La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Festivals

Festival Sinfonia en Périgord… D'Italie et d'ailleurs !

Pour sa 29e édition, le Festival Sinfonia fera la preuve cette année encore de sa fidélité à son identité aventureuse et humaniste pour le partage du répertoire baroque avec le plus grand nombre. Avec ses artistes confirmés ou ses jeunes talents, c'est toujours la jeunesse et l'enthousiasme qui y triompheront.



Simon Pierre Bestion © Hubert Caldagues.
Simon Pierre Bestion © Hubert Caldagues.
Vingt-neuf années de passion et d'énergie pour une implantation estivale solide de la musique baroque dans le Périgord, c'est le beau bilan d'un festival qui ne veut ressembler à aucun autre et qui y réussit. Sa recette ? Organiser des performances favorisant une ambiance particulière (à la fois détendue et fervente), programmer des concerts dans treize lieux remarquables de Périgueux et des communes aux alentours en invitant des artistes aux projets imaginatifs et rendre possible les rencontres improbables de talents et d'œuvres.

C'est bien l'inlassable mission que s'est donné son directeur artistique, David Theodorides, avec son équipe. Une mission qui évolue toujours avec depuis peu des résidences de musiciens et une écoute du public à qui on demande de voter chaque année pour son Ensemble Jeunes Talents préféré. Ainsi les Kapsber'Girls, élues l'an dernier, viendront en cette édition 2019 redonner vie à des œuvres de Boesset, Boismortier ou Saggione (le 31 août) après leur résidence de printemps au festival.

© DR.
© DR.
Les rencontres improbables et passionnantes, ce seront celles (entre autres) du chorégraphe Mourad Merzouki avec Franck-Emmanuel Comte (et son Concert de L'Hostel-Dieu), c'est-à-dire entre le hip-hop et Vivaldi pour un spectacle, "Folia", donné en ouverture le 24 août au Théâtre de l'Odyssée. Ce sera celle aussi de l'ensemble L'Achéron et son fondateur François Joubert-Caille avec l'improvisation pour un "Big band baroque" avec la soprano Chantal Santon-Jeffery. Ils donneront à entendre Monteverdi mais aussi Merula et Rore dans des développements mélodiques inouïs dans le cadre de la belle Abbaye de Chancelade ("Grounds" le 29 août).

L'Italie est en effet à l'honneur pour cette 29e édition. L'Ensemble Irini (Ensemble Jeunes talents en 2018 à Sinfonia) offrira un concert "O Sidera" (le 25 août à l'Abbaye de Ligueux), mais on retrouvera aussi la soprano Magali Léger avec l'Ensemble Rosasolis pour le "Stabat Mater" de Boccherini ou encore des pages précieuses de l'oratorio italien du XVIIe siècle avec la talentueuse jeune mezzo Ambroisine Bré invitée par Les Talens Lyriques de Christophe Rousset à célébrer "Les Larmes de la Vierge" dans un programme menant de Naples à Venise (Œuvres de Rossi, Perti, Händel et Vinci le 27 août).

La Tempête © Le Figuier Blanc Argenteuil.
La Tempête © Le Figuier Blanc Argenteuil.
Mais Sinfonia en Périgord emmènera son public sur d'autres terres - espagnoles en l'occurrence (entre autres). L'ensemble La Tempête de Simon-Pierre Bestion, achevant cette année sa résidence au festival, fera découvrir un inédit "Grand Office pour Charles Quint" dans l'imposante Cathédrale Saint-Front de Périgueux, ressuscitant l'univers sonore et visuel du XVe siècle d'une cérémonie telle qu'elle aurait pu être donnée pour l'empereur en 1558 (le 30 août).

De nombreux autres rendez-vous donneront l'opportunité d'entendre la soprano Maïlys de Villoutreys et ses pairs avec l'Ensemble Amarillys pour un "Actus Tragicus" composé de cantates de Bach ou de Telemann ; mais aussi "Le Souffle gothique" des jeunes musiciens de Into the Wind (concerts le 26 août) et bien d'autres valeurs sûres comme Justin Taylor et son Consort, Le Concert Spirituel d'Hervé Niquet ou Les Nouveaux Caractères de Sébastien d'Hérin. Une édition 2019 passionnante évidemment avec ses rencontres de 14h avec les artistes, son repas périgourdin dans l'Abbaye de Ligueux-Sorges (le 25 août) et ses trois concerts quotidiens conçus sur mesure pour Sinfonia.

Festival Sinfonia en Périgord.
Du 24 au 31 août 2019.

Programme complet :
>> sinfonia-en-perigord.com

Association CLAP.
11, Place du Coderc Périgueux (24).
Tél. : 05 53 08 69 81.

"Folia" © Julie Cherki.
"Folia" © Julie Cherki.

Christine Ducq
Vendredi 23 Août 2019

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives








À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique
… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019