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Lucrèce Sassella... Laissez-moi rêver que j'ai 22 ans...

Il y a eu "J'ai dix ans"... Voici "22 ans"... Un âge parfois mélancolique mais surtout léger et joyeux - et premier CD - pour Lucrèce Sassella qui nous livre 12 titres, à la sensualité très féminine, qui ravissent nos oreilles et répond à nos envies musicales printanières !



© DR.
© DR.
Lorsque nous la découvrîmes en 2011 au théâtre, aux côtés d’Olivier Saladin et Olivier Broche dans "Instants critiques" (mise en scène par François Morel), sa pétulance et son énergie presque juvénile nous avaient séduits. De comédienne, musicienne et chanteuse à chanteuse et musicienne, il n'y avait qu'un pas et suivit "22h22", un spectacle de chansons créé avec le pianiste Antoine Sahler, sur la scène du Théâtre La Pépinière de janvier à avril 2011.

En réalité, Lucrèce Sassella est, depuis quelques années déjà, une artiste complète qui danse, joue du piano, du ukulélé et la comédie, fait des claquettes... chante du jazz, des chœurs (sur les albums de Brigitte Fontaine, Bernard Lavilliers, François Morel, etc.) et fait des arrangements vocaux pour les Sea Girls. Il ne lui manquait qu'un premier album (qu'on espère suivi de plein d'autres) pour "graver" sa voie mutine et lumineuse...

Voici chose faite ! Ce premier opus de douze titres s'intitule fort justement "22 ans", car peu importe l'âge réel de la fraîche Lucrèce, à l'écoute de ses chansons, on sait qu'elle a toujours vingt ans et qu'elle a l'art rare de nous contaminer de sa douceur printanière.

"J’ai 22 ans depuis longtemps/J’ai 22 ans et si je mens/C’est que j’ai peur, j’ai peur du temps..."
Une entrée en matière, presque comme une comptine enfantine, parlant du rêve de l’éternelle jeunesse, de la peur de vieillir, du temps qui passe, où la voix de Lucrèce se pose sur nos oreilles comme une étoffe de velours aux grains de sable très fins qui roulent en petits et réguliers roulements de tambours… Le ton est donné d’un album qui se parcoure sur des lignes mélodiques abouties et subtiles toujours entraînantes, soit sur le fil d’une aérienne légèreté, soit sur la corde à sauter d’une élégante vivacité.

Du côté des notes, les croches s’accrochent aux dièses et aux bémols sur des ambiances festives et sur des airs rythmés façon jazz Nouvelle-Orléans. Mais quand la mélancolie pointe le bout de son nez ("Beau à Tomber"), la voix sait se fait câline et tendre, délicatement portée par une clarinette ou un quatuor à cordes... et des mots d'une craquante modernité.

Dès le quatrième titre, "J'aime comme tu m'aimes", le tube en puissance surgit et nous envahit de sa mélodie entêtante de variété indémodable, de celle que l'on fredonne dans la salle de bain en rêvant que "tu promènes tes mains dans mon dos"... et qui finit dans la réjouissante clameur d'une fanfare aux accents cuivrés.

L'ensemble est réellement jubilatoire, production intelligente et perfectionniste, association réussie (mais pas nouvelle) d'Antoine Sahler - qui signe les paroles et les musiques – et de Lucrèce Sassella dont la voix vive, pleine de relief et d'amplitude (Ah ! Miel et piments mêlés de ses vocalises) réinvente un genre qu'on ne nomme plus... Qui aurait séduit à l'envi un Jacques Demy mais dont la fraîcheur est propre à régaler durablement nos pavillons réceptifs aux nouveautés printanières. Lucrèce Sassela réinvente une chanson où l'amour côtoie l'humour et où la mélancolie peut être bigrement joyeuse et jouissive !

● Lucrèce Sassella "22 ans".
Label : Productions de l'Explorateur.
Distribution : Musicast.
Sortie : 9 février 2015.

10 février 2015 à 21 h.
Studio de l¹Ermitage, Paris 20e, 01 44 62 02 86.
>> studio-ermitage.com

Gil Chauveau
Mardi 10 Février 2015

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