de Stefano Bulfon, "Danzare per fantasmi" et de Roger Tessier, "Constellations oubliées". Deux œuvres pour quatuor à cordes associant la création de deux vidéastes, Yves Breux et Lorenzo "Brondius" Brondetta, mêlant images projetées, multi-vision, tournage en temps réel avec jeu d'acteur et la performance de deux danseurs, Ira Gonto et Konstantin Michin du Théâtre Vassiliev de Moscou. Passé par l'IRCAM, Stefano Bulfon est attentif aux filigranes de la perception et à l'aspect physique du son. Roger Tessier est quant à lui un des fondateurs de l'ensemble "L'Itinéraire" et de la musique spectrale.

Ces rencontres artistiques donneront aussi l'opportunité de découvrir par exemple l'Ensemble Tambov dans Tchaïkovski et de la musique populaire russe, un récital intitulé "La Nature russe" de la soprano Julia Korpatcheva, accompagnée au piano par Ekaterina Vacherouk du Bolchoï, et même un "Concert au lever du soleil" (à six heures du matin) au Château du Bouchet à Rosnay avec le Quatuor à cordes Pierre Strauch avec un programme dédié à Haydn, Webern et Schumann, entre autres rendez-vous.

Irina Kataeva-Aimard © DR.
Irina Kataeva-Aimard © DR.
Nouveauté pour cette onzième édition, le festival investit donc d'autres lieux emblématiques - en plus du Château du Bouchet - comme la Réserve du Museum d'Histoire Naturelle du Parc Naturel Régional de la Brenne. Le Parc Animalier de la Haute-Touche offrira en effet neuf interventions artistiques avec instrumentistes et danseurs tous les jours à 11, 14 et 16 heures. Cette édition 2019 consacrée à la "Nature", aux "Animaux" liés à la "Musique" devrait encore favoriser le riche lien entre convivialité et découvertes artistiques dans cette belle région Centre-Val-de-Loire. On ne manquera pas davantage de découvrir son patrimoine, telle cette église du XVIe siècle à Obterre.

Du 19 au 21 juillet 2019.
Rencontres Musicales du Manoir de Jaugette 2019.
Manoir de Jaugette, Obterre (36).
Tél. : 02 54 28 20 28.
>> jaugette.com
>> parc-naturel-brenne.fr

Christine Ducq
Dimanche 14 Juillet 2019

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique
… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019