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Théâtre

"Argent, dette et music-hall !"… Des coulisses à la scène sans en avoir l'air... ni l'argent !

"Argent, dette et music-hall !", Le Lucernaire, Paris

Autour de chansons des années trente et du thème de l'argent, le monde du music-hall est présenté sous ses deux aspects, côté coulisses et côté scène, dans une mise en scène enjouée où les chansons finissent par occulter la crise et ses problèmes financiers.



© Ingrid Jouault.
© Ingrid Jouault.
Quatre interprètes (dont un pianiste) investissent l'espace de jeu sur lequel la scénographie laisse apparaître des coulisses et une scène. Le spectateur a ainsi un regard de 360° sur le monde du music-hall avec son côté lumineux et clinquant mais aussi sombre avec ses arrières courts dans lesquelles des problèmes récurrents d'argent viennent ponctuer la vie artistique de nos interprètes.

Le sujet de la pièce est l'argent. Il est interprété autour de chansons des années trente. Par ricochet, le thème peut être aussi transposé dans notre société où l'intermittence du spectacle et le monde de la culture vivent quelques heures sombres avec des coupes budgétaires notoires. Mais le propos reste toutefois joyeux.

L'histoire en elle-même n'est pas originale mais elle est quand même bien ficelée. C'est particulièrement relevé par le fait qu'une dynamique de jeu s'installe faisant de chaque interprète l'élément d'un groupe avec son propre accent artistique. Le manque d'argent et la crise sont vus avec humour, faisant des chansons des invitations à l'optimisme.

© Ingrid Jouault.
© Ingrid Jouault.
La trame ne comporte pas véritablement d'événements importants. La banalité des situations, dans les coulisses, prime avec un jeu des comédiens légèrement en retrait quand ils ne chantent pas. C'est une quotidienneté jouée mais comme si celle-ci ne pouvait être portée par un dialogue plus inspiré, plus mordant, plus à même de pouvoir souligner que la vie se déroule aussi en dehors des chansons.

Côté spectacle, lorsque les interprètes investissent la scène, nous sommes dans un rapport au public enjoué avec des artistes qui se déshabillent de leur banalité. Cette frontière n'est pas heureusement toujours respectée comme pour la dernière scène où se mêlent tension et chanson mélodique dans les coulisses et où par enchantement, les dissensions disparaissent.

Le tout est fait dans une tonalité joyeuse, légère et pleine de fraîcheur.

"Argent, dette et music-hall !"

© Ingrid Jouault.
© Ingrid Jouault.
Théâtre musical, par la Compagnie Tro-Didro.
Création collective de Stefano Amori, Nigel Hollidge, Armel Petitpas, sur une proposition de Nigel Hollidge.
Avec Nigel Hollidge (Andrew), Antonio Interlandi (Agostino), Armel Petitpas (Annabelle et le millionnaire) et Daniel Glet (au piano, personnage de Jean-Christophe) en alternance avec Vincent Gaillard.
Collaboration artistique : Véronique Ros de La Grange.
Direction musicale : Daniel Glet
.
Scénographie : Amori & Fils.
Lumière : Stéphane Leucart.
Costumes : Charlotte Lecoustey.
Durée : 1 h 20.

Du 19 février au 3 mai 2015.
Du mardi au samedi à 21 h 30, dimanche à 19 h
.

© Ingrid Jouault.
© Ingrid Jouault.
Relâche le 9 avril 2015.
Théâtre Le Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.
>> lucernaire.fr

Safidin Alouache
Jeudi 26 Mars 2015

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© Alexandre Pupkins.
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

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© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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