Tout d'abord, qu'est-ce que La Machinerie ? Dirigée depuis septembre 2024 par Duniému Bourobou, la Scène nationale de Vénissieux associe, dans un projet commun, deux lieux : le Théâtre de Vénissieux et la salle de concert "Bizarre!". L'assemblage singulier de ces équipements offre différents espaces (de la scène de théâtre au studio d'enregistrement en passant par trois salles de répétition et un studio de danse) où les écritures urbaines et contemporaines et les cultures hip-hop occupent une place centrale. En matière de représentations, sont mises à disposition une salle de spectacle de 500 places assises (au Théâtre) et une salle de concert de 390 places debout (à Bizarre!).
À travers la diversité de ses actions, La Machinerie présente une nouvelle façon de découvrir et de rencontrer les univers artistiques des musiques et des expressions chorégraphiques actuelles. À travers des ateliers, des stages, des visites, des débats, des pratiques partagées – et des spectacles ou performances, bien sûr –, la population de Vénissieux et de toute l'agglomération lyonnaise peut assister, entrer dans la création et/ou y participer par les différentes portes de la pratique. Autre point fort, deux programmes d'accompagnement des artistes sont proposés : Plan B et Draft. Le premier est dédié aux artistes rap et musiques urbaines afin de soutenir le développement de leurs projets. Le second est à destination des compagnies de danse hip-hop émergentes pour les accompagner dans la concrétisation de leurs créations chorégraphiques.
À travers la diversité de ses actions, La Machinerie présente une nouvelle façon de découvrir et de rencontrer les univers artistiques des musiques et des expressions chorégraphiques actuelles. À travers des ateliers, des stages, des visites, des débats, des pratiques partagées – et des spectacles ou performances, bien sûr –, la population de Vénissieux et de toute l'agglomération lyonnaise peut assister, entrer dans la création et/ou y participer par les différentes portes de la pratique. Autre point fort, deux programmes d'accompagnement des artistes sont proposés : Plan B et Draft. Le premier est dédié aux artistes rap et musiques urbaines afin de soutenir le développement de leurs projets. Le second est à destination des compagnies de danse hip-hop émergentes pour les accompagner dans la concrétisation de leurs créations chorégraphiques.
La Machinerie aspire donc à être une maison dans laquelle chacun se sent chez soi, un lieu où toute la diversité des voix peut se dire et se faire entendre ; et où spectateurs, habitants et artistes s’inventent un récit commun. Et Raffut dans tout ça ? Une nouvelle manière d'affirmer sa singularité en prouvant que peut imaginer un espace, un point de rassemblement où coexistent, s'expriment toutes les formes de poésies, du slam au rap, du concert poétique à la performance, des paroles scandées à celles murmurées, de l'expression littéraire à celle plus engagée, plus militante… C'est ainsi qu'est née la première édition du festival Raffut. Trois jours, à la croisée du théâtre, de la musique et de la parole, pour amplifier les voix des poètes d'aujourd'hui, faire résonner les mots aux rythmes de la musique.
Entre le 23 et le 25 avril dernier, le public a vu passer sur scène Adama Diop, Diatty Diallo, Lisette Lombé, Marc Nammour, Hartigan, Xavier Machault, Laura Tirandaz, Collectif Les Palpitantes, etc. Notre présence le premier jour du festival nous a permis de découvrir une performance poétique, "Poésie couchée #1", et un concert littéraire, "Ce que le ventre dit".
Allongés(es) sur des transats disposés en cercle ovale, casque sur les oreilles, cinquante spectatrices et spectateurs s'apprêtent à vivre une expérience d'écoute immersive, entre concert et lecture habitée. Aux commandes, le chanteur et comédien Xavier Machault. Pour ce premier opus de "Poésie couchée sur Musique en Transat", celui-ci a invité la clarinettiste Hélène Duret à explorer une forme musicale et poétique singulière. (À noter qu'un numéro 2 sera créé en juillet).
Entre voix profonde tonique et improvisation musicale voyageuse, tous deux dopées par des effets sonores "envoûtants" – d'où l'utilité des casques, en plus de leur propriété à générer un univers sonore "fermé" –, leur dialogue invite à écouter autrement les textes choisis par Xavier Machault dont le thème est "poèmes de chevet", représentant les influences majeures de son écriture et de sa façon de regarder le monde. Immergé ainsi dans un univers onirique, nous nous laissons emporter par les murmures, par la charge poétique des écrits de Christophe Tarkos, Laura Vazquez, Gaston Miron, Cécile Coulon, Louise Labé, Charles Pennequin, Jacques Prévert, Grisélidis Réal ou encore Pierre Barouh. Une forme réussie de sieste tout en vers, proses et notes sauvages. Repos et enrichissement intellectuel garantis !
Entre le 23 et le 25 avril dernier, le public a vu passer sur scène Adama Diop, Diatty Diallo, Lisette Lombé, Marc Nammour, Hartigan, Xavier Machault, Laura Tirandaz, Collectif Les Palpitantes, etc. Notre présence le premier jour du festival nous a permis de découvrir une performance poétique, "Poésie couchée #1", et un concert littéraire, "Ce que le ventre dit".
Allongés(es) sur des transats disposés en cercle ovale, casque sur les oreilles, cinquante spectatrices et spectateurs s'apprêtent à vivre une expérience d'écoute immersive, entre concert et lecture habitée. Aux commandes, le chanteur et comédien Xavier Machault. Pour ce premier opus de "Poésie couchée sur Musique en Transat", celui-ci a invité la clarinettiste Hélène Duret à explorer une forme musicale et poétique singulière. (À noter qu'un numéro 2 sera créé en juillet).
Entre voix profonde tonique et improvisation musicale voyageuse, tous deux dopées par des effets sonores "envoûtants" – d'où l'utilité des casques, en plus de leur propriété à générer un univers sonore "fermé" –, leur dialogue invite à écouter autrement les textes choisis par Xavier Machault dont le thème est "poèmes de chevet", représentant les influences majeures de son écriture et de sa façon de regarder le monde. Immergé ainsi dans un univers onirique, nous nous laissons emporter par les murmures, par la charge poétique des écrits de Christophe Tarkos, Laura Vazquez, Gaston Miron, Cécile Coulon, Louise Labé, Charles Pennequin, Jacques Prévert, Grisélidis Réal ou encore Pierre Barouh. Une forme réussie de sieste tout en vers, proses et notes sauvages. Repos et enrichissement intellectuel garantis !
"Le ventre sait mieux que la tête, il ne triche pas, ne ment pas. Il crie famine, se tord face aux injustices, accueille les papillons (…)"
Pas de meilleur extrait du spectacle que celui-ci pour définir "Ce que le ventre dit", la création de Lisette Lombé et Marc Nammour. Elle est slameuse, a la double nationalité belge et congolaise, et elle est une artiste pluridisciplinaire très active en Belgique. Militante féministe et "afroféministe", elle est cofondatrice de L-SLAM, un collectif de poétesses, multiculturel et intergénérationnel. Sa vocation reste l'émancipation des femmes partout dans le monde.
Marc Nammour est rappeur, franco-libanais, membre du groupe La Canaille. Reconnu pour ses performances alliant hip-hop underground et chanson à texte, il occupe une place singulière dans le rap français. Son dernier projet, "Projet crachés" (janvier 2026), a été réalisé avec le chanteur Loïc Antoine. Par ailleurs, grand amateur des textes d’Aimé Césaire, performeur reconnu, il dresse, en usant d'une écriture ciselée et remarquablement séquencée, le portrait d’une société malade et épingle férocement l’injustice et la bêtise. Son association avec Lisette Lombé est, tout au long du spectacle, d'une insolente évidence.
Tous les deux se sont rencontrés il y a un an. De cette rencontre est né un duo inédit où leurs langues se mêlent pour raconter féminisme, masculinité, virilité, amitié, famille, exil, lutte et résistance : "Ma langue, c'est langue de feu contre langue de bois". Le moins que l’on puisse dire, c’est que Lisette et Marc en ont dans le ventre. Qu'elle slame ou qu'il rappe, les mots jaillissent de leurs tripes pour claquer haut et fort. Dans cette création à deux, il et elle racontent, tour à tour ou ensemble, leur histoire, leurs colères, leurs deuils, leurs questionnements, leurs renoncements, leurs espérances aussi. La qualité de l'écriture est bluffante, la langue est belle, poétique, généreuse et enflammée, parfois brûlante suivant les sujets abordés.
"Danse ma fille, danse… et tourne le démon en dérision."
Leurs textes évoquent sans détours les relations toxiques, le masculinisme renaissant,
La quête de l'émancipation des femmes toujours à venir, le couple, l’amitié, la sexualité, l’égalité, le racisme, le métissage, le transfert de classe, l'esclavage, l’exil, l’ignorance, l’indignation, la résistance, la quête de sens, la soif de vivre, la joie. Jouée en live (Jérôme Boivin aux claviers et machines), la musique électronique de Marc Nammour alterne rythmiques précises et samples triturés, donnant encore plus de corps à leurs deux voix. Ensemble, Lisette et Marc délivrent un féminisme affirmé : "J'étais comme les autres, marquée au fer rouge de la domination" ; "Encore un keuf sur qui sa meuf n'a pas pu compter. Comme les autres".
Et pour finir cette étonnante performance, à ne surtout pas louper au Théâtre des Doms à Avignon, Marc Nammour scande une version enflammée, explosive et enthousiaste, du slogan "Siamo tutti Antifasciti"… reprise d'une seule voix et avec énergie par la salle… comme un hymne !
"Ce que le ventre dit" est une barre d'énergie pure, une ode vive et tonique, pleine d’espoir en des temps qui en manquent, une fusion artistique et un feu musical à mettre dans toutes les oreilles.
◙ Gil Chauveau
Pas de meilleur extrait du spectacle que celui-ci pour définir "Ce que le ventre dit", la création de Lisette Lombé et Marc Nammour. Elle est slameuse, a la double nationalité belge et congolaise, et elle est une artiste pluridisciplinaire très active en Belgique. Militante féministe et "afroféministe", elle est cofondatrice de L-SLAM, un collectif de poétesses, multiculturel et intergénérationnel. Sa vocation reste l'émancipation des femmes partout dans le monde.
Marc Nammour est rappeur, franco-libanais, membre du groupe La Canaille. Reconnu pour ses performances alliant hip-hop underground et chanson à texte, il occupe une place singulière dans le rap français. Son dernier projet, "Projet crachés" (janvier 2026), a été réalisé avec le chanteur Loïc Antoine. Par ailleurs, grand amateur des textes d’Aimé Césaire, performeur reconnu, il dresse, en usant d'une écriture ciselée et remarquablement séquencée, le portrait d’une société malade et épingle férocement l’injustice et la bêtise. Son association avec Lisette Lombé est, tout au long du spectacle, d'une insolente évidence.
Tous les deux se sont rencontrés il y a un an. De cette rencontre est né un duo inédit où leurs langues se mêlent pour raconter féminisme, masculinité, virilité, amitié, famille, exil, lutte et résistance : "Ma langue, c'est langue de feu contre langue de bois". Le moins que l’on puisse dire, c’est que Lisette et Marc en ont dans le ventre. Qu'elle slame ou qu'il rappe, les mots jaillissent de leurs tripes pour claquer haut et fort. Dans cette création à deux, il et elle racontent, tour à tour ou ensemble, leur histoire, leurs colères, leurs deuils, leurs questionnements, leurs renoncements, leurs espérances aussi. La qualité de l'écriture est bluffante, la langue est belle, poétique, généreuse et enflammée, parfois brûlante suivant les sujets abordés.
"Danse ma fille, danse… et tourne le démon en dérision."
Leurs textes évoquent sans détours les relations toxiques, le masculinisme renaissant,
La quête de l'émancipation des femmes toujours à venir, le couple, l’amitié, la sexualité, l’égalité, le racisme, le métissage, le transfert de classe, l'esclavage, l’exil, l’ignorance, l’indignation, la résistance, la quête de sens, la soif de vivre, la joie. Jouée en live (Jérôme Boivin aux claviers et machines), la musique électronique de Marc Nammour alterne rythmiques précises et samples triturés, donnant encore plus de corps à leurs deux voix. Ensemble, Lisette et Marc délivrent un féminisme affirmé : "J'étais comme les autres, marquée au fer rouge de la domination" ; "Encore un keuf sur qui sa meuf n'a pas pu compter. Comme les autres".
Et pour finir cette étonnante performance, à ne surtout pas louper au Théâtre des Doms à Avignon, Marc Nammour scande une version enflammée, explosive et enthousiaste, du slogan "Siamo tutti Antifasciti"… reprise d'une seule voix et avec énergie par la salle… comme un hymne !
"Ce que le ventre dit" est une barre d'énergie pure, une ode vive et tonique, pleine d’espoir en des temps qui en manquent, une fusion artistique et un feu musical à mettre dans toutes les oreilles.
◙ Gil Chauveau
Fesival Raffut 1ʳᵉ édition
A eu lieu du 23 au 25 avril 2026.
La Machinerie à Vénissieux (69)
Théâtre, Maison du Peuple, 8, boulevard Laurent Gérin.
Bizarre!, 9, rue Louis Jouvet (accès concerts) et 68, boulevard Joliot Curie (accès jour).
Téléphone : 04 72 90 86 68.
>> lamachinerie-venissieux.fr
"Poésie couchée #2"
Idée originale et voix : Xavier Machault.
Musique sur scène : Mélanie Loisel (contrebassiste) (pour les dates ci-dessous).
Création et régie son : Johan Caballé.
Création et régie lumière : Manue Joubier.
Dramaturgie et conseil artistique : Émilie Le Roux.
Compagnie Le Grille Pain.
À partir de 11 ans.
Durée : 45 minutes.
>> legrillepain.org
Tournée
4 juillet 2026 : Château de Caramagne, Chambéry (73).
5 juillet 2026 : Jazz à Vienne (complet), Vienne (38).
"Ce que le ventre dit"
Musique et Poésie urbaine.
Texte et voix : Lisette Lombé.
Musique, texte et voix : Marc Nammour.
Claviers et machines : Jérôme Boivin.
Régie son : Olivier Bergeret.
Création lumière : Grégoire Pineau.
Production déléguée : La Canaille-Emmanuelle Sagnier.
À partir de 15 ans.
Durée : 60 minutes.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 22 h 15. Relâche le mercredi.
Théâtre des Doms, 1 bis, rue des Escaliers Sainte-Anne, Avignon.
Réservation : 04 90 14 07 99.
La billetterie pour les spectacles du Off 2026 ouvrira le 15 juin à 12 h.
>> Billetterie en ligne
>> lesdoms.eu
La Machinerie à Vénissieux (69)
Théâtre, Maison du Peuple, 8, boulevard Laurent Gérin.
Bizarre!, 9, rue Louis Jouvet (accès concerts) et 68, boulevard Joliot Curie (accès jour).
Téléphone : 04 72 90 86 68.
>> lamachinerie-venissieux.fr
"Poésie couchée #2"
Idée originale et voix : Xavier Machault.
Musique sur scène : Mélanie Loisel (contrebassiste) (pour les dates ci-dessous).
Création et régie son : Johan Caballé.
Création et régie lumière : Manue Joubier.
Dramaturgie et conseil artistique : Émilie Le Roux.
Compagnie Le Grille Pain.
À partir de 11 ans.
Durée : 45 minutes.
>> legrillepain.org
Tournée
4 juillet 2026 : Château de Caramagne, Chambéry (73).
5 juillet 2026 : Jazz à Vienne (complet), Vienne (38).
"Ce que le ventre dit"
Musique et Poésie urbaine.
Texte et voix : Lisette Lombé.
Musique, texte et voix : Marc Nammour.
Claviers et machines : Jérôme Boivin.
Régie son : Olivier Bergeret.
Création lumière : Grégoire Pineau.
Production déléguée : La Canaille-Emmanuelle Sagnier.
À partir de 15 ans.
Durée : 60 minutes.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 25 juillet 2026.
Tous les jours à 22 h 15. Relâche le mercredi.
Théâtre des Doms, 1 bis, rue des Escaliers Sainte-Anne, Avignon.
Réservation : 04 90 14 07 99.
La billetterie pour les spectacles du Off 2026 ouvrira le 15 juin à 12 h.
>> Billetterie en ligne
>> lesdoms.eu


























