Déjà dans "Positions", en 2014, sous les yeux étonnés des spectateurs impliqués dans les échanges du corps individuel avec le corps social, Ivana Müller se plaisait à convoquer l'imaginaire du regardant précipité au centre de sa propre fantasmagorie. Dans "Conversations déplacées", en 2017, elle récidivait en immergeant quatre randonneurs dans une nature propre à questionner nos existences présentes ; le milieu sauvage d'une épaisse forêt semblable à celle des contes de notre enfance, version conte contemporain ouvreur de réflexions.
Puis, en 2023, toujours à cette Scène nationale du Carré-Colonnes, est venu le temps des "Forces de la Nature" où cinq autres évadés de la civilisation, encordés solidement les uns aux autres, étaient confrontés à un parcours escarpé semé d'échos philosophiques.
Le monde enviable qui va prendre forme ce soir, avec la complicité du public associé, sera construit de simples branches de noisetier assemblées et tissé de pelotes de laine tendue en tous sens... Imaginez quatre créatures venant d'un monde perdu, semblables à celles des âges où les onomatopées suffisaient au langage, qui, en toute bienveillance, prennent possession de l'espace central délimité en sa périphérie par les chaises occupées par les spectateurs.
Puis, en 2023, toujours à cette Scène nationale du Carré-Colonnes, est venu le temps des "Forces de la Nature" où cinq autres évadés de la civilisation, encordés solidement les uns aux autres, étaient confrontés à un parcours escarpé semé d'échos philosophiques.
Le monde enviable qui va prendre forme ce soir, avec la complicité du public associé, sera construit de simples branches de noisetier assemblées et tissé de pelotes de laine tendue en tous sens... Imaginez quatre créatures venant d'un monde perdu, semblables à celles des âges où les onomatopées suffisaient au langage, qui, en toute bienveillance, prennent possession de l'espace central délimité en sa périphérie par les chaises occupées par les spectateurs.
Là, prenant bien soin de donner du temps au temps, hors de toutes injonctions de vitesse – en s'entraidant – elles vont appréhender chacune à son rythme, mais en se souciant des autres, le relief des lieux. Tenant l'équilibre sur les branches disposées au sol, ne montrant aucune précipitation dans leurs mouvements, elles laissent transparaître le désir palpable de vivre ensemble – et en parfaite coopération – ce parcours de découverte in situ.
"L'entraide"… un concept commenté en direct par l'un des participants rappelant que ce mot est apparu au tout début du XXᵉ siècle. En 1907 exactement. Mot forgé par le philosophe anarchiste Pierre Kropotkine, prenant l'exact contrepied du darwinisme social pour soutenir que la coopération entre individus, et non la compétition, était le stimulant essentiel à l'évolution. Un rappel – acté par les déplacements au plateau – qui fait figure d'un salutaire ballon d'oxygène dans un monde pollué par les diktats du néolibéralisme tentaculaire.
Dès lors, l'entraide et l'imagination (au pouvoir), va nous embarquer avec eux dans des contrées naturelles nimbées de fantasmagories. Ainsi d'un lac de montagne dont les quatre complices exploreront les eaux pour découvrir la faune y ayant trouvé refuge mais aussi pour inventer – comme on dit "inventer" un trésor – la présence de troubadours sur ses rives. Ainsi des paysages tintinnabulant des cloches de moutons ou d'autres encore, comme cette grotte-cabane construite avec les bâtons assemblés.
"L'entraide"… un concept commenté en direct par l'un des participants rappelant que ce mot est apparu au tout début du XXᵉ siècle. En 1907 exactement. Mot forgé par le philosophe anarchiste Pierre Kropotkine, prenant l'exact contrepied du darwinisme social pour soutenir que la coopération entre individus, et non la compétition, était le stimulant essentiel à l'évolution. Un rappel – acté par les déplacements au plateau – qui fait figure d'un salutaire ballon d'oxygène dans un monde pollué par les diktats du néolibéralisme tentaculaire.
Dès lors, l'entraide et l'imagination (au pouvoir), va nous embarquer avec eux dans des contrées naturelles nimbées de fantasmagories. Ainsi d'un lac de montagne dont les quatre complices exploreront les eaux pour découvrir la faune y ayant trouvé refuge mais aussi pour inventer – comme on dit "inventer" un trésor – la présence de troubadours sur ses rives. Ainsi des paysages tintinnabulant des cloches de moutons ou d'autres encore, comme cette grotte-cabane construite avec les bâtons assemblés.
Un retour à l'enchantement naturel (versus le désenchantement du monde comme il va pas) d'un univers tissé en étroite collaboration avec les spectateurs… invités à tenir dans leurs mains les pelotes de laine que les acteurs au plateau dévideront à l'envi pour créer un réseau de fils, comme l'étonnante araignée tisse la toile qu'elle va habiter. Les fils de laine tendus, agrémentés de boules lumineuses – comme autant de lucioles scintillantes – participeront dans le clair-obscur d'un jour finissant à l'émerveillement ressenti par l'enfant découvrant son sapin de Noël.
Des chants "lénifiants" entonnés avec douceur contribueront… à l'enchantement régnant. Et, encore et toujours dans les créations d'Ivana Müller, des saillies viendront trouer la légèreté de l'atmosphère ambiante en apportant leur éclairage savant. Ainsi de l'origine du mot "humain", partageant la même racine que le mot "humus"… la terre. L'humour aussi ne sera pas exempt de la fête des sens sous la forme d'un so(u)rcier fantasque, exhibant un pendule dirigé vers les spectateurs et proférant à l'adresse de chacun(e) des formules énigmatiques : "Appelez-le et raccrochez" ou "Votre chat vivra 44 ans".
Des chants "lénifiants" entonnés avec douceur contribueront… à l'enchantement régnant. Et, encore et toujours dans les créations d'Ivana Müller, des saillies viendront trouer la légèreté de l'atmosphère ambiante en apportant leur éclairage savant. Ainsi de l'origine du mot "humain", partageant la même racine que le mot "humus"… la terre. L'humour aussi ne sera pas exempt de la fête des sens sous la forme d'un so(u)rcier fantasque, exhibant un pendule dirigé vers les spectateurs et proférant à l'adresse de chacun(e) des formules énigmatiques : "Appelez-le et raccrochez" ou "Votre chat vivra 44 ans".
Avec la fausse innocence de celle qui "réfléchit" le monde, Ivana Müller défie une nouvelle fois l'adage "une fois n'est pas coutume"… De performance en performance, la chorégraphe tisse (ici avec des fils de laine multicolores et de simples branchages) une œuvre antidote à l'écoanxiété, une œuvre respirant la bienveillance naturelle et délivrant les parfums d'une philosophie lumineuse distillée avec finesse et humour. "Mirages et tendresses", dernier maillon en date de cette chaîne en devenir, résonne comme une utopie vivifiante exaltant l'insoupçonnable grâce de "l'homo-cooperatus".
◙ Yves Kafka
Vu le 26 mars 2026 à la Scène nationale Carré-Colonnes de Saint-Médard-en-Jalles (33).
◙ Yves Kafka
Vu le 26 mars 2026 à la Scène nationale Carré-Colonnes de Saint-Médard-en-Jalles (33).
"Mirages et tendresses"
Création automne 2025.
Concept, chorégraphie, textes, chansons : Ivana Müller.
Mise en scène : Ivana Müller.
Le tout en collaboration avec les interprètes : Julien Lacroix, Clémence Galliard, Louise Phélipon, Jérémy Damian.
Scénographie, costumes : Élodie Dauguet et Ivana Müller.
Conception du son : Olivier Brichet.
Lumière et régie générale : Thomas Laigle.
Collaboration artistique : Baptiste Lochon.
Durée : 1 h 10.
Représenté le 26 mars 2026 à la Scène nationale Carré-Colonnes de Saint-Médard-en-Jalles (33).
Tournée
29 et 30 avril 2026 : Théâtre Le Maillon - Scène européenne, Strasbourg (67).
11 et 12 juin 2026 : Les SUBS, Lyon (69).
Concept, chorégraphie, textes, chansons : Ivana Müller.
Mise en scène : Ivana Müller.
Le tout en collaboration avec les interprètes : Julien Lacroix, Clémence Galliard, Louise Phélipon, Jérémy Damian.
Scénographie, costumes : Élodie Dauguet et Ivana Müller.
Conception du son : Olivier Brichet.
Lumière et régie générale : Thomas Laigle.
Collaboration artistique : Baptiste Lochon.
Durée : 1 h 10.
Représenté le 26 mars 2026 à la Scène nationale Carré-Colonnes de Saint-Médard-en-Jalles (33).
Tournée
29 et 30 avril 2026 : Théâtre Le Maillon - Scène européenne, Strasbourg (67).
11 et 12 juin 2026 : Les SUBS, Lyon (69).

























