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Trib'Une

Isa-belle L dore Marie-Tudor

C’est l’automne, il faut s’habituer aux feuilles et aux journées qui raccourcissent.
C’est l’automne, il fait gris, un peu froid, dans les foyers, le chauffage s’invite.
C’est l’automne, on aimerait qu’il soit midi mais le ciel nous avertit qu’il est déjà 21h.
Ciel ! 21 heures ? Trente minutes pour me préparer, enfiler mon "trench", mes bottes de pluie, grimper sur mon vélo, m’en griller une, et voir enfin "Marie Tudor".



© David Krüger.
© David Krüger.
Début du spectacle : 21h35, ce n’est pas une heure pour rester les yeux ouverts. Les enfants sont bordés et en train de rêver, les grands sont devant la télé, ou mieux en train de se refaire l’intégrale de Victor Hugo bien au chaud sous leur couette.
Chouette ! Moi, je ne dors pas. Marie Tudor, non plus.
Victor Hugo est un de mes auteurs préférés ; Jean Valjean à 10 ans, ça marque pour l’éternité !
C’est l’automne dehors, et dedans, tout est calme, sombre. De la fumée, les yeux qui piquent, je ne m’endors pas, non, c’est le brouillard. Ça y est : je suis à Londres.
A côté de moi un homme très concentré. Il tient dans ses mains une feuille - écrit deux mots - c’est un critique. Déjà ? Que peut-il écrire ? On ne voit plus rien dehors, à cette heure là !
Je l’observe du coin de l’œil jusqu’à ce que déboulent sous nos yeux et dans la pénombre, des corps et des visages. Il pose son crayon. Ensemble nous nous plongeons dans le décor.
Le décor. Quasi inexistant. J’adore. Puisqu’on comprend. Faire simple et bien.
Et c’est parti pour deux heures. Chaque comédien maîtrise sa partition, je pense que Victor Hugo aurait été charmé de voir cette troupe d’acteurs remplir l’espace de tout leur talent. On entend le texte, les mots de l’auteur, on aime Victor Hugo et eux alors ?
Pour sûr OUI !
J’ai pensé un moment que cet homme à côté de moi était la réincarnation de Victor Hugo, sortant sa plume en début de pièce. Écoutant les acteurs déclamer son texte. Mais l’écrivain, satisfait de ce qu’il entend, cesse de tripoter sa plume, et comme les spectateurs, présents dans la salle, se délectent de la diction parfaite du personnage central.
Marie Tudor est belle, Marie Tudor a une belle robe, Marie Tudor est une professionnelle, Marie Tudor est une reine, Marie Tudor se tord et on se tord avec elle, son émotion nous transperce mais jamais n’agresse. Marie Tudor est une tigresse, il faut la voir pour le croire.
J’ai vu. J’y ai cru. À tout. Dès le début.
Fin du spectacle : 23 h 30. Personne dans cette salle ne s’est endormi. L’homme, près de moi, a réintégré son corps de critique. Mon ami Victor s’en est allé, comme les comédiens… pour une douche, bien méritée. Victor Hugo, quant à lui, demeurera longtemps un de mes écrivains préférés et à toute heure de la vie.
L’homme qui a posé sa plume était critique, il a aimé lui aussi. Tous deux nous avons quitté le théâtre, sous la pluie.
C’est l’automne. Je rentre. Il est minuit. J’écris. Et Isa-belle dort.

"Marie Tudor"

© David Krüger.
© David Krüger.
Texte : Victor Hugo.
Mise en scène : Pascal Faber.
Assistante mise en scène : Sophie Lepionnier.
Avec : Pierre Azema, Stephane Dauch, Christophe Borie, Pascal Guignard, Frédéric Jeannot, Flore Vannier-Moreau, Florence Lecorre, Séverine Cojannot, Sacha Petronijevic.

Spectacle du 12 octobre au 27 novembre 2011.
Relâche le 23 octobre et le 6 novembre 2011.
Du mardi au samedi à 21 h 30, dimanches à 15 h.
Le Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.
>> lucernaire.fr

Du 7 mars au 22 juin 2013.
Du mardi au samedi à 21 h 30, dimanche à 17 h.
Relâches : 11, 12, 19, 25, 26, 27, 28 avril et 2, 4 ,12, 16 et 17 mai.
Le Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.
>> lucernaire.fr

>> Qui est Isabelle Isa-belle L.

Isabelle Lauriou
Mercredi 2 Novembre 2011

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Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
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Gil Chauveau
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"Macbeth" Deux clowns donnent un éclat de rire à Shakespeare

C'est un petit bijou que ce spectacle. Le mariage réussi de deux grandes écoles apparemment éloignées : la tragédie élisabéthaine et l'art du clown. Politiques, conflits historiques, guerres et meurtres d'un côté, dérision, naïveté lumineuse, enfance et poésie de l'autre. Les deux mêlés font exploser le drame de Macbeth en feu d'artifice, entre rire et effroi.

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Mais comment s'étonner que cette manière de mettre en scène l'écriture de Shakespeare, lui qui n'a jamais cessé d'introduire dans la plupart de ses pièces, un fou, un bouffon, un clown ou un personnage tiré de la simplicité du peuple qui avec ses mots simples, ose dire ce que les autres n'osent pas. En cela, les deux clowns de cette histoire sont des passeurs entre ces héros tragiques et le public.

Bruno Fougniès
11/02/2020